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Informations, recherche, bases factuelles et connaissances sanitaires

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Data are crucial in improving health.[1] The ultimate objective of collecting data is to inform health programme planning as well as policy-making and, ultimately, global health outcomes and equity. A well-functioning health information system empowers decision-makers to manage and lead more effectively by providing useful evidence at the lowest possible cost.

A health information system has been aptly described as "an integrated effort to collect, process, report and use health information and knowledge to influence policy-making, programme action and research". It consists of:

  • inputs (resources)
  • processes (selection of indicators and data sources; data collection and management)
  • outputs (information products and information dissemination and use).

The role of a health information system is to generate, analyse and disseminate sound data for public health decision-making in a timely manner. Data have no value in themselves. The ultimate objective of a health information system is to inform action in the health sector. Performance of such a system should therefore be measured not only on the basis of the quality of the data produced, but also on evidence of the continued use of these data for improving health systems' operations and health status.

The health information system[2]

The availability and use of information enables:

  • improved definition of a population
  • recognition of problems
  • setting of priorities in the research agenda
  • identification of effective and efficient interventions
  • determination of potential impact (prediction)
  • planning and resource allocation
  • monitoring of performance or progress
  • evaluation of outcomes after interventions
  • continuity in medical and health care
  • healthy behaviour in individuals and groups.

It also empowers citizens by enabling their participation in health care, policy and decision processes; and empowers countries and international partners by enabling better transparency and accountability through use of objective and verifiable processes.

Health knowledge gaps are where essential answers on how to improve the health of the people in Lesotho are missing. This is an issue related to the acquisition or generation of health information and research evidence. The “know-do gap” is the failure to apply all existing knowledge to improve people’s health. This is related to the issue of sharing and translation of health information, research evidence, or knowledge. Although there are major structural constraints, the key to narrowing the knowledge gap and sustaining health and development gains is a long-term commitment to strengthen national health information systems.

Cette section du profil des systèmes de santé est structuré comme suit:

Contents

Résumé d'orientation

Couverture des enregistrements des faits d’état civil (naissances) au Benin et dans les pays limitrophes, en pourcentage, 2000-2008
Couverture des enregistrements des faits d’état civil naissances au Benin et dans les pays limitrophes en pourcentage 2000-2008.JPG

Couverture des enregistrements des faits d’état civil (décès) au Benin et dans les pays limitrophes, par pays, en pourcentage, 2000-2008
Couverture des enregistrements des faits d’état civil décès au Benin et dans les pays limitrophes par pays en pourcentage 2000-2008.JPG

...: Données indisponibles

Le besoin d’accès à l’information et surtout la maîtrise de l’information constituent aujourd’hui des enjeux déterminants pour les structures à caractère sanitaires où l’on manipule d’importants volumes d’informations sur les activités menées. Les décideurs de ces structures ont aujourd’hui un besoin pressant d’anticiper sur les événements c'est-à-dire faire des prévisions et développer des stratégies. Le Ministère de la Santé du Bénin a mis en place depuis 1990 le Système National d’Information et de Gestion Sanitaire dénommé SNIGS [3] qui tient compte des objectifs fixés dans le document de politique sanitaire et le Plan National de Développement Sanitaire [4]. Il produit des données destinées au calcul des principaux indicateurs nécessaires à la planification, au suivi et à l’évaluation des actions mises en œuvre dans le secteur. La base de données du SNIGS couvre toutes les activités du secteur : données sanitaire, données de gestion, données de programmes. La plupart des informations produites sont consignées dans l’annuaire des statistiques sanitaires. La base SNIGS est disponible à tous les niveaux de la pyramide sanitaire du Bénin. Cependant, on note des insuffisances qui freinent le bon fonctionnement du SNIGS. On peut citer par exemple la non disponibilité des données en temps réel, l’indisponibilité des données du secteur privé, la faible qualité des données, la faible intégration entre les sous-systèmes existants et l’absence d’historisation des données [5]. Pour résoudre ces difficultés, le Ministère de la Santé du Bénin envisage la mise en place d’un entrepôt de données nationale pour la gestion de l’information sanitaire en vue d’obtenir des données en temps réel, exhaustives et fiables, favorisant une prise de décision améliorée. Cependant le financement de ce projet demeure encore une préoccupation. Parmi les réformes envisagées par le Ministère de la Santé du Bénin, on peut noter, le développement de la communication hospitalière et la mise en place d’un système d’information hospitalier [6] entièrement automatisé pour atteindre l’efficacité dans la gestion de l’information hospitalière. Cependant des difficultés de financement existent encore à ces niveaux. L’information sur la santé au Bénin comprend des informations sur la croissance de la population, les naissances, la mortalité (décès maternelle et infantiles) et de la morbidité, les épidémies, les déterminants de la santé (tels que la nutrition, l’hygiène et l’assainissement, le statut socio-économique), l'accès, la couverture et la qualité des services, des coûts et des dépenses, et l'équité. Divers outils et méthodes de collecte des données sont disponibles, y compris l'état civil, les systèmes de recensement, les enquêtes (Démographiques et de Santé I, II, III et IV, l’Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de vie et des Ménage), les [7], les systèmes de collecte de données de routine, la surveillance des maladies. Les données issues de la recherche en santé contribuent également à l’amélioration des indicateurs sanitaires. La Direction de la Formation et de la Recherche en Santé s’occupe des activités de recherche en santé au Bénin. La recherche en santé est régie au Bénin par la loi n° 2010-40 du 08 décembre 2010 portant code d’éthique et de déontologie pour la recherche en santé au Bénin [8] et le document de politique et stratégie de recherche en santé est élaboré en 2007 [9]. Cependant, la recherche en santé est confrontée à quelques difficultés liées à la faible utilisation des résultats pour la prise de décision et de la faible coordination des activités de recherche. La faible utilisation des résultats de recherche pourrait s’expliquer par la méconnaissance des résultats desdits travaux du fait de la faible vulgarisation des résultats. Par ailleurs, la communication pour la recherche en santé est mise en œuvre à travers la plate-forme web de recherche en santé [http://www.healthresearchweb.org/en/benin (HealthResearchWeb). Cette plate-forme diffuse de l’information sur les institutions de recherche, les documents de politiques et de stratégies pour la recherche en santé, les projets de recherches, l’existence de comité d’éthique pour la recherche en santé. Le site web du [www.beninsante.bj Ministère de la Santé du Bénin] est une source très enrichie en information à laquelle on peut accéder pour y télécharger de l’information. Il est régulièrement mis à jour par le service informatique et donne toute l’information sur les activités menées dans le secteur, les documents élaborés, les fonctionnements des structures ainsi que les relations avec les partenaires techniques et financiers. Ce site contient une base documentaire dans laquelle sont publiées les documents de politiques, stratégies et plans, les rapports d’activités, les statistiques sanitaires, les bulletins d’informations et diverses informations sur les grandes initiatives du secteur santé (gratuité de la prise en charge du paludisme, de la Césarienne, les Groupes Thématiques, le Régimes d’Assurance Maladie Universelle, le Financement Basé sur les Résultats, etc. L’information et les connaissances acquises par l’expérience sont partagées dans le secteur à travers les Groupes Thématiques de Travail (GTT) qui sont des groupes de réflexions sur un certain nombre de thématiques d’intérêt prioritaire pour le secteur de la santé du Bénin. La vocation essentielle des GTT est de contribuer à la coordination du Ministère de la Santé du Bénin à travers des réflexions stratégiques, la documentation des expériences des politiques et stratégies du secteur. Les GTT ont été créés suivant les cinq domaines du plan national de développement sanitaire (PNDS) [10]. Le gouvernement du Bénin reconnait de l’importance des TIC dans le développement du pays à travers « le rôle catalyseur des outils technologiques » avec la création depuis 2001 d’un Ministère chargé de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que la création au sein de tous les départements ministériels, les Directions de l’Informatique et du Préarchivage (DIP). Le gouvernement du Bénin s’est par conséquent donné pour objectif de créer « les conditions nécessaires pour faire du Bénin à l’horizon 2025, une société de l’information solidaire, épanouie et ouverte». Cette vision a été renforcée en 2006 avec l’adoption du « Plan TIC-Bénin » [11] dont l’ambition est de faire du Bénin le quartier numérique de l’Afrique. Ce plan a été renforcé avec l’adoption par le Gouvernement le 10 décembre 2008 d’une nouvelle Déclaration de Politique du Secteur des Postes, des Télé-communications et des TIC [12]. Cependant, il faut noter que beaucoup d’efforts restent à faire par le gouvernement pour développer des infrastructures TIC de qualité malgré la disponibilité de la fibre optique. Le taux de pénétration du réseau Internet demeure encore très faible. Seulement 9% de la population ont accès à Internet selon l’étude pour la définition d’une stratégie d’accès universel télécom et TIC réalisé en 2013. De nombreuses localités ne disposent pas encore d’une connexion à l’Internet et celles qui en disposent ne sont pas satisfaits à cause de l’instabilité du signal et de la cherté de coût d’abonnement Le pays n’a pas suffisamment de fournisseurs d’accès à Internet et les trois qui sont présents détiennent le monopole. De plus les Ministères sectoriels ne sont toujours pas reliés par la fibre optique ni interconnectés à Internet à haut débit alors que ces objectifs devraient être atteints en 2010. De même, les services du système sanitaire ne sont pas interconnectés entre eux. Ce qui créé des difficultés de communication et d’accessibilité à l’information.

Contexte

Environnement propice

Politique et stratégies nationales du secteur des TIC au Bénin

La prise de conscience de plus en plus accrue du gouvernement du Bénin, de l’importance des TIC dans le développement du pays n’est plus à démontrer. En effet, le Gouvernement du Bénin a créé depuis 2001 un Ministère chargé de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Une Direction Générale des Technologies de l’Information et de la Communication (DGTIC) a également été créée et est fonctionnelle. La Direction Générale des Technologies de l’Information et de la Communication a pour mission de mettre en œuvre la politique de l’Etat en matière d’accès et de développement des TIC. Les pouvoirs publics béninois reconnaissent « le rôle catalyseur des outils technologiques » et se sont donnés pour objectif de créer « les conditions nécessaires pour faire du Bénin à l’horizon 2025 une société de l’information solidaire, épanouie et ouverte». Cette vision a été renforcée en 2006 avec l’adoption du « Plan TIC-Bénin » dont l’ambition est de faire du Bénin le quartier numérique de l’Afrique. Ce plan a été renforcé avec l’adoption par le Gouvernement le 10 décembre 2008 d’une nouvelle Déclaration de Politique du Secteur des Postes, des Télé-communications et des TIC qui reprend la vision du Président de la République en matière des TIC, qui est de « faire du Bénin le quartier numérique de l’Afrique d’ici 2025 ». Cette vision s’appuie sur deux piliers essentiels. Ce sont l’e-gouvernement et l’e-business. Le Document de Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (2011-2015) vise également le développement d’infrastructures TIC en son chapitre 5 [13] avec les actions comme la création d’un secteur dynamique à travers la mise en œuvre d’une stratégie d’accès au TIC dans les zones rurales ou enclavées et la réalisation de projets pilotes tels que l’e-gouvernement et la création d’un environnement favorisant l’e-entreprenariat. Pour concrétiser la vision à travers les deux piliers, le Bénin déclinera sa politique selon quatre axes stratégiques que sont

  1. (i) l’élaboration d’un cadre législatif et institutionnel,
  2. (ii) le développement d’infrastructures de qualité,
  3. (iii) le développement des ressources humaines qualifiés, et
  4. (iv) le développement de contenus adaptés aux besoins du pays.
  • L’e-gouvernement est en faveur d’une administration connectée et interconnectée (e-administration) en vue d’augmenter l’efficacité de l’administration et la réduction des coûts de communication avec des services publics de qualités à travers une gestion automatisée des procédures. Ce pilier est renforcé par l’existence de la loi n° 2009-09 du 22 mai 2009 portant protection des données à caractère personnel en République du Bénin.
  • L’e-business fait la promotion d’un secteur privé compétitif au niveau mondial grâce à l’utilisation des TIC avec le développement de télé-services tournés vers le marché national et international.

Des mesures sont en cours pour la mise en œuvre de ces deux piliers. Notamment plusieurs études pour le choix et l’installation des infrastructures de télécommunication, la définition d’une stratégie d’accès au service universel, le choix et l’installation de data center nationaux, etc.

De façon particulière, bien qu’ayant adopté un décret national instituant la création d’une Direction de l’Informatique et du Préarchivage [14], le Ministère de la Santé ne dispose ni d’une connexion à Internet haut débit qui dessert toute ses structures, ni d’un intranet qui interconnecte les structures en vue d’améliorer la communication à l’intérieur et à l’extérieur et faciliter la gestion et la remontées de l’information sanitaire pour les prises de décisions adéquates.

Politique nationale e-santé - Normes de cybersanté L’e-santé désigne la construction et l’installation d’équipements de télécommunications, la mise en œuvre d’outils et de solutions basées sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) dans le secteur de la santé.

Bien que le gouvernement du Bénin a marqué sa volonté de promouvoir la gouvernance électronique à travers la mise en réseau des services gouvernementaux avec accès à Internet, aucune politique nationale en matière d’e-santé n’existe au Bénin. Ce qui fragilise énormément la volonté du Ministère de la santé de mettre en œuvre l’e-santé.

En ce qui concerne la cybersanté, le Projet PanAfrican e-Network avec l’Union Africaine et la plupart des Etats africains est mis en œuvre au Bénin depuis 2006 grâce à la Coopération indienne. Les composantes du projet sont : la Télé-éducation, Télémédecine, et la connectivité VVIP (Verry Verry Important Personnalities) pour la communication diplomatique. Le projet est géré en maîtrise d’ouvrage délégué avec le département télécommunication de la société indienne dénommée TCIL. Le volet télémédecine de ce projet est fonctionnel et une unité logée au Centre Hospitalier Universitaire de Cotonou reçoit quotidiennement étudiants, praticiens et experts. Une autre initiative de télémédecine est mise en œuvre dans le cadre de la signature de l’accord de Co-développement entre le Bénin et la France à la suite des Etats Généraux de la Santé de novembre 2007. Ce projet qui est géré sous la maîtrise d’ouvrage délégué du Centre National d’Etudes Spatiales a équipé dix (10) centres hospitaliers en équipements de télémédecine et les a interconnecté par liaison satellitaire pour la mise en œuvre des composantes téléconsultation médicale, télé-expertise médicale et la formation médicale continue des professionnels de la santé. Le projet a démarré en Août 2009 pour une durée de 24 mois du projet Co-Développement du Ministère de la Santé. Le Ministère français des Affaires étrangères a confirmé courant mai 2013 le financement de la phase III du projet.

La première édition de la semaine de la Télémédecine au Bénin organisée en février 2012 fut l’occasion de présentation des initiatives de télémédecine au grand public. Ce fut également un véritable creuset d’échanges qui a permis aux participants de se pencher sur les tenants et aboutissants de la mise en œuvre de la télémédecine au Bénin. Au regard des avantages que cela offre (réduction des frais d’évacuation des patients, minimisation des fuites de cerveaux, accompagnement de la veille technologique et mise à jour des bonnes pratiques en matière de santé…), des efforts sont souhaitables dans le sens du renforcement de la mise en œuvre de la télémédecine au Bénin.

Le plan National de Développement de la Télémédecine 2013-2018 du Bénin est finalisé et validé. Selon ce plan, la vision de la télémédecine au Bénin est : « Réduire au mieux les distances et améliorer l’accès des populations surtout rurales à des services de santé de qualité quelle que soit leur localisation géographique »

Des textes internes (Arrêtés) sont pris pour encourager par exemple la pratique au Bénin de la télémédecine qui est une composante de l’e-santé. Ainsi on peut citer l’arrêté portant création d’un comité national de télémédecine ainsi que l’arrêté portant nomination du coordonnateur national de télémédecine. Beaucoup d’efforts sont faits dans le secteur pour développer la télémédecine. Cependant ce volet est encore embryonnaire et mérite d’être renforcé.

Il faut noter que quelques expériences pilotes existent également en matière d’utilisation d’applications mobiles pour les services de santé au niveau communautaire. On peut évoquer par exemple l’initiative « Call For Life » développé avec l’appui de CAIR BENIN-TOGO qui consiste à utiliser la téléphonie mobile pour faciliter la communication entre les Relais Communautaires et le responsable poste du Centre de santé dans la commune de Ouinhi pour la prise en charge des urgences obstétricale et de certaines maladies évitables chez les femmes et les enfants. Les difficultés de transcription dans les langues locales sont notées mais ce genre d’initiative nécessite d’être encouragé et répandue sur tout le territoire.


Politique nationale des approvisionnements en matière de TIC-partenariat public-privé-Protection citoyenne et équité

Le Bénin ne dispose pas de politique en ce qui concerne les approvisionnements en matériel et infrastructures TIC. Cependant, le Bénin dispose d’un organe transitoire de régulation du secteur des TIC. Cet organe est créé depuis mars 2007 et est dénommé Autorité Transitoire de Régulation des Postes et Télécommunications(ATRPT). Cet organe a pour rôle entre autres de

  1. (i) suggérer des projets de textes législatifs et règlementaire visant à faire évoluer le cadre juridique, économique et sécuritaire dans lequel s’exercent les activités des postes et télécommunications et TIC,
  2. (ii) contribuer au développement du service universel, des industries de services à valeur ajoutée et au transfert de technologies,
  3. (iii) approuver les acquisitions. Cet organe prend les mesures nécessaires pour faire assurer la continuité du service public et protéger les intérêts des utilisateurs ».

Aussi la mise en œuvre du document de politique et stratégies des TIC doit permettre la normalisation et l'uniformité dans les logiciels et le matériel afin d'avoir un système bien coordonné.

Le « Plan TIC-Bénin » créé en 2006 dont l’ambition est de faire du Bénin le quartier numérique de l’Afrique prévoit entre autres actions la création, à travers un partenariat public/privé, d’un « cyber parc » en zone franche et de « cyber cités ». Ce plan prévoit également dans le cadre de la réforme institutionnel de la Société Bénin Télécoms SA, opérateur historique national des télécommunications, la mise en place d’un partenariat stratégique afin de garantir la bonne gestion de ladite société et la rendre à même de mobiliser les financements importants que nécessitent les grands travaux de développement du réseau national de télécommunication et l’ouverture du capital de Bénin Télécoms au partenaire stratégique et au secteur privé. L’avènement d’un nouveau paysage pour Internet et les TICs au Bénin à travers le projet e-Bénin passe par :

  • La convention des Fournisseurs d’accès à Internet (un cadre réglementaire incitatif)
  • La mise en place de nouveaux acteurs (cinq Fournisseur d’Accès à Internet)
  • La mise en place de nouveaux infrastructures haut débit et à cout abordable,
  • L’autorisation de nouvelles technologies pour le réseau d’accès,
  • La mise en place du point d’échange IXP,
  • La mise en place de Data Center National,
  • La mise en œuvre de la nouvelle politique de formation des ressources humaines via le centre d’excellence TIC,

Tout ceci devrait garantir l’émergence de nouveaux business modèles pour les entreprises du secteur des TICs au Bénin.

Politique de promotion du multilinguisme et de diversité culturelle

Le Bénin est un pays particulièrement intéressant pour sa diversité linguistique et culturelle. Plus d’une cinquantaine de langues vernaculaires, les unes plus imagées que les autres, vivent au côté du français qui est le plus pratiqué dans les villes. Pour une population de moins de sept millions d'habitants, on peut parler une d'une cinquantaine de langues. Seules une vingtaine de langues sont parlées par plus de 60 000 locuteurs. Parmi celles-ci, le fon est de loin la langue la plus importante puisqu'il est parlé par 24% de la population. Suivent le yorouba (8%), le bariba (7,9%), l'adja (6,2%), le goun (5,5%) et l'ayizo (3,9%).

Tableau 1: Répartition des langues nationales Tab 2 ling.jpg

Source : L'aménagement linguistique dans le monde

Reconnaissant l'évidence de la place des langues nationales dans la société béninoise, l'Etat a, à maintes occasions à travers des textes officiels et actes administratifs, essayé de leur accorder leur place réelle. En effet, des textes fondamentaux aux décrets et arrêtés en passant par les déclarations politiques, rien n'a été oublié pour accorder aux langues nationales, la place qui devrait être la leur dans le firmament linguistique du Bénin. On peut citer entre autres :

Chacun de ces textes juridiques pour ce qui le concerne a accordé aux langues et cultures béninoises des bases pour leur développement qui se résume comme suit :

  • Discours-Programme du 30 novembre 1972 : Un mois après l'avènement de la Révolution, le Discours-Programme stipule qu'« il est nécessaire de rompre avec le carcan d'étouffement de nos valeurs culturelles et revaloriser nos langues nationales » ;
  • Programme National d'Edification de l'Ecole Nouvelle de 1973 : affirme en application du Discours-Programme que « la langue étant le véhicule d'une culture, il faudra travailler à la réhabilitation, à la défense et à l'illustration de nos cultures en introduisant nos langues dans l'enseignement » ;
  • Arrêté n° 154/MJLAS/DAFA de novembre 1976 : fait passer les jardins d'enfants sous la tutelle du Ministère de l'Enseignement du Premier Degré pour aboutir finalement en 1980 à l'ouverture des premiers CESE (Centres d'Eveil et de Stimulation de l'Enfant) où l'Education préscolaire était entièrement en langues nationales.
  • Constitution du 11 décembre 1990 : stipule en son article 11 que « toutes les communautés composant la Nation béninoise jouissent de la liberté d'utiliser leurs langues parlées et écrites et de développer leur propre culture tout en respectant celle des autres ». Elle prescrit à l'Etat de promouvoir le développement des langues nationales d'inter- communication.
  • Politique culturelle et charte culturelle en République du Benin (1991) : stipule en ses articles dix-sept (17) et dix-neuf (19) ce qui suit : « L'Etat béninois reconnaît l'impérieuse nécessité de développer les langues nationales, vecteurs de nos cultures et instruments privilégiés du développement culturel et social »

« L'alphabétisation et l'éducation des adultes au Bénin sont un facteur important de démocratisation et un moyen irremplaçable pour l'exercice complet du droit de chaque citoyen à l'éducation et au développement » « L'Etat béninois s'engage à œuvrer, par tous les moyens, à l'éradication de l'analphabétisme sous toutes ses formes »

  • Relevé des Décisions Administratives N°27/SGG/REL du 16 juillet 1992 : Cette Décision définit le rôle de certains ministères dans le processus d'utilisation des langues nationales. Pour l'application effective de ces dispositions, il a été demandé :

• au Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et l'Administration Territoriale d'introduire l'utilisation des langues retenues pour la post-alphabétisation dans l'administration des localités ; • au Ministre de l'Education Nationale (a) d'assurer l'introduction progressive des six (06) langues aux examens du Certificat d'Etudes Primaires, du Brevet Elémentaire du Premier Cycle, du Baccalauréat et autres concours, (b) d'assurer le perfectionnement et la formation des cadres de l'alphabétisation à l'Ecole Nationale d'Administration et dans les Ecoles Normales Intégrées ; • au Ministre du Travail, de l'Emploi et des Affaires Sociales et au Ministre de la Santé Publique de prévoir une épreuve dans les langues nationales aux concours et examens professionnels ; • au Ministre de la Culture et des Communications, d'assurer avec le Ministre de l'Education Nationale, le Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et l'Administration Territoriale, le Ministre de la Santé Publique, le Ministre du Travail, de l'Emploi et des Affaires Sociales et autres Ministres, l'introduction progressive des langues nationales dans les systèmes éducatifs ainsi que les examens et concours professionnels

  • Loi n°2003-17 portant orientation de l'éducation nationale en République du Bénin: l'enseignement est dispensé principalement en français, en anglais et en langues nationales. Les langues nationales sont utilisées d'abord comme véhicule d'enseignement dans le système éducatif. En conséquence, l'Etat doit promouvoir les recherches en vue de l'élaboration des instruments pédagogiques pour l'enseignement dans les langues nationales aux niveaux maternel, primaire, secondaire et supérieur (Article 8).

Le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP 2011-2015) met l’accent sur Une stratégie éducative cohérente au Bénin implique la mise en œuvre d’un programme d’alphabétisation afin de réduire le nombre d’analphabètes et de renforcer les capacités des populations à participer au processus de décision, de production et au développement socioéconomique. Les efforts du gouvernement béninois pour améliorer le système éducatif font l’objet depuis 2005 d’un Plan décennal de développement du secteur éducatif mis sur pied en coopération avec l’Agence de Développement française et le Ministère danois des Affaires étrangères. L’impact du plan sur l’éducation primaire, secondaire, universitaire, technique et sur l’alphabétisation a été évalué en février 2012. Selon le plan, la troisième partie de la lettre de politique du secteur de l’éducation consacrée à l’alphabétisation et l’éducation des adultes, « La politique nationale dans ce domaine tend à éliminer l’analphabétisme en vue de favoriser l’enracinement de la démocratie en valorisant les langues nationales pour faire progressivement d’elles des véhicules du savoir. L’alphabétisation dont il sera question sera fonctionnelle au sens où elle sera centrée sur des activités génératrices de revenus, sur les métiers ou d’une façon générale, assurera une fonctionnalité sociale et citoyenne permettant l’utilisation des compétences linguistiques acquises dans la vie quotidienne. Le développement de cette politique suppose entre autres :

  • une meilleure organisation et l’arrimage du sous-secteur alphabétisation au système éducatif afin de lui donner toutes les prérogatives concourant à l’élimination de l’analphabétisme ;
  • la réduction du taux d’analphabétisme de 63% à 50% à l’horizon 2015 au sein de la population de la tranche d’âge de 15-49 ans ;
  • la réduction de 50% du taux d’analphabétisme des femmes et des jeunes filles à l’horizon 2015 ;
  • l’intensification de la recherche linguistique appliquée aux langues nationales ;
  • la mise en œuvre d’un programme intégré de post- alphabétisation ;
  • la maîtrise de l’ingénierie d’alphabétisation et le renforcement des capacités du personnel ;
  • l’amélioration de l’accompagnement en communication.

Tableau 2: Phasage du programme alphabétisation Tab1 lut pauv.jpg

Source : Plan Décennal de Développement du Secteur Éducatif béninois

Selon le Rapport d’évaluation conjointe à mi-parcours du Plan Décennal de Développement du Secteur Éducatif (PDDSE) réalisé en 2012, Malgré plusieurs décennies d’efforts pour alphabétiser la population adulte au Bénin, le taux d’analphabétisme reste très élevé ; il a été estimé à 63% en 2005. L’absence d’une base de données fiable et fonctionnelle est un des multiples problèmes techniques qui se posent dans ce sous-secteur. Les services en charge de l’alphabétisation semblent frappés de paralysie, sauf en ce qui concerne l’organisation routinière des campagnes d’alphabétisation annuelles. Quelques chiffres indiquent que la proportion d’alphabétisés par rapport aux inscrits est restée stable, mais avec environ 30 000 hommes et femmes alphabétisés annuellement, on demeure bien en dessous des cibles annoncées. Il est donc clair que, sans une revitalisation rapide, il sera difficile d’atteindre, en 2015, l’objectif final de réduction du taux d’analphabétisme de 50%. La stratégie du « faire faire », sur laquelle devait reposer l’approche générale du gouvernement pour faire avancer le travail d’alphabétisation, n’a toujours pas démarré. Cette approche devrait en principe permettre de mieux mobiliser l’ensemble des opérateurs et des organisations de la société civile dans la lutte contre l’analphabétisme, mais on peut craindre que sa mise en œuvre ne se heurte aux capacités de gestion très réduites surtout au niveau central. Ainsi, les objectifs et cibles du PDDSE paraissent disproportionnés par rapport aux ressources limitées et aux faibles capacités de gestion et de pilotage des structures de l’état.

Graphique 2 : Evolution du nombre d'inscrits dans les centres d'alphabétisation et nombre d'alphabétisés entre 2005 et 2009

Fig 2 alphab.jpg

Source : Direction de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes (DAEA)-MCAPLN (2011),résultats cumulés des inscrits et des alphabétisés selon le genre au plan national de 1994 à 2010.

Sur le plan qualité, La faiblesse de l’offre de post-alphabétisation représente un obstacle majeur à la durabilité des compétences acquises et à la rentabilisation des ressources investies dans l’alphabétisation de base. En principe, le nouveau dispositif pédagogique et didactique présenté dans le Document cadre de mise en œuvre de la stratégie du « faire faire » devrait remédier à ces problèmes, mais il demandera des ressources financières et humaines bien supérieures à celles qui sont actuellement utilisées. C’est pourquoi l’évaluation recommande : (i) d’accélérer la contractualisation des ONG pour que l’expérimentation de la stratégie du « faire faire » puisse enfin débuter et introduire ainsi un vrai changement dans ce programme et (ii) de préparer et appliquer un plan d’urgence pour le renforcement des capacités des services centraux et déconcentrés en charge de l’alphabétisation, afin de les mettre en position de piloter correctement la mise en œuvre de cette stratégie du « faire-faire ».

Infrastructures

INFRASTRUCTURES DE LA TELEPHONIE FIXE

Le réseau conventionnel fixe du Bénin est caractérisé par les réseaux locaux de câbles téléphoniques qui ont été réaménagés dans les principales villes ; une téléphonie communautaire qui a vu son développement axé sur le publiphone et les télé-centres privés. La téléphonie rurale reste encore peu développée malgré les efforts de déploiement des équipements de VSAT par Bénin Télécoms S.A., l’opérateur historique public. Le système VSAT de télécommunications par satellite comprend dix-neuf (19) stations (Abomey-Calavi, Parakou, Kandi, Nikki, N’dali, Ségbana, Malanville, Bémbéréké, Sovlamè, Bopa, Houéyogbé, Natitingou, Tanguiéta, Kouandé, Boukoumbé, Djougou, Ilara, Bassila et Djidja) et un HUB installé dans la commune d’Abomey-Calavi. Cependant certaines stations ne sont pas fonctionnelles. Par rapport aux télécommunications internationales, le Centre de Transit International (CTI) de type MT20 THOMSON installé à Cotonou et celui de Porto-Novo de type EWSD gèrent l’ensemble du trafic téléphonique international en utilisant les supports de transmission que sont : la Station Terrienne dotée d’une antenne de type Standard A émettant en double polarisation A et B et orientée sur le satellite INTELSAT VI F3, les liaisons de transmission par faisceaux hertziens numériques avec les pays limitrophes (Nigéria, Togo), le Câble Sous-Marins (CSM) et la Station Radio communications Maritimes et Terrestres (Station Radio maritime). Les deux Centre de Transit International sont reliés par des circuits numériques en Fibres Optiques.

Bénin Télécoms S.A. dispose également d’une artère de transmission longue distance en Fibre Optique qui est mise en service en 2001 entre Cotonou et Parakou sur environ 450 km à laquelle sont reliés les centraux téléphoniques numériques de Parakou et de Savalou. En ce qui concerne les artères de transmission, le taux de numérisation est de 100 % sur le réseau national.

INFRASTRUCTURES DE LA TELEPHONIE MOBILE GSM

Une des percées les plus significatives réalisées sur le continent africain en général est le développement fulgurant de la téléphonie mobile. Le téléphone mobile est devenu une réalité inéluctable. Elle constitue dans certaines localités le moyen ultime d’avoir accès aux télécommunications. C’est un domaine relativement nouveau, porteur de beaucoup d’espoirs et d’opportunités de développement.

Au Bénin, la première entrée dans le réseau de communications mobiles fut d’abord celle de l’Opérateur Libercom GSM (Opérateur historique) bâti par CTI aujourd’hui Bénin Télécoms SA en 1995, sur la base de la technologie AMPS (réseaux analogiques). Ce réseau ne couvrait que Cotonou Porto Novo et Ouidah.

Bien que les télécommunications soient encore largement sous monopole étatique, le secteur de la téléphonie cellulaire a été libéralisé à partir de 1997. Outre Libercom, filiale de Bénin Télécoms SA, en 1999, les premières licences furent accordées à deux opérateurs : Moov (ex Télécel) et Areeba (ex Bénincell). Ces derniers ont démarré leurs activités commerciales en 2000. En décembre 2003, Bell Bénin Communications est autorisé. En 2007, Globalcom de Global Limited est autorisé et est en cours de déploiement. Ce qui porte le nombre d’opérateurs GSM à ce jour à cinq (5).

INFRASTRUCTURE DE L’INTERNET

Le Bénin a été connecté à l’Internet pour la première fois en décembre 1995 à la faveur du sommet de la Francophonie avec une passerelle d’accès de 64 kilobits par seconde. Le 7 mai 2003, intervint l’inauguration du câble SAT-3. A cette occasion, une nouvelle connexion internationale de 45 Mb/s a été ajoutée aux 2 Mb/S existants, portant ainsi la bande passante à 47 Mb/s. Elle n’est pour l’instant accessible que depuis Cotonou et n’a pas encore entièrement redistribuée dans tout le pays. Les liens de fibre optique entre le Bénin et les pays limitrophes (Burkina Faso, Togo, Niger) ont été établis. Ces travaux sont la preuve vivante de la stratégie régionale du Bénin qui, depuis sa participation au consortium mené par Alcatel et France Telecom, ambitionne de jouer un rôle important dans la sous-région. Avant l’exploitation du câble, le Bénin était connecté au backbone Internet par des liaisons VSAT qui ne lui donnaient pas l’occasion d’exploiter une large bande passante.

En dehors de Bénin Télécoms quatre opérateurs privés fournissent l’accès Internet soit par réseau téléphonique commuté (RTC), soit par boucle locale radio, soit par satellite VSAT ou soit par ADSL une des dernières technologies mises en service par Bénin Télécoms.

Une vingtaine d’opérateurs VSAT fournissent essentiellement des services Internet, de voix sur IP, des centres d’appel. Ils ont tous leur fournisseur à l’étranger. Mais ils demeurent aussi clients de Bénin Télécom SA pour les lignes téléphoniques ou des connexions ADSL pour secours. Ils sont de 2 catégories : les exploitants à des fins commerciales, des exploitants administratifs pour réaliser les connexions des structures et des filiales à l’étranger ou à l’intérieur. Les liaisons varient entre 2Mbps à 64 kps.

La distribution géographique de l'internet est très déséquilibrée car le service réellement n'est disponible que dans les grandes villes, dont Cotonou qui héberge autour de 90% des internautes. Les NTIC font face à de multiples problèmes pour leur essor, problèmes tels l'analphabétisme d'environ 70% de la population dans les langues occidentales, la défectuosité des infrastructures de télécommunication (il existe un seul POP situé à Cotonou et la plupart des centraux sont analogiques), la saturation des centraux téléphoniques entraînant la rareté du téléphone fixe ; 47 000 lignes en juillet 2001, la faiblesse du réseau électrique, etc. Pour contrer toutes ces difficultés un ministère de la promotion des nouvelles technologies a été institué mi 2001.

La figure 1 ci-après présente le réseau béninois de fibre optique dans son état actuel et dans ses perspectives

Fig 1 fib op.jpg

Source : BéninTélécoms SA

DISPONIBILITE D’UNE PLATE FORME NATIONALE DE TIC DANS LE PLAN NATIONAL DE DEVELOPPEMENT SANITAIRE DU BENIN (PNDS) - POLITIQUE DE VIABILITE FINANCIERE DES INFRASTRUCTURES TIC DANS LE SECTEUR SANTE

Dans le cadre du développement de politiques et stratégies sanitaires, le Gouvernement du Bénin a élaboré le Plan National de Développement Sanitaire 2009-2018. Cependant, aucune disposition n’est prise en matière de communication par les TIC dans le PNDS. Or le développement du système de communication et d’information via les TIC dans le système sanitaire béninois ne saurait se concrétiser sans une boussole ou baromètre qu’est le PNDS. Cette insuffisance a pour conséquence une inorganisation doublée d’une acquisition incontrôlée et tous azimuts d’infrastructures TIC dans différents secteurs d’activités du Ministère de la Santé, sans vision à long terme. Ce qui ne permet pas de contrôler les investissements dans le secteur en matière de TIC ni d’harmoniser ces investissements et d’optimiser les coûts.

Il est donc urgent dans la situation actuelle, que les acteurs du secteur santé interviennent de façon efficace lors de la révision du PNDS afin de remédier aux insuffisances constatées afin d’intensifier le développement des infrastructures et des applications TIC et d’optimiser les avantages économiques et sociaux.

Pour corriger un tant soit peu cette insuffisance le service informatique du Ministère a été créé et est fonctionnel depuis 2009. Cette volonté d’amélioration de l’utilisation des TIC dans le secteur s’est manifestée en 2012 par la création d’une direction de l’informatique et du Préarchivage par décret. Cette direction n’est pas encore opérationnelle et son fonctionnement va permettre d’élaborer une politique de développement des infrastructures TIC dans le secteur et de contribuer à une viabilité financière optimum.

Le développement du secteur des TIC au Bénin est contraint par le manque de financement. En effet, dans le secteur santé, on note l’absence d’infrastructures réseaux et télécommunication pouvant faciliter la transmission de l’information d’un niveau à l’autre de la pyramide sanitaire. Par rapport aux infrastructures de communication, Le Ministère de la Santé du Bénin travaille en étroite liaison avec le Ministère de la Communication et des Technologies de l’Information et de la Communication en vue d’étudier la faisabilité d’un projet d’interconnexion des services de santé. Mais il ne s’agit que d’une étude.

Au niveau central si l’intranet backbone du bâtiment principal abritant le cabinet du Ministre vient à d’être une réalité en février 2013, l’interconnexion des structures du niveau central à ce backbone demeure encore un rêve. Ce rêve est encore plus grand pour les structures déconcentrées du secteur santé qui pourtant non cessé d’exprimer le besoin. Or, sans cette réalisation, l’échange des données du niveau déconcentré vers le niveau central, de façon fiable pour faciliter la prise de décision demeurera toujours un problème.

Aujourd’hui, on note une carence dans le dispositif d’information et de communication du Ministère de la Santé du Bénin. Ce système souffre de problèmes de délais importants dans la collecte et la transmission des informations et des redondances importantes sont observées dans l’information manipulée. Ce qui fragilise le système de communication interne et externe et annihile la gestion du temps. La mise en place d’un bon dispositif d’information et de communication à travers les infrastructures adéquates est une condition sine qua non pour l’installation et le fonctionnement de l’entrepôt national de données sanitaires ainsi que pour le système national d’information hospitalier et pour tous les sous-systèmes d’information.

POLITIQUE DE COOPERATION INTERSECTORIELLE ET NON GOUVERNEMENTALE EN MATIERE DES TIC

Si le « domaine stratégique 3 » du Plan National de développement sanitaire prévoit le renforcement du partenariat dans le secteur, à travers le développement du partenariat avec le secteur privé, les ONG, les collectivités locales, les autres ministères et les PTF, ce partenariat ne concerne que le domaine de la santé. La plupart des Organisation Non Gouvernementales en partenariat avec le Ministère de la Santé interviennent dans des domaines de la santé, de l'hygiène, de la nutrition et de la mutuelle. Aucune disposition politique n’existe dans le cadre du partenariat en matière des TIC. Cependant dans le cadre des travaux de maintenance ou de l’acquisition d’équipements informatiques, d’infrastructures réseaux et de la fourniture d’accès à Internet, le Ministère a des relation de partenariat avec des prestataires de services privés à travers des contrats de services ou de marchés. Ces contrats sont diversifiés et chaque structures du Ministère créé son partenariat. Aucun cadre réglementaire ne permet de contrôler ce partenariat et a pour conséquence la non maîtrise des investissements en TIC.

Diversité culturelle et linguistique et identité culturelle

Le Bénin est un pays particulièrement intéressant pour sa diversité linguistique et culturelle. Plus d’une cinquantaine de langues vernaculaires, les unes plus imagées que les autres, vivent au côté du français qui est le plus pratiqué dans les villes. Pour une population de moins de sept millions d'habitants, on peut parler une d'une cinquantaine de langues. Seules une vingtaine de langues sont parlées par plus de 60 000 locuteurs. Parmi celles-ci, le fon est de loin la langue la plus importante puisqu'il est parlé par 24 % de la population. Suivent le yorouba (8 %), le bariba (7,9 %), l'adja (6,2 %), le goun (5,5 %) et l'ayizo (3,9 %).

Tableau 2: Répartition des langues nationales Tableau 2 Repartition des langues nationales.JPG

Source : L'aménagement linguistique dans le monde

Existence de projets multilingues, traduction et adaptation culturelle

A côté de la diversité multilingue qu’on observe au Bénin, il faut noter que le faible niveau d’alphabétisation de la population, même s’il existe des programmes et centres d’alphabétisation de langues dans toutes les communes, demeure encore une réalité. Cet état de chose ne facilite donc pas la prise et la mise en œuvre d’initiatives de technologie de l’information et de la communication appliquée aux différents secteurs d’activités.

Dès 1967, Radio Dahomey diffusait des programmes en six langues nationales couvrant les bonnes pratiques dans la plantation du palmier à huile et du maïs et l’introduction de la culture du riz et du coton (Ilboudo, 2001). Ces programmes de radio rurale étaient conçus en collaboration avec la FAO à l’intention des agriculteurs. D’autres initiatives telles que Radio Progrès ont suivi dans les années 1968-1969 dans le principe de la radio comme moyen d’éducation pour le développement (Ilboudo, 2001). Le secteur de l’enseignement non-formel et de l’alphabétisation a été marqué entre 1974 et 1989 par l’utilisation de la radiodiffusion et dans une certaine mesure de la télévision pour l’éducation des adultes (Da-Cruz, 2005). Des programmes visant la sensibilisation idéologique (marxisme-léninisme et conscientisation des masses) mais aussi l’acquisition de connaissances dans les domaines de l’écriture dans les langues nationales, le calcul et la pesée ont été lancés [15].

Après le renouveau démocratique en 1990 et la libéralisation du secteur de l’audiovisuelle, plusieurs radios privées, associatives et rurales diffusent en langues nationales, de nombreux programmes à l’intention des adultes et des populations rurales du pays [16].

Des efforts sont aussi faits dans le cadre du développement du service universel en utilisant les langues nationales. On peut évoquer par exemple l’initiative « Call For Life » développé avec l’appui de CAIR BENIN-TOGO qui consiste à utiliser la téléphonie mobile pour faciliter la communication entre les Relais Communautaires et le responsable poste du Centre de santé dans la commune de Ouinhi pour la prise en charge des urgences obstétricale et de certaines maladies évitables chez les femmes et les enfants. Les difficultés de transcription dans les langues locales sont notées mais ce genre d’initiative nécessite d’être encouragé et rependue sur tout le territoire.

Le Ministère de la Santé du Bénin organise régulièrement à l’endroit des populations des séances de sensibilisation en langues nationales et de formation des relais communautaires sur les maladies prioritaires (paludisme, sida, tuberculose[17]..). C’est le cas des séances de dépistage de lèpre [18]. Des séances d’IEC (Information, Education et Communication) sont également organisées dans les formations sanitaires en directions des femmes dans le cadre de la planification familiale [1], de la vaccination [2], et d’autres interventions de santé.

La Boîte A Innovation [3] est un projet d’origine canadien ayant pour président fondateur Monsieur Tony SIMARD, et pour Directeur Général monsieur Anselme HOUNKPATIN dont certains pays africains bénéficient. C’est une plateforme de multilinguisme développée par des ingénieurs informaticiens et experts en traduction en langues locales et pré-expérimenté avec des groupements de femmes analphabètes qui sont dans des activités génératrices de revenu et leur donne des aptitudes technologiques pour réussir dans leur monde d’affaires. Ce projet est actuellement en phase d’expérimentation au Bénin. Il est basé sur une stratégie innovante en matière de technologies d'information et de communication au service du développement. Il s’agit d’une approche intégrée d'alphabétisation, de lettrisme numérique, d'éducation et de micro finance dans les langues fon, yoruba, batoonou. Les claviers élaborés dans ces langues permettent aux cibles indexées d’utiliser des interfaces en calcul, interfaces en écriture, interfaces en lectures, et des applications élaborées dans les langues locales. La Boite A Innovations apporte à point nommé, les outils dont le gouvernement a besoin pour avoir les résultats concrets en temps réel par rapport à sa politique en matière de TIC accessible aux populations analphabètes ou peu scolarisée à la base. C’est une initiative qui mérite d’être encouragée.

Contenu

Le Ministère dispose en premier lieu d’un site web www.beninsante.bj régulièrement mis à jour qui donne toute l’information sur les activités menées dans le secteur, les documents élaborés, les fonctionnements des structures ainsi que les relations avec les partenaires. Ce site contient une base documentaire dans laquelle sont publiés les documents de politiques, stratégies et plans, les rapports d’activités, les statistiques sanitaires, les bulletins d’informations et diverses informations sur les grandes initiatives du secteur santé (gratuité de la prise en charge du paludisme, de la Césarienne, les Groupes Thématiques, le Régimes d’Assurance Maladie Universelle, le Financement Basé sur les Résultats, etc.). Le site contient aussi de l’information sur les partenaires techniques et financiers du secteur. Au sein du Ministère de la Santé, chaque domaine d’activité a une stratégie d’information et de communication qui permet l’atteinte des objectifs de prise en charge des populations et de réduction de la pauvreté. C’est le cas par exemple des CIPEC Centres d’Information, de Prospective, d’Ecoute et de Conseil (CIPEC) dans tous les départements pour ce qui concerne le programme de lutte contre le sida. L’élaboration d’un plan intégré de communication pour la santé de la mère et de l’enfant est prévue au titre de l’année 2013. Des dispositions sont actuellement prises en vue de l’élaboration d’un plan intégré de communication pour le secteur santé du Bénin.

La Faculté des Sciences de la Santé (FSS) dispose d’une Bibliothèque électronique qui permet d’accéder gratuitement à un fond documentaire multiple.

Le Système National d'Information et de Gestion Sanitaires (SNIGS) tient compte des objectifs fixés par la politique sanitaire et produit des données destinées au calcul des principaux indicateurs nécessaires à la planification, au suivi et à l’évaluation des actions mises en œuvre dans le secteur. La base de données du SNIGS couvre toutes les activités du secteur : données épidémiologiques et données non épidémiologiques (ressources humaines, financières, infrastructures, équipements et le matériel). La plupart des informations produites sont consignées dans l’annuaire des statistiques sanitaires. Cependant, on note des insuffisances qui freinent le bon fonctionnement du SNIGS. On peut citer par exemple la non disponibilité des données en temps réel, l’indisponibilité des données du secteur privé, la faible qualité des données, la faible intégration entre les sous-systèmes et l’absence d’historisation des données. Pour résoudre ces difficultés, le Ministère de la Santé du Bénin envisage la mise en place d’un entrepôt de données nationale pour la gestion de l’information sanitaire en vue d’obtenir des données en temps réel, exhaustives et fiables, favorisant une prise de décision améliorée. Cependant le financement de ce projet demeure encore une préoccupation.

Dans le domaine de la recherche, la communication pour la recherche en santé est mise en œuvre à travers la plate-forme informatique de recherche en santé. Une application web est utilisée pour rendre disponible l’information sur la recherche en santé. Il s’agit de l’information sur les institutions de recherche, les documents de politiques et de stratégies pour la recherche en santé, les projets de recherches, l’existence de comité d’éthique pour la recherche en santé. Cette application développé par le groupe COHRED (Council of Health Research and Developpement) et adopté par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé qui la met à la disposition de tous les pays membres de la CEDEAO afin d’enrichir la base de données sur la recherche en santé en Afrique en général et au Bénin en particulier.

Dans le domaine du financement du secteur, la communication dans le cadre de la mise en œuvre du projet de Renforcement de la Performance du Système de Santé à travers sa composante Financement Basé sur les Résultats (FBR) est renforcée avec la mise en place d’un système d’information sur le financement du secteur grâce à la plate-forme web sur le financement basé sur les résultats.Ce portail d’informations et d’alimentation de base de données sert à collecter efficacement les données sur la performance du système de santé dans les zones sanitaires du bénin, facilite le processus de facturation et permet de générer des données statistiques tendancielles.

Dans le domaine de la planification, le processus de planification ascendante de toutes les activités du secteur est actuellement en cours d’automatisation. Une application actuellement en développement, avec l’appui technique et financier de la Coopération Technique Belge facilitera le traitement de l’information sur la budgétisation des activités en fonction de diverses sources de financement et permettra d’avoir un Plan intégré de Travail Annuel assez visible pour tous les niveaux du système de santé ainsi que pour les partenaires techniques et financiers du secteur.

Dans le cadre de la maîtrise de la gestion des ressources humaines du secteur santé, une application (LOGI-GRH) a été élaborée et est mise en œuvre à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Cela permet la maîtrise des effectifs et facilite la gestion de la carrière des agents de santé.

Le sous-secteur de la transfusion sanguine est un secteur qui contribue à l’amélioration de la qualité de soins à travers à travers la maîtrise du processus de disponibilité des produits sanguins depuis le recrutement des donneurs jusqu’à l’administration des produits sanguins aux receveurs. Ainsi, dans le cadre du renforcement de ce processus, le ministère de la santé a doté tous les Centres de Transfusion Sanguine du Bénin d’un système d’information et de communication performant. Il s’agit d’une application informatique qui permet de gérer les donneurs de sang, les intrants et d’assurer une démarche qualité. Des infrastructures informatiques adéquates sont en cours d’installation. Cependant, ce système doit être amélioré. Pour cela il est nécessaire que l’application de gestion des informations sur la transfusion sanguine soit une application web en vue de mieux faciliter non seulement la remonté de l’information vers le niveau de prise de décision mais aussi et surtout pour permettre à tous les acteurs impliqués d’intervenir directement sur la base de données.

Parmi les réformes envisagées par le Ministère de la Santé du Bénin, on peut noter, le développement de la communication hospitalière et la mise en place d’un système d’information hospitalier entièrement automatisé pour atteindre l’efficacité dans la gestion de l’information hospitalière. A cet effet, un audit du système hospitalier est actuellement en cours de réalisation. Toutes ces réformes ont besoin d’appui technique et financier[19].

Dans le cadre de la communication en matière de politique sanitaire, le Ministère de la Santé du Bénin envisage aussi, avec l’appui de l’OMS, la mise en place d’une plate-forme web pour la maîtrise des politiques et stratégies du système de santé béninois depuis l’analyse de la situation et le choix des priorités jusqu’à la planification et la mise en œuvre. Cette plate-forme dénommée « Politiques Sanitaires en Mouvement » est un creuset de dialogue et de communication qui, grâce à une approche participative permettra aux différents acteurs impliqués dans le processus de planification, d’élaborer facilement le Plan National de Développement Sanitaire grâce au dialogue et à la disponibilité de différents documents de politiques, stratégies et plan élaborés par différents secteurs d’activités du système. Ce système permettra d’évaluer les atouts et faiblesses du système de santé, de définir les priorités de la prochaine politique, la prochaine stratégie ou le prochain plan, d’en assurer la mise en œuvre le suivi et l’évaluation.

La mise en place de la page Bénin sur la plate-forme de l’observatoire pour la santé actuellement en cours est un excellent outil de communication sur les différents systèmes de santé à travers le monde.

Capacités

L’un des axes stratégiques de la vision TIC du Bénin développé dans le Document de Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (2011-2015) est « Le développement de ressources humaines de classe mondiale ». Ce développement des ressources humaines passe par (i) la promotion de la création de filières de formation d’ingénieurs TIC dont le profil correspond aux métiers de convergence technologique (voix, son et vidéo) afin de créer une masse critique de spécialistes TIC capables d’attirer les investissements étrangers directs au Bénin; (ii) promouvoir les certifications professionnelles CISCO, Microsoft, Oracle, Linux, dans les métiers tels que la configuration et l’administration de réseaux, la conception et l’administration de bases de données et la maîtrise d’outils de développement afin d’offrir sur le marché des qualifications reconnues au niveau mondial; à cet effet la création de centres de tests agréés sera encouragée afin d’éviter que les béninois ne se déplacent vers d’autres pays pour leurs examens; (iii) promouvoir la formation dans les métiers émergents (développement d’applications Web et de progiciels, opérateurs(trices) de centres d’appels en particulier télémarketing, qualification de bases de données, support technique à distance, etc.). Le référentiel de mise en œuvre de ces composantes est le projet e-Bénin.

Au niveau du secteur de l’éducation, le Plan Décennal de Développement du Secteur Éducatif 2006-2015 prévoit dans le cadre de l’amélioration de la gestion et le pilotage du secteur éducatif l’amélioration de la communication entre les structures à travers la formation de 100% du personnel enseignant à l’utilisation des TIC et à l’intégration des TIC dans leurs pratiques pédagogiques d’ici à 2015 (pages 108 et 112)

Le projet CERCO a été créé en 1998 et regroupe en son sein 70 établissements secondaires privés et des instituts universitaires installés au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Mali et en France. La fonction principale du projet est d’offrir une alternative aux apprenants sortis du système éducatif pour une raison ou une autre. Le projet CERCO sert les besoins d’éducation de 35.000 élèves et d’étudiants, et emploie pour cela 1.200 enseignants. Il représente l’exemple d’une tentative d’introduction des TIC dans l’enseignement et la gestion de l’éducation au Bénin. Des ordinateurs sont disponibles dans tous les établissements du projet et certains sont connectés au réseau internet. Les étudiants des instituts universitaires ont à leur disposition un ordinateur, une adresse email et reçoivent une formation en informatique. Les parents d’élèves ont accès à un serveur vocal et un service SMS qui leur donnent des informations sur l’évolution scolaire de leurs enfants.

L’Initiative Francophone pour la Formation à Distance des Maîtres (IFADEM), est l’œuvre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). Il a pour objectif principal d’améliorer les compétences des instituteurs dans le domaine de l’enseignement du français. Le projet IFADEM envisage la formation des instituteurs en formation continue, prioritairement dans des zones rurales en s’appuyant sur un dispositif hybride qui associe formation traditionnelle, utilisation des TIC, techniques et méthodes de la formation à distance.

L’espace IFADEM hébergé par la nouvelle Ecole Nationale d’Instituteurs d’Abomey (ENI) est équipé de vingt postes de travail multimédia, avec un mât de 15 mètres et une boucle radio pour la connexion Internet, et des panneaux solaires pour assurer la sécurité électrique des équipements informatiques.

Le portail web de l’Office du Baccalauréat au Bénin est la plus révolutionnaire des initiatives TIC comme outils de gestion de l’éducation dans le pays. Il innove dans tous les domaines en rendant l’accès aux services de l’office plus facile et en mettant de l’ordre dans un processus longtemps chaotique. Sur ce site, les candidats peuvent obtenir des informations telles que leurs numéros de tables, leurs centres d’examen, et surtout avoir accès aux résultats à l’instant même de leur proclamation officielle. On y trouve également des statistiques, les épreuves et les résultats des années passées, des conseils de tous genres à l’ intention des candidats et des informations sur les opportunités après le baccalauréat.

Organisation structurelle de l'information sanitaire

Organisation et gestion

Le système national de santé a une structure pyramidale calquée sur le découpage territorial et comprend trois différents niveaux que sont : le niveau central, le niveau intermédiaire et le niveau périphérique.

Le niveau central a pour missions (Décret N°2012–272 du 13 Août 2012) la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la politique de l’Etat en matière de Santé, conformément aux lois et règlementation en vigueur au Bénin et aux visions et politique de développement du Gouvernement. Le Ministre de la Santé est responsable de la promotion sanitaire au Bénin. A ce titre, il est chargé de: - concevoir, appliquer et contrôler la politique sanitaire nationale et internationale de l’Etat ; - définir et suggérer au Gouvernement, au besoin, de concert avec d’autres départements ministériels, les stratégies et programmes d’actions conformes à la politique sanitaire ;

Le niveau central comprend : - le cabinet du Ministre ; - les services directement rattachés au Ministre ; - le secrétariat Général du Ministère ; - les directions centrales et techniques ; - les établissements hospitaliers de référence ; - les organismes sous tutelle ; - les organes consultatifs nationaux et - les agences.

Les Directions Départementales de la Santé (DDS) représentent le niveau intermédiaire du système de santé. Elles sont réparties en six (06) à raison d’une par département selon l’ancien découpage territorial. Ce sont les organes de programmation, d’intégration et de coordination de toutes les actions de santé au niveau du département. Elles supervisent les structures de santé des niveaux intermédiaire et périphérique.

Le niveau périphérique constitue la base de la pyramide sanitaire et compte 34 zones sanitaires réparties sur toute l’étendue du territoire national.

La zone sanitaire représente l’entité opérationnelle la plus décentralisée du système de santé. Elle est organisée sous forme d’un réseau de services publics de premier contact (Maternités et dispensaires seuls, Centres de Santé) et des formations sanitaires privées, le tout appuyé par un hôpital de première référence public ou privé (hôpital de zone) et destiné à desservir une aire qui abrite entre 100.000 et 200.000 habitants.

Tableau 2 : Système national de santé au Bénin en 2011 Système national de santé au Bénin en 2011.jpg

Source: (SGSI/DPP/MS, 2011)

En plus des structures publiques, le Bénin compte un nombre important de structures privées et d’acteurs de la médecine traditionnelle.

INFRASTRUCTURES

La couverture en infrastructures sanitaires a connu une amélioration ces dernières années. Mais des disparités existent notamment dans les départements du Zou /Collines où le taux de couverture en CS (76%) est en deçà de la moyenne nationale (89,03%). Si le taux de couverture en CHD est globalement satisfaisant, celui en hôpital de zone n’est pas reluisant. En effet il est de 60% dans l’Ouémé-Plateau, 67% au niveau du Zou-Collines et de 71% dans l’Atlantique-Littoral qui sont tous en deçà de la moyenne nationale (79%). Seuls les départements du Borgou Alibori et Mono Couffo sont totalement couverts en Hôpital de zone. En dehors de ces disparités, il y a également l’état de délabrement dans lequel se trouvent 40% de ces infrastructures qui pour la plupart ne sont pas conformes aux normes. En 2011, la situation des infrastructures à chacun des niveaux de la pyramide sanitaire se présente comme suit :

Tableau 3: Répartition des infrastructures sanitaires par Département en 2011 Tableau3 Répartition des infrastructures sanitaires par Département en 2011.jpg

Source : (SGSI/DPP/MS, 2011)

Tableau 4: Couverture des FS en incinérateur fonctionnel par Zone Sanitaire en 2011 Tableau 4 Couverture des FS en incinérateur fonctionnel par Zone Sanitaire en 2011.jpg

Source : (SGSI/DPP/MS, 2011)

RESSOURCES HUMAINES

Tableau 5 : Principaux ratios du personnel soignant au Bénin par corps et par département en 2011 Tableau5 Principaux ratios du personnel soignant au Bénin par corps et par département en 2011.JPG

Source : (SGSI/DPP/MS, 2011)

Tableau 6 : Personnel médical par département en 2011 Tableau 6 Personnel médical par département en 2011.jpg

Source : (SGSI/DPP/MS, 2011)

Tableau 7 : Personnel paramédical par département en 2011 Tableau 7 Personnel paramédical par département en 2011.JPG

Source : (SGSI/DPP/MS, 2011)

Tableau 8 : Personnel médical et paramédical privé par département Tableau 8 Personnel médical et paramédical privé par département.jpg

Source : (SGSI/DPP/MS, 2011)

Tableau 9 : Projection de départ à la retraite de 2009 à 2012 Tableau 9 Projection de départ à la retraite de 2009 à 2012.jpg

'Source ': (SGSI/DPP/MS, 2011)

RESSOURCES FINANCIERES

Tableau 10 : Synthèse des ressources financières par source en 2011 Tableau 10 Synthèse des ressources financières par source en 2011.jpg

Source : (DRFM/MS, 2011)

Tableau 11 : Ratio Budget secteur santé sur Budget Général de l’Etat de 2011 Tableau 11 Ratio Budget secteur santé sur Budget Général de lEtat de 2011.jpg

Source : (DRFM/MS, 2011)

Présentation générale des flux d'information

D’une façon générale, l’information circule du niveau central vers le niveau déconcentré et inversement. Les supports d’information et de communication utilisés sont : courriers/Correspondances, message par fax ou téléphonique, réseaux aérien de communication (RAC), supports électroniques et magnétiques, Internet. Le schéma 1 [20] décrit le circuit de l’information en général.

Schéma 1 : circuit de l’information générale Schéma 1 circuit de linformation générale.jpg

Source : MS – Plan de communication des politiques de décentralisation dans le secteur santé - 2010

Pour ce qui concerne le système d’Information et de Gestion Sanitaire(SNIGS) dont l’objectif général est d’assurer la disponibilité d’informations sanitaires fiables et pertinentes en temps réel pour la prise de décision, l’information sanitaire circule aux trois niveaux de la pyramide sanitaire de la façon suivante :

- Niveau périphérique (zones sanitaires) Le SNIGS dispose de supports papiers standardisés par type d’activités qui lui permettent de collecter périodiquement les données (mensuellement, trimestriellement et annuellement) des formations sanitaires du pays. La saisie des données collectées se fait au niveau de toutes les Zones Sanitaires (ZS) sur des ordinateurs. Les copies des bases de données statistiques des zones sanitaires sont envoyées mensuellement ou par fichier attaché à un e-mail au niveau des Directions Départementales de la Santé (DDS). Par ailleurs, les zones sanitaires présentent les données sous forme de tableaux de bord pour le monitoring et la planification et assurent la retro-information vers les Centres de Santé Communaux (CSC) et des Centres de Santé Communaux vers les Centres de Santé d’arrondissement (CSA).

- Niveau intermédiaire (Directions Départementales de la Santé (DDS)) Les DDS, après avoir reçu les copies des bases de données des zones sanitaires font à leur tour la compilation et l’envoie au Service de Gestion du Système d’Information (SGSI) du niveau central qui abrite la base nationale de données soit par supports électroniques ou magnétiques, soit en fichiers attachés par e-mail. Les DDS aussi assurent régulièrement la retro information vers le niveau central et vers les zones sanitaires et éditent régulièrement l’annuaire des statistiques départementales. Les DDS descendent semestriellement dans les zones sanitaires pour procéder à la validation des données avec les agents de santé.

- Niveau Central Il reçoit les bases de données envoyées par le niveau intermédiaire en fait la compilation et procède à l’analyse et la présentation des données sous forme de tableau de bord. Il définit les indicateurs de production de soins et de ressources et assure la retro-information vers tous les niveaux pour permettre à chaque acteur du système de santé de situer son action dans le cadre global. Enfin il édite l’annuaire des statistiques qui est diffusé pour la planification et la prise de décision.

Le niveau central effectue une fois l’an une tournée dans tous les départements pour superviser et valider les bases de données départementales. Le schéma ci-dessous résume le circuit de l’information sanitaire.

Schéma 2 : circuit de collecte de l’information sanitaire Schéma 2 circuit de collecte de linformation sanitaire.jpg

Source : MS - Annuaire Statistiques, 2011

Cadre réglementaire particulier

L’importance de l’information sanitaire dans la planification et la prise de décision pour l’amélioration des conditions de vie des populations n’est plus à démontrer.

Le secteur de la santé béninois dispose d’un Système National d'Information et de Gestion Sanitaires (SNIGS) mis en place depuis 1990 sur la base d'un consensus de tous les acteurs du secteur (producteurs, utilisateurs). Ce système a, depuis lors, tenu compte des objectifs fixés par la politique sanitaire et subi plusieurs évaluations dont la quatrième s'est déroulée en 2006. Le Plan National de Développement Sanitaire 2009-2018 dans son domaine stratégique 5 « Renforcement Institutionnel » prévoit le « renforcement de la démarche qualité, de la communication pour la santé et de la recherche en santé ». Il prévoit également la « création et l’animation du cadre institutionnel du système d’information sanitaire » Mais des efforts sont encore nécessaires pour atteindre ces objectifs.

Sources et génération de données

Recensements

Dans le but de développer l'activité statistique et l'information socio-économique et de les centraliser au niveau de l'État, il est créé auprès du Ministre chargé de la Statistique un Conseil National de la Statistique (CNS). Le CNS est présidé par le Ministre chargé de la statistique, et a pour organes l'Institut National de la Statistique et de l'Analyse Économique (INSAE) et les systèmes statistiques dans les ministères et régions (départements). Toute enquête, étude statistique ou socio-économique des services publics et des organismes internationaux doit être soumise au visa préalable du Conseil National de la Statistique. L'Institut National de la Statistique et de l'Analyse Économique (INSAE) qui assure le Secrétariat du CNS, a pour tâche essentielle de rassembler, dépouiller, analyser et présenter au Gouvernement dans des délais convenus des statistiques sûres et produire des chiffres utiles à la prise de décision et à la gestion. Il veille aussi à assurer ou aider au traitement des informations statistiques et comptables des organismes publics, parapublics et autres qui lui en font la demande. Le Conseil National de la Statistique, ainsi que l'Institut National de la Statistique et de l'Analyse Économique, ont été créés par Ordonnance n° 73-72 du 16 octobre 1973 puis modifié par décret n° 97-168 du 07 avril 1997. Cette ordonnance a été précédée par la loi du 7 juin 1951 portant obligation, coordination et secret en matière de Statistique [21] L’INSAE dispose d’un centre de calcul informatisé, d’un centre de formation en statistique et en traitement de l’information. Il dispose également d’un centre de documentation ouvert au public et d’un site internet. Il entretient des relations diversifiées avec les utilisateurs et producteurs de statistiques.

L'INSAE réalise les Recensements Généraux de la Population et de l’Habitation (RGPH) qui permet de disposer de façon exhaustive, des données détaillées jusqu’aux plus petites unités administratives, sur les caractéristiques démographiques, économiques et socio-culturelles de la population. Le RGPH est un précieux instrument pour l’élaboration des plans et programmes de développement, tant au niveau national qu’au niveau des collectivités locales à la base.

Le Bénin a déjà réalisé trois Recensements Généraux de la Population et de l’Habitation. Le premier en 1979, le second en 1992 et le troisième en 2002. Le quatrième RGPH est actuellement en cours (2013).

Systèmes de statistiques de l'état civil et démographiques

Au Bénin, le Code des personnes et de la Famille prévoit dans son article 41 au Titre II, Chapitre I-VII, l’enregistrement des faits d’état civil. Les principaux faits d’état civil faisant objet d’enregistrement sont les naissances, les mariages et les décès.

Selon le rapport de l’étude sur l’état des lieux des faits d’état civil au Bénin réalisé en 2010, Les centres principaux d’état civil sont les Sous-Préfectures (67) et les Circonscriptions urbaines (10), alors que les centres secondaires sont au niveau des communes (569). Les formations sanitaires reçoivent les déclarations de naissance. Ce sont les communes (ou mairies) qui constituent les plus petites subdivisions administratives autorisées à enregistrer les faits d'état civil au Bénin. Les villages et les quartiers de ville n'ont pas cette compétence. Le nombre moyen de personnes couvertes par un centre secondaire d'enregistrement est de 8700.

Au Bénin, le taux d’enregistrement des naissances qui était de 70% en 2001 pour les enfants de moins de cinq (05) ans a chuté à 60% en 2006 (Enquête Démographique et de Santé EDSB III, Bénin 2006, page 296). Le niveau d’enregistrement des faits d’état civil en général est estimé à moins de 50% en 2010 (Rapport préliminaire sur les résultats de l’étude d’évaluation de l'état civil et des statistiques vitales en Afrique (ECA/ACS/ASSD/7/2 ‐ janvier 2012).

Il ressort du rapport de mars 2011 sur l’étude d’état des lieux sur les faits d’état civil au Bénin que quatre ministères sont chargés d’assurer l’administration et l’exploitation de l’état civil au Bénin : • Le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et des Cultes ; • Le Ministère de la Justice, de la Législation et des Droits de l’Homme ; • Le Ministère de la Prospective, du Développement, de l’Evaluation des Politiques Publiques et de la Coordination de l’Action Gouvernementale ; • Le Ministère de la Santé.

En ce qui concerne les statistiques d'état civil, il a été créé par décret n° 87-42 du 27 février 1987 une Commission Nationale pour la Réforme de l'état civil au Bénin. Cette Commission est dotée d'un Comité technique, dirigé par le ministère chargé de la Statistique, et qui est sensée assurer la centralisation (et donc le traitement) des données d'état civil.

Les statistiques d'état civil sont produites par l'INSAE par l’entremise des services "Statistique" relevant des Directions Départementales du Plan et de la Statistique qui sont les antennes régionales. Ces services collectent les données et les présentent sous formes désagrégées. Les statistiques d'état civil sont publiées, non seulement au niveau des Directions Départementales du Plan et de la Statistique (qui les produisent) mais également au niveau de la Direction Générale de l'INSAE qui les introduit dans les annuaires statistiques.

La disponibilité des statistiques de l’état civil du Bénin s’avère essentielle pour produire la photographie et le profil de la population. Les statistiques d’état civil relatives aux naissances servent à la gestion des services et des programmes sociaux en ce qui concerne surtout la planification, le suivi et évaluation des projets. Les statistiques d’état civil relatives aux décès servent aux recherches sanitaires sur la mortalité en générale et plus spécifiquement sur la mortalité maternelle, infantile et juvénile. Les statistiques d’état civil relatives aux mariages servent aux études sociales et démographiques des structures familiales, de la dimension de la famille, des comportements en matière de remariage, et des recherches généalogiques, etc.

Les préoccupations de bonne gestion des faits d’état civil au Bénin a amené le Gouvernement à organiser du 17 au 19 juillet 2012, un forum national sur les réformes de l’état civil.

Les dysfonctionnements relevés dans le processus béninois d’enregistrement des faits d’état civil sont entre autres : - L’insuffisance du délai de déclaration des naissances qui est de 10 jours ; - les frais liés à la cotation et au paraphe des registres d’état civil ; - la responsabilité des acteurs intervenant dans l’enregistrement des faits d’état civil ; - l’importance des agents de santé dans le processus d’enregistrement des naissances et des décès ; - la tenue, la conservation et l’archivage des registres ; - les fraudes dans la délivrance des actes de l’état civil ; - l’insuffisance des moyens (humains, matériels et financiers) mis à la disposition des services de l’état civil ; - la mise à contribution des responsables religieux et des matrones pour améliorer la gestion de l’état civil ; - la tutelle de l’état civil ; - l’illégalité de la tenue des registres d’autorisation ; - l’enregistrement des actes d’états civils dans des registres non côtés et non paraphés par les juges ; - la disponibilité des registres côtés et paraphés dans les représentations diplomatiques du Bénin.

Les recommandations issues de ce forum sont entre autres, • A l’endroit du Gouvernement - Transformer la Direction générale de l’état civil en Agence nationale de l’état civil ; - Réviser la durée légale de déclaration des faits d’état civil en tirant leçon des expériences des pays de la sous-région et des pratiques culturelles ; - Supprimer les frais de cotations et de paraphe des registres ; - Organiser annuellement le mois de l’état civil ; - Uniformiser les coûts des copies d’actes de naissance ; - Régulariser la situation des candidats aux examens sans actes de naissance en leur établissant de manière spéciale ces actes.

• A l’endroit des officiers de l’état civil - Créer au niveau communal des commissions locales de l’état civil ; - Impliquer les chefs de village (délégués) dans le processus de gestion de l’état civil afin de rapprocher les populations de l’état civil ; - Impliquer les ONG, associations, leaders d’opinions, têtes couronnées, etc. dans la sensibilisation et la vulgarisation du Cpf.

Enquêtes de santé

Les enquêtes démographiques et de santé sont une source importante de collecte de données sur la population. Elles ont pour objectif principal de produire de nombreux indicateurs socio-économiques, démographiques, sanitaires et nutritionnels au niveau de l’ensemble de la population et les résultats et indicateurs de santé.

Depuis 1996, l'Institut National de la Statistique et de l'Analyse Économique (INSAE) du Bénin, avec l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and HealthSurveys -MEASURE DHS) de Macro International Inc., a déjà mené quatre (04) enquêtes démographiques et de santé à intervalle réguliers de cinq(05) ans. La plus récente dénommé Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiple s’est déroulée de décembre 2011 à mars 2012. La première EDS (EDSB-I) [22] fournit les informations sur fournit des informations détaillées sur la fécondité, la planification familiale, la mortalité des enfants et des mères, la santé maternelle et infantile, l'état nutritionnel des enfants et des mères ainsi que sur le sida et la disponibilité des services de santé et de planification familial.

L’Enquête Démographique et de Santé au Bénin (EDSB-II, 2001) fournit des informations détaillées sur la fécondité, la planification familiale, la mortalité des enfants de moins de cinq ans, la santé de la mère et de l’enfant (soins prénatals, assistance à l’accouchement, vaccination des enfants, maladies infantiles) ainsi que l’allaitement et l’alimentation des enfants, l’iodation du sel, la prévalence de l’anémie et l’état nutritionnel des enfants et des mères. Les résultats de l’EDSB-II concernent également les infections sexuellement transmissibles et le sida, l’excision et, enfin, la disponibilité des services communautaires économiques et sanitaires.

La troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSB-III) s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des Orientations Stratégiques de Développement du Bénin 2006-2011 et de l’évaluation des progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement . Elle a été couplée avec l’Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de vie et des Ménages (EMICoV) et a couvert un échantillon plus important que lors des deux premières éditions, soit 18000 ménages, sur l’ensemble des 77 communes du pays [23]. Cette enquête offre au Gouvernement, aux décideurs politiques, aux chercheurs et aux partenaires au développement, l’opportunité de disposer d’une importante base de données sociodémographiques et sanitaires, notamment des indicateurs actualisés pour l’évaluation et le suivi des programmes et politiques de développement, à savoir les indicateurs sur la fécondité, la planification familiale, la santé maternelle et infantile, l’excision et l’anémie.

Par ailleurs, la principale innovation de l’EDSB-III a été l’introduction d’un module d’enquête de la séroprévalence du VIH ainsi que des questions relatives à la violence à l’égard des femmes. L’enquête a ainsi permis de déterminer, pour la première fois, la prévalence du VIH, au niveau national.

Enfin la quatrième Enquête Démographique et de Santé du Bénin a pour objectif principal de produire de nombreux indicateurs socio-économiques, démographiques, sanitaires et nutritionnels au niveau de l’ensemble de la population et des sous-populations des femmes de 15-49 ans, des enfants de moins de 5 ans et des hommes de 15-64 ans. En particulier, l’EDS-MICS IV vise à identifier et/ou à estimer : Pour l’ensemble de la population : • les niveaux de scolarisation ; • les niveaux d’utilisation du sel iodé ; • certains indicateurs de bien-être des ménages.

Pour les femmes de 15-49 ans et les enfants de moins de cinq ans : • divers indicateurs démographiques, en particulier les taux de fécondité, de mortalité des enfants et de mortalité maternelle ; • les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l’utilisation de la contraception ; • les catégories de femmes susceptibles d’avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d’utiliser la contraception ; • les taux de connaissance et de pratique contraceptive par méthode, selon diverses caractéristiques sociodémographiques.

Les indicateurs usuels du système de santé du Bénin sont : Taux de couverture en infrastructures sanitaires ; Nombre d’habitants par centre de santé public ; Nombre d’habitants par médecin ; Nombre d’habitants par infirmier; Nombre de femmes en âge de procréer par sage-femme; Nombre de médecins pour 10000 habitants ; Nombre d'infirmiers pour 5000 habitants; Ratio Budget Santé par rapport au Budget Général de l’Etat; Taux de recouvrement; Pourcentage des trois principales pathologies(Paludisme, Infections Respiratoires Aigües et Affection gastro-intestinales) ; Taux d'incidence du Paludisme simple et celui du paludisme grave ; Taux de prévalence du SIDA ; Taux d’occupation des lits; Taux de fréquentation des services de santé; Taux de couverture des consultations prénatales et celui des consultations post-natales; Taux de couverture des consultations des Enfants de 0 - 11 mois ; Taux de couverture des accouchements assistés; Taux de césarienne ; Décès maternels pour 100.000 naissances vivantes ; Taux de prévalence contraceptive; Taux de couverture en PENTA ou en VAR, etc

Systèmes de surveillance

Le système de surveillance des maladies est un processus continu et systématique de collecte, de compilation et d’analyse des données, ainsi que leur diffusion aux décideurs, aux professionnels de la santé et au grand public. Au Bénin, la surveillance des maladies est une grande priorité. Elle est un élément-clé dans l’arsenal mis en place par le Gouvernement pour promouvoir un état de bien–être mental, physique et social. Le système béninois de surveillance fournit les éléments nécessaires (analyse des tendances des maladies) pour orienter les politiques nationales en matière de la protection sanitaire des populations vis-à-vis des maladies. Cela a donc un impact fort sur la stratégie de réduction de la mortalité maternelle et infantile, prévention, lutte contre la maladie et l’amélioration de la qualité des soins à travers le programme de Lutte contre la maladie. La surveillance des maladies au Bénin est mise en œuvre à travers le domaine stratégique 1 « réduction de la mortalité maternelle et infantile, Prévention, lutte contre la maladie et Amélioration de la qualité des soins » du Plan National de Développement Sanitaire. Le système de surveillance du Bénin comprend trente-six (36) maladies dont les maladies prioritaires, les autres maladies transmissibles et les maladies non transmissibles.

Les données du système de surveillance épidémiologique sont gérées de manière opérationnelle et indépendante par plusieurs entités au Ministère de la Santé du Bénin. En effet, on distingue :

- le système de surveillance épidémiologique de routine dont les données sont organisées et gérées par le Système National d’Information et de Gestion Sanitaires (SNIGS) logé à la Direction de la Programmation et de la Prospective. Cette application qui gère les cas et décès des trente-six (36) affections et syndromes parmi lesquels vingt et une (21) maladies prioritaires. Il comprend entre autres les modules suivants :

o La nomenclature des maladies ; o La prise en charge du nombre de cas de consultation et d’hospitalisation en fonction des tranches d’âge et du sexe; o Dénombrement du nombre de cas de maladies enregistrés ainsi que le nombre de cas de décès et cas référés rencontrés pour chaque maladie par tranche d’âge et par sexe.

- Le système de surveillance des maladies à potentiel épidémique ou maladie évitables par la vaccination. Il est logé au niveau de l’Agence Nationale pour la Vaccination. Les maladies sous surveillance dans ce système sont : la poliomyélite, le tétanos, le choléra, la rougeole, la fièvre jaune, la shigellose, et les autres fièvres hémorragiques. Il comprend entre autres l’enregistrement des cas détectés et des cas de décès des maladies sus énumérées ; - Enfin, les programmes verticaux de lutte contre les maladies transmissibles (paludisme, SIDA/IST, onchocercose, dracunculose, tuberculose, lèpre, ulcère de Buruli, etc.) bénéficient de systèmes de surveillance spécifiques dont les données sont gérées par lesdits programmes eux-mêmes.

Les difficultés relevées dans l’exploitation judicieuse des données du système de surveillance des maladies sont : - l’existence de systèmes de gestion des données des activités de surveillance épidémiologique disparates et isolés ; - l’inexistence de réseaux informatiques et l’absence d’interconnexion des services de santé ; - des informations partielles, non homogènes et souvent redondantes ; - l’insuffisance de traçabilité dans la gestion des données ; - l’absence de consolidation et d’intégration des données (vue globale); - des difficultés d’analyse des données ; - des difficultés de restitution dans des délais raisonnables, des données fiables ;

Pour corriger ces difficultés, deux solutions sont nécessaires et complémentaires :

- La mise en réseau des services de santé, tout au moins des unités d’enregistrement des données du système de surveillance épidémiologique ; - La mise en place d’un entrepôt des données du système de surveillance épidémiologique.

Documentation systématique sur les données contextuelles et qualitatives

Pour assumer efficacement la mission à lui confiée, le Ministère de la Santé élabore et édite chaque année l’Annuaire des Statistique Sanitaires dont les données visent à satisfaire les besoins de suivi des principaux programmes et politiques de développement notamment le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2009 – 2018 ainsi que le plan triennal de développement sanitaire ; la Revue conjointe du Secteur de la Santé, la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP) et les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans le domaine de la santé.

L’Annuaire des Statistiques Sanitaires du Bénin est un précieux outil de planification, de coordination, de suivi de la politique sanitaire et d’aide à la décision. C’est le premier document de référence qui fait la synthèse des données des structures sanitaires (publiques et quelques privées) du pays. Il présente la situation sanitaire du pays à travers les principaux indicateurs du secteur de la santé. Il renseigne notamment sur :

  • les données démographiques et l’organisation du système de santé béninois ; les ressources en infrastructures sanitaires, les ressources humaines en santé et les ressources financières du secteur santé ;
  • les activités de santé maternelle et infantile, d’hygiène et d’assainissement de base ;
  • la mortalité, la létalité, la morbidité et la létalité des maladies prioritaires et autres et l’utilisation des services de santé.

Le premier annuaire date de 1984 et depuis, le service de gestion du système d’information en produit chaque année. Le dernier, celui de 2012 est actuellement en cours de finalisation. Il faut aussi noter que chaque département sanitaire et chaque zone sanitaire produit son annuaire des statistiques. Le service de gestion du système d’information et ses démembrements au niveau déconcentré produisent également de façon systématique les bulletins de Retro-SNIGS par trimestre.

Recherche pour la santé

Au Bénin, la recherche en santé est régie par la loi n° 2010-40 du 08 décembre 2010 portant code d’éthique et de déontologie pour la recherche en santé au Bénin. Selon cette loi, « la recherche en santé a pour objets, de (i) mettre au point les outils pour prévenir et soigner la maladie ou en atténuer les effets, (ii) concevoir des approches plus efficaces pour la prestation des soins de santé tant à l’individu qu’à la communauté, (iii) contribuer à mieux outiller les professionnels de la santé à des fins de prévention de la maladie, de restauration de la santé et de réadaptation » Les données issues des activités de recherche pour la santé permettent d’améliorer les indicateurs de santé. Le Gouvernement du Bénin a créé dans les années 1980, la Direction de la Recherche de la Médecine et de la Pharmacopée Traditionnelles. Cette direction est devenue en 2000, la Direction de la Recherche et du Développement en Santé devenue en 2005 Direction de la Recherche en Santé puis en 2012, Direction de la Recherche et de la Formation par décret n°2012-272 du 13 août 2012, portant attribution, organisation et fonctionnement du Ministère de la Santé, la Direction de la Formation et de la Recherche en Santé. Après avoir élaboré son document de politique et stratégie de recherche en santé en 2007, le Bénin a élaboré son plan stratégique de recherche en santé pour la période de 2010-2014. Au cours de cette période, la recherche pour la santé portera sur différents problèmes de santé en termes de maladies, de fonctionnement du système de santé et de déterminants de la santé. Il s’agit prioritairement de :

- Maladies infectieuses à transmission non vectorielle (SIDA/IST, Tuberculose et maladies respiratoires, maladies diarrhéiques, poliomyélite, méningite et tétanos, ulcère de Buruli et lèpre …) ; - Maladies infectieuses et parasitaires à transmission vectorielle (paludisme, schistosomiase, dracunculose, filariose, trypanosomiase et onchocercose …) ; - Autres affections : (maladies nutritionnelles, maladies métaboliques, maladies liées à la reproduction, maladies neuropsychiatriques, hémoglobinopathies, cancers, maladies cardiovasculaires, maladies professionnelles et accidents de travail, maladies bucco – dentaires, maladies liées à l’environnement, etc.) - Système de santé ; - Déterminants de la santé.

Cependant, la recherche n’arrive pas encore à contribuer efficacement à l’amélioration de l’état de santé des populations béninoises du fait de l’insuffisance des travaux de recherche, de la faible utilisation des résultats pour la prise de décision et de la faible coordination des activités de recherche. La faible utilisation des résultats de recherche pourrait s’expliquer par la méconnaissance des résultats desdits travaux du fait de la faible vulgarisation des résultats.

Cette faiblesse des résultats de recherche en santé est également liée à la non perception par les décideurs de l’utilité des résultats de recherche.

Le Bénin dispose d’une Base de données nationale des structures de recherche dénommée BD-RS. Cette base est réalisée par la Direction Nationale de la Recherche Scientifique du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Elle renseigne sur les centres, instituts, laboratoires et stations de recherche au Bénin. Parmi les centres cités dans la base de données figurent les centres en charge de la recherche pour la santé tels que le Centre de formation et de Recherche en Santé de la Reproduction, l’Hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguieta, l’Institut des Sciences Biomédicales Appliquées, l’Institut Régional de Santé Publique et le Centre National de Transfusion Sanguine devenu depuis 2009 Agence Nationale pour la Transfusion Sanguine par décret 2009‐698 (portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence Nationale pour la Transfusion Sanguine), pour ne citer que ceux-là.

La Direction de la Recherche et de la Formation envisage de mettre une base nationale de données sur les recherches en santé menées au Bénin. Cependant cette direction a des difficultés de disponibilités de ressources humaines qualifiées pour mener à bien ses missions.

Gestion des données

Collecte des données

Le Système National d’Information et de Gestion Sanitaire SNIGS collecte la plus grande partie des données sanitaires du Bénin. Ces informations concernent différents sous-systèmes telles que :

  • le sous-système de surveillance épidémiologique et de détection des épidémies ;
  • les sous-systèmes d’information des programmes verticaux de lutte contre les maladies (paludisme, SIDA/IST, onchocercose, dracunculose, tuberculose, lèpre, ulcère de Burili, etc.);
  • le sous-système d’information de gestion administrative et financière ;
  • les sous-systèmes d’enquêtes périodiques de l’INSAE et d’autres structures du Ministère de la Santé ;
  • le sous-système d’information à assise communautaire ;
  • le sous-système d’état civil géré conjointement par le Ministère de la Santé, l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE) qui élabore les projections démographiques nationales.

Le SNIGS dispose de supports papiers standardisés par type d’activités qui lui permettent de collecter périodiquement les données (mensuellement, trimestriellement et annuellement) des formations sanitaires du pays. La saisie des données collectées se fait au niveau de toutes les Zones Sanitaires (ZS).Les copies des bases de données statistiques des zones sanitaires sont envoyées mensuellement au niveau des Directions Départementales de la Santé (DDS) qui à leur tour font la compilation et l’envoient au Service de la Gestion du Système d’Information (SGSI) du niveau central qui abrite la base nationale de données du SNIGS. Ces copies de bases de données sont envoyées soit par supports électroniques ou magnétiques, soit en fichiers attachés par e-mail.

Les données de certaines formations sanitaires du secteur privé libéral sont obtenues à partir des résultats des enquêtes d’évaluation organisées dans tous les départements sur les activités de consultations et d’accouchements menées dans ces formations sanitaires. Les données issues de ces enquêtes remontent aux années 2008, 2009 et méritent d’être actualisées.

L’une des difficultés du système de collecte de l’information sanitaire est l’absence d’infrastructures réseaux informatiques au sein de l’ensemble du système. Ce qui entraine le retard dans la transmission des données et la redondance dans l’information collectée. Les autres insuffisances qui freinent le bon fonctionnement du système d’information sanitaire du Bénin sont :

  • la non-disponibilité des données à temps réel ;
  • la faible coordination dans la collecte et la production des données ;
  • l’insuffisance de la qualité des données produites ;
  • l’insuffisance des ressources ;
  • La non intégration des sous-systèmes d’information sanitaire.

Compilation, stockage et gestion des données

Les données collectées sont saisies au niveau zone sanitaires par des agents techniques de la statistique à l’aide de l’application « Logi SNIGS ». Les copies des bases de données statistiques des zones sanitaires sont envoyées mensuellement au niveau des Directions Départementales de la Santé (DDS) qui à leur tour font la compilation et l’envoient au Service de la Gestion du Système d’Information (SGSI) du niveau central qui abrite la base nationale de données du SNIGS. Ces copies de bases de données sont envoyées soit par supports électroniques ou magnétiques, soit en fichiers attachés par e-mail. Elles sont ensuite stockées sur un ordinateur central. Cependant il faut noter que L’ordinateur du niveau central n’est pas un serveur. De même, aucun entrepôt de données n’existe actuellement au niveau central. L’absence d’entrepôt de données empêche une bonne intégration et consolidation des données ainsi que leur historisation dans le temps. Mais il faut noter que des efforts sont en cours pour la mise en place d’un entrepôt national de données et la Direction de la Programmation et de la Prospective y travaille actuellement. Une requête adressée à la Banque Mondiale pour soutenir cette activité est en cours d’étude. Le soutien des Partenaires Techniques et Financiers est sollicité pour réussir ce projet.

Le Service de la Gestion du Système d’Information (SGSI) joue un rôle essentiel dans la compilation et l’analyse des données qui sont ensuite présentées dans l’annuaire nationale des statistiques sanitaires. Ce service est le responsable principal de la collecte et de l’analyse des données de routines publiques et privées de santé. Pour la gestion des données il existe un manuel guide d’utilisation du Logi-SNIGS qui permet de guider les différents gestionnaires de la base de données à divers niveau sur les différents aspects de la gestion des données (la collecte de données, le stockage, la validation, le contrôle qualité, l'analyse et la présentation).

Partage et accès aux données

Il n’existe pas d’interconnexion entre les services de santé pour faciliter le partage et l’accès aux données. Ce qui entraîne une faible disponibilité des données en temps réels ainsi que leur faible utilisation. En général, les données sont produites par le service de gesion du système du d’information sanitaire du niveau central et ces correspondants du niveau déconcentré sur la base de requêtes ad hoc.

Les données sont surtout utilisées pour la production d’annuaires statistiques et de bulletins retro-SNIGS. Ces documents sont vulgarisés à tous les niveaux du système sanitaire et sont disponibles dans les centres de documentation.

Le Ministère de la Santé du Bénin dispose d’un site web www.beninsante.bj sur lequel sont publiés tous les documents de référence du secteur comme l’annuaire des statistiques sanitaires.

En termes de renforcement de l’échange d’information ainsi que l’accès facile à l’information sanitaire, la Direction de la Programmation et de la Prospective a également pris l’initiative d’élaborer les tableaux de bords pour répondre à l’aspect analytique de l’annuaire des statistiques. L’objectif du tableau de bord du secteur santé c’est de compléter l’annuaire par des séries de données sur 5 ans afin de présenter les tendances pour la prise de décision et au besoin commanditer ou diligenter des enquêtes ou études relatives à certains phénomènes observés sur les séries de données. La première édition de tableau de bord 2006-2010 du secteur santé a été rédigé en 2011.

Le Ministère de la Santé du Bénin a également prévu l’élaboration de la carte sanitaire nationale, qui est une base de données dynamique permettant de connaître et de présenter pour une période définie, l’offre de soins c’est à dire ressources existentes (infrastructures, ressources humaines, moyens de communication), la population, les services et programmes existants ou à implanter, les partenaires d’appui.

C’est un outil d’aide à la décision. Le goulot d’étranglement pour la réalisation de la carte sanitaire nationale du Bénin est surtout la mobilisation de ressources financières.

Grâce à la mise en oeuvre du processus « politique sanitaire en mouvement » qui est actuellement en cours, le Ministère de la Santé vise la création d’un creuset de dialogue et de communication qui, grâce à une approche participative permettra aux différents acteurs impliqués dans le processus de planification, d’élaborer facilement le Plan National de Développement Sanitaire grâce au dialogue et à la disponibilité en temps réels de différents documents de politiques, stratégies et plan élaborés par différents secteurs d’activités du système. Ce système permettra d’évaluer les atouts et faiblesses du système de santé, de définir les priorités de la prochaine politique, la prochaine stratégie ou le prochain plan, d’en assurer la mise en œuvre le suivi et l’évaluation.

Qualité et analyse des données

Les acteurs du Système d’Information et de Gestion Sanitaire situés à divers niveaux de la pyramide sanitaire, se réunissent par période (semaine, mois, trimestre, année) pour procéder à la validation de toutes les bases de données pour améliorer les complétudes et s’assurer de la qualité aussi bien de la collecte que de la saisie des données [24].

Pour ce qui concerne le SNIGS, malgré les efforts fournis pour disposer de l’ensemble des rapports des formations sanitaires, la complétude des rapports n’est toujours pas satisfaisante. La plupart des formations sanitaires, notamment celles du secteur privé libéral, n’envoient pas leurs rapports au SNIGS. En effet, moins de 10% des statistiques des formations sanitaires privées sont intégrées dans la base du SNIGS alors qu’elles totalisent à elles seules environ 40% des activités de soins surtout dans les grandes villes.

Tableau 5 : Complétude (%) des rapports par département en 2011 Tableau 5 Complétude percent des rapports par département en 2011.jpg

Source : SNIGS/MS, 2011

Pour corriger les biais relevés dans le calcul des indicateurs de performance du secteur de la santé, il est retenu au cours des revues du secteur santé, entre autres, les mesures suivantes [25].:

  • l’estimation des valeurs des rapports manquants (B5a, B5b, C9) au niveau des formations sanitaires de la base du SNIGS et qui ont effectivement fonctionné pendant la période. Le principe est de remplacer les valeurs manquantes par la moyenne des valeurs observées.
  • l’estimation des données relatives aux activités de consultation, hospitalisation et d’accouchement dans les formations sanitaires du secteur privé libéral à partir des résultats d’enquêtes préalablement menées dans ces structures.

Pour ce qui concerne les sous-systèmes des programmes verticaux, certains programmes verticaux continuent de collecter et d'utiliser leurs propres indicateurs, qui sont différentes de celles énoncées dans le Système d'Information de Gestion Sanitaire.

Méthodes d'estimation

Le Ministère de la Santé à travers la direction de la Programmation et de la Prospective dispose de ressources humaines spécialisées en statistique et en planification qui sont dotés d’outils de modélisation pour faire une estimation des indicateurs spécifiques de santé sur la base d’outils de modélisation. Grâce à ces outils, les statistiques sanitaires sont élaborées et le résultat en est l’annuaire. Une évaluation du système est faite tous les 5 ans.

Statistiques

Les statistiques sont élaborées sur la base des données de routine du SNIGS. Des tableaux et graphiques sont produits et rendu disponibles dans l’annuaire des statistiques. Il en est de même pour les proportions, les taux et les rapports qui sont calculés. Cependant l’analyse statistique descriptive des données est effectuée dans les tableaux de bords dans le respect des nouvelles normes de statistiques établies. Les enquêtes (EDS, EMICOV, Sero-prévalence du VIH/IST, RGPH..) complètent les statistiques des données de routine à partir desquelles s’effectue le suivi des grandes tendances sont définies. Le ministère de la Santé, en collaboration avec l’INSAE, dispose d'une équipe d'experts qui sont formés dans les statistiques. Cette équipe dispose des capacités nécessaires pour garantir que les données générées par les différents programmes sont de la plus haute qualité possible. En plus des équipes ci-dessus, les parties prenantes telles que les Partenaires Techniques et Financiers contribuent à la compilation, l'analyse et la diffusion des données selon les besoins exprimés par divers programmes

Accès à l'information sanitaire mondiale existante, bases factuelles et connaissances

Disponibilité et utilisation d'index de la littérature locale, non rédigée en anglais et inédite

Au Bénin, le Ministère de la Santé dispose d’un centre de documentation créé depuis 1992 [26] et logé à la direction de la programmation et de la prospective. Les missions de ce centre sont :

  • Servir de mémoire au Ministère de la Santé en conservant et en gérant toute la documentation relative aux actions de santé menées dans le pays aussi bien par le ministère de la santé et ses structures décentralisées que par les partenaires au développement ;
  • Fournir une documentation de référence dans le domaine de la santé ;
  • Contribuer à la formation continue des agents de santé pour l’amélioration de leur prestation ;
  • Etre au service de la recherche et du développement sanitaire au Bénin.

Le centre de documentation possède un fonds documentaire non négligeable constitué d’ouvrage de référence, de monographies, de rapports d’études/enquêtes/document, de thèse/mémoires et d’un certain nombre de titres de revues courantes ou irrégulières. Le centre utilise le logiciel CARDBOX PLUX pour l’enregistrement des documents. Une orientation vers WINNISIS est actuellement en cours.

Ce centre de documentation collabore avec d’autres structures de documentation sanitaire. Il s’agit des bibliothèques de la FSS, l’IRSP, de la représentation de l’OMS, le Ministère de l’Environnement, le CERRHUD, l’UNICEF, etc. Le centre dispose de six antennes documentaires [27] départementales à raison d’une antenne par département et des « bibliothèques bleus » [28] au niveau des zones sanitaires. Cependant toutes les zones ne sont pas encore couvertes en bibliothèque.

Le centre de documentation dispose d’un système National d’Information Documentaire [29] géré à tous les niveaux (central, départemental, périphérique). Cependant, Le centre souffre d’insuffisance de ressources humaines qualifié à tous les niveaux. L’application installée au niveau central et dans les antennes n’est pas une application réseau. Elle n’est pas non plus adaptée l’environnement Windows. Les infrastructures réseaux sont inexistantes aussi bien au niveau du centre qu’au niveau des antennes départementales. On note également l’absence de la connexion à Internet. Le centre souffre d’insuffisance de ressources financières pour l’acquisition de nouveaux ouvrages et pour l’abonnement aux revues médicales.

Disponibilité et utilisation de moteurs de recherche, plateformes de réseautage

Les moteurs de recherche tels que Google recherche, Yahoo recherche, Ask.com et d'autres sont disponibles et utilisés au Bénin. Ces moteurs fournissent des liens vers des sites web où les documents peuvent être trouvés.

Aussi, le site web du Ministère de la Santé du Bénin est une source très enrichie en information à laquelle on peut accéder pour y télécharger de l’information. Il est régulièrement mis à jour par le service informatique et donne toute l’information sur les activités menées dans le secteur, les documents élaborés, les fonctionnements des structures ainsi que les relations avec les partenaires. Ce site contient une base documentaire dans laquelle sont publiées les documents de politiques, stratégies et plans, les rapports d’activités, les statistiques sanitaires, les bulletins d’informations et diverses informations sur les grandes initiatives du secteur santé (gratuité de la prise en charge du paludisme, de la Césarienne, les Groupes Thématiques, le Régimes d’Assurance Maladie Universelle, le Financement Basé sur les Résultats, etc. Le site contient aussi de l’information sur les partenaires techniques et financiers du secteur. Ce site n’a pas de lien direct avec le centre de documentation du Ministère. Des réflexions sont en cours pour l’interopérabilité. Dans le domaine de la recherche, la communication pour la recherche en santé est mise en œuvre à travers la plate-forme informatique de recherche en santé. Une application web est utilisée pour rendre disponible l’information sur la recherche en santé et favoriser une prise de décision efficace. Il s’agit de l’information sur les institutions de recherche, les documents de politiques et de stratégies pour la recherche en santé, les projets de recherches, l’existence de comité d’éthique pour la recherche en santé. Cette application élaboré par le groupe COHRED (Council of Health Research and Developpement) au profit de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé qui le met à la disposition de tous les pays membres de l’OOAS afin d’enrichir la base de données sur la recherche en santé en Afrique en général et au Bénin en particulier. Les informations du Bénin sur la recherche en santé sont renseignées sur cette plate-forme conjointement par la Direction de la Recherche en Santé et le Service Informatique du Ministère de la Santé.

En outre, il existe des bases de données spécialisées au sein des universités et d'autres organisations dans le pays où les chercheurs et le grand public peuvent accéder à des revues et d'autres matériaux.

Le site internet de l’OMS est par excellence, la plateforme d’accès à l'information sanitaire mondiale.

Disponibilité et utilisation de revues d'accès libre

Le centre de documentation du Ministère de la Santé a souscrit à une vingtaine de titres de revue dont une dizaine courants. Ces revues sont des revues médicales telles que Médecine tropicale, Médecine d’Afrique Noire, Développement et Santé, Bulletin de la Société de Pathologie, etc. Cependant les ressources faisant défaut, le centre ne renouvelle plus les abonnements et ne souscrit plus à d’autres éditeurs de revues.

Accès à des publications protégées par droits d'auteur

Le centre de documentation du ministère de la Santé du Bénin dispose de quelques documents sur la recherche en santé. Mais faute de moyens financiers, il souscrit par abonnement, à un nombre limité de revue mais se trouve incapable de se procurer des livres de références protégés par droit [30].

Cadres réglementaires sur la propriété intellectuelle

L’organisation actuelle du système national de recherche est régie par la loi n°2003-17 relative à l’orientation de l’éducation nationale [31]. Cette loi précise que chaque ministère organise la recherche dans son domaine de compétence et réaffirme le rôle de coordination du système national de recherche par le Ministère en charge de la recherche scientifique à travers la présidence du Centre Béninois de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST). Ainsi, la Direction de la Recherche en Santé (DRS) organisme administrative tutélaire de plusieurs unités de recherche a été créée au Ministère de la Santé. La Direction Nationale de la Recherche Scientifique et Technique (DNRST) assure le Secrétariat Permanent du CNRST dont les membres statutaires sont des ministères et des directions de ministère, des centres ou instituts nationaux de recherche et des universités nationales. Le recensement des structures de recherche entrepris en juillet 2010 par le CNRST donne un total de 119 centres, laboratoires et instituts de recherche répartis dont 65 (soit 54,6%) de structures de recherche universitaire 37 (soit 31,1%) de structures de recherche publiques non universitaires; et 17 (soit 14,3%) de structures de recherche privées et internationales.

La recherche en santé au Bénin est régie par la loi n°2010-40 portant code d’éthique et de déontologie pour la recherche en santé au Bénin [32] qui donne toutes les conditions de la pratique de la recherche en santé. De même le Ministère de la Santé du Bénin dispose d’un document de Politique et Stratégie de la recherche en santé [33] qui définit les orientations générales et stratégiques pour le développement de la recherche en santé.

Stockage et diffusion de l'information, bases factuelles et connaissances

Disponibilité et utilisation de bibliothèques et centres d'information sur la santé

La structure qui s’occupe de la gestion des connaissances au Ministère de la santé du Bénin est le Centre de documentation [34] du niveau central avec ces correspondants départementaux que sont les Antennes de documentation départementales et les bibliothèques bleues des zones sanitaires. Le centre dispose de salle de lecture et possède un fonds documentaire non négligeable constitué d’ouvrages de référence, de monographies, de rapports d’études/enquêtes/documents, de thèses/mémoires et d’un certain nombre de titres de revues courantes ou irrégulières. La gestion des connaissances est également gérée par le secrétariat général du Ministère qui porte en son sein le service de préarchivage et le service informatique. Ces deux services sont désormais dans la Direction de l’Informatique et du Préarchivage [35] ayant pour missions de :

  • garantir la sécurisation formelle, l’authentification et la sauvegarde des documents administratifs et autres productions intellectuelles du Ministère ;
  • assurer la fluidité et l’accessibilité de l’information au sein du Ministère; et
  • faciliter les relations entre les structures du Ministère et les usagers pour un service public plus efficace et plus efficient ;
  • contribuer à la visibilité de l’image, des performances en termes de résultats/impacts et crédibilité du Ministère.

Disponibilité et utilisation de publications dans les formats et les langues appropriés

La plupart des publications sont disponibles dans deux langues (l’anglais et le français) et dans le format approprié. Cependant, certaines publications élaborées en langues nationale sont disponibles. . C’est le cas par exemple du guide du patient, qui présente un récapitulatif des règles et pratiques auxquelles on devrait s’attendre quand on est admis dans un centre de santé. Ce dernier a été traduit en deux langues locales à savoir le Fon et le Bariba pour permettre à la grande majorité des citoyens du Bénin de s’approprier les règles et pratiques admises dans les formations sanitaires. Aussi, certaines monographies sont publiées en français et dans les langues locales.

Consolidation et publication de bases factuelles existantes pour les politiques et la décision

Les données issues de la recherche opérationnelle, ainsi que les données issues des bases de données opérationnelles des différentes structures du ministère de la santé du Bénin sont consolidées sous différentes formes. Chaque structure gère sa base de données de façon indépendante et envoie les données consolidées à la Direction de la Programmation et de la Prospective qui abrite le SNIGS et qui élabore les outils décisionnels ainsi que les documents de politique et stratégies du secteur. Ces données viennent donc compléter les données du SNIGS pour élargir le périmètre de l’information sanitaire. Il faut dire qu’il n’existe aucune passerelle entre les bases opérationnelles et le SNIGS. Les données une fois consolidées, elles sont publiées sous formes de bulletins statistiques ou sont mises à la disposition des demandeurs (acteurs intervenant dans le secteur santé du Bénin, les partenaires techniques et financiers, les décideurs) par des requêtes ad hoc.

Identification et partage de connaissances acquises par l'expérience, y compris des pratiques optimales

Suite aux conclusions issues de nombreuses études et instances faisant état de l’insuffisance de coordination, le Ministère de la Santé du Bénin s’est pleinement engagé depuis 2009, dans plusieurs réformes pour une meilleure coordination du secteur à travers le partage de connaissances. Au nombre de ces réformes on peut citer, l’approche sectorielle avec la signature du Compact National le 12 novembre 2010 après l’adhésion du pays au processus de Partenariat international pour la Santé (IHP+), le Renforcement de la Performance du Système de Santé (RSS) au Bénin par la mise en place d’un dispositif de Financement basé sur les Résultats et les groupes thématiques de travail (GTT).

En ce qui concerne les Groupes Thématiques de Travail, il s’agit de groupe de réflexions sur un certain nombre de thématiques d’intérêt prioritaire pour le secteur de la santé, dont la vocation essentielle est de contribuer à la coordination du MS à travers des réflexions stratégiques, la documentation des expériences des politiques et stratégies du secteur. Les GTT ont été créés suivant les cinq domaines du plan national de développement sanitaire (PNDS). Six (6) GTT sont mis en place dont deux (2) pour le domaine1 du PNDS et un(1) pour chacun des autres domaines. L’objectif visé par les GTT est de documenter et partager toutes les réflexions relatives à leur domaine de compétence en vue de contribuer à la mise en œuvre d’une approche sectorielle effective au sein du secteur. De façon spécifique, ils doivent

  • Suivre la mise en œuvre des initiatives en cours dans chaque domaine du PNDS par le MS et les PTF;
  • Rendre effectif l’alignement des intervenants au cadre politique et stratégique du secteur en général et en particulier sur les priorités définies par le Ministère de la Santé ;
  • Renforcer le système de planification, de mise en œuvre et de suivi évaluation du secteur avec comme résultat minimum un plan unique sectoriel consolidé et un mécanisme de suivi-évaluation commun pour tous les acteurs.

Les domaines d’intervention des GTT sont la planification, le financement du secteur, la mise en œuvre et le suivi évaluation des activités, le développement des politiques et stratégies du secteur, la formation et le développement des capacités des ressources humaines.

Figure 4 : Fonctionnement des GTT au Bénin Fig 4 gtt.jpg

Source : Secrétariat Général du Ministère de la Santé, 2012

Plusieurs autres instances de réflexion, de coordination, de partage de connaissances et de prise de décision existent encore au Ministère de la Santé du Bénin. Il s’agit entre autres, du Comité de Direction (CODIR) Elargi au directeurs, chefs de services, coordonnateurs de projets/programmes, responsables à divers niveaux de la pyramide sanitaire ; de la Réunion des partenaires, de la Revue conjointe de performance niveau national, la Revue conjointe de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SCRP). Ces instances se tiennent une fois par trimestre et de nombreuses communications sont présentées pour le partage de connaissances et sur les expériences à divers niveaux qui sont partagées et des réflexions sont menées pour l’amélioration du fonctionnement du secteur santé.

Indexation des publications locales sur les index internationaux

Le Bénin adhère à la norme ISO 2108 sur l’indexation internationale, cependant le centre documentaire du Ministère de la Santé a développé un langage documentaire maison construit sur la base du Medical Subsject Headings (MESH) pour l’indexation.

Recherche

Rôle moteur

DEFINITION ET ARTICULATION D’UNE VISION EN MATIERE DE RECHERCHE POUR LA SANTE[36]

La recherche en Santé, selon la définition qui en a été donnée à la 43ème Assemblée Mondiale de la Santé, tenue en mai 1990, est « un processus visant à obtenir une connaissance systématique et des technologies pouvant être utilisées pour améliorer la santé des individus ou de groupes de population déterminées ». Elle fournit une information de base sur l’état de santé de la population et les pathologies du milieu. Elle vise aussi à mettre au point des outils pour prévenir, soigner la maladie ou en atténuer les effets et à concevoir des approches plus efficaces pour la prestation des soins de santé, tant à l’individu qu’à la communauté. Ainsi définie, la recherche en santé apparaît comme un outil de développement national et mérite de ce fait une grande attention pour en assurer la promotion. La vision du Bénin [37], est de « faire de la Recherche en Santé un véritable outil de développement en vue de l’amélioration de la santé des individus, des groupes et des communautés » [38]. Elle a pour but essentiel de fournir des outils de prise de décision dans les domaines de politique et stratégies de développement sanitaire en vue de l’amélioration des indicateurs de santé, des stratégies et des technologies d’intervention.

IDENTIFICATION DE PRIORITES DE RECHERCHE EN SANTE ADEQUATES

Les priorités de la recherche au Bénin porte sur :

  • Les maladies infectieuses à transmission non vectorielle (SIDA/IST, Tuberculose et maladies respiratoires, tétanos, ulcère de Buruli et lèpre) ;
  • Les maladies infectieuses et parasitaires à transmission vectorielle (paludisme, schistosomiase, dracunculose, filariose, trypanosomiase et onchocercose…)
  • Autres affections (maladies nutritionnelles, maladies métaboliques, maladies liées à la reproduction, maladies neuropsychiatriques, hémoglobinopathies, cancers, maladies cardiovasculaires, maladies professionnelles et accidents de travail, maladies bucco-dentaires, maladies liées à l’environnement, etc.
  • Le système de santé ;
  • La médecine et la pharmacopée traditionnelles.

DOMAINES DE RECHERCHE

Les domaines de recherche en santé sont la recherche biomédicale, la recherche sur le système de santé, la recherche épidémiologique, la recherche sur la médecine et la pharmacopée traditionnelles, la recherche sur l’environnement et la santé, la recherche dans le domaine comportemental en matière de santé.

ETABLISSEMENT ET SUIVI DES NORMES DEONTOLOGIQUES

La recherche en santé au Bénin est régie par la loi n° 2010-40 du 08 décembre 2010 portant code d’éthique et de déontologie pour la recherche en santé au Bénin [39]. Cette loi en son article 6 stipule que « toute recherche impliquant des sujets humains doit être exécutée dans le respect des principes ci-après : la dignité humaine et les droits de l’homme ; la vulnérabilité et l’intégrité personnelle ; l’anonymat ; la confidentialité ; les croyances et pratiques socio-culturelles ; l’innocuité ; l’action bénéfique de la recherche ; l’équité ; la restitution des résultats aux personnes concernées ; les règles de diffusion et d’utilisation des résultats ; le partages des bienfaits de la recherche »

LIBRE ACCES AUX DONNEES PRIMAIRES, AUX MODELES ET AUX CONCLUSIONS PUBLIEES DES RESULTATS DE RECHERCHES

Les résultats de recherche en santé sont échangés lors des réunions, des journées scientifiques, des congrès scientifiques et des séances de restitution. Les résultats sont publiés sous formes de communications orales, de rapport, compte rendus, ou d’articles dans les revues ou bulletins. Les résultats de recherches sont diffusés par publications, communications orales.

SUIVI ET EVALUATION DU SYSTEME DE RECHERCHE

Le suivi et l’évaluation du système de recherche constituent un volet très important de la politique de recherche en santé au Bénin. Ils visent à mesurer l’atteinte d’objectifs spécifiques à travers des indicateurs d’efficacité et d’efficience. Le suivi et l’évaluation du système de recherche se fait par le service du Suivi Evaluation de la Direction de la Recherche et de Formation du Ministère. Ce service est chargé de [40] :

  • faire le suivi des activités de recherche en santé ;
  • vulgariser les résultats de recherches effectuées ;
  • tenir à jour le répertoire des études réalisées ;
  • suivre la mise en œuvre des actions et/ou recommandations contenues dans les rapports de recherche ;
  • évaluer périodiquement l’impact des recherches effectuées sur le système de santé.

Financement

Le financement constitue l’un des goulots majeurs aux réalisations des travaux de recherche en santé au Bénin. En effet, le Bénin dispose de faibles moyens financiers pour la recherche en santé. Ce qui explique son manque de visibilité et sa faible participation au développement. De plus, si dans les pays développés la recherche est souvent initiée localement pour résoudre des problèmes préoccupants, au Bénin, le besoin et la décision de recherche viennent en général de l’extérieur alors que la recherche devrait découler des problèmes auxquels notre système de santé est quotidiennement confronté [41]. Dans ces conditions, l’apport financier du gouvernement béninois à la recherche en santé est mineur. Si le gouvernement du Bénin a manifesté sa volonté de faire de la recherche un moteur de développement, la mise en œuvre de cette volonté est encore à un faible niveau dans le domaine de la santé. Cependant, le Ministère de la Santé a commencé par allouer des ressources financières pour la mise en œuvre de protocoles de recherche en santé au niveau périphérique (district sanitaire). Un plaidoyer auprès des décideurs politiques en vue d’attirer leur attention sur le rôle de la recherche en tant qu’élément essentiel d’un développement équitable est une nécessité absolue. Les sources de financement de la recherche en santé au Bénin sont :

  • les Partenaires
  • le Budget national
  • les Institutions de recherche
  • les ONGs internationales
  • les ONGs Nationales

Il faut noter que toutes les ressources pour le financement pour la recherche en santé ne sont pas maîtrisées par la Direction de la Recherche et de la Formation.

Pour ce qui concerne le Budget National, le Budget alloué à la rubrique Recherche pour la santé s’élève à la somme de cent trente-sept millions (137.000.000) francs CFA sur un budget de 71,740 milliards alloué au secteur santé [42].

Par ailleurs, Le Bénin dispose d’un Fonds National de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique (FNRSIT) géré par le Conseil National de Recherche Scientifique et Technique (CNRST) qui n’atteint pas 1% du Produit intérieur brut (PIB).

Création et durabilité des ressources

La Direction de la Recherche et de la Formation dispose d’un service de l’évaluation et du recyclage des agents. Ce service organise des formations sur la méthodologie de recherche en santé avec l’appui de certaines institutions comme l’OMS, la CTB, l'IRSP à l’intention des équipes de recherches des districts sanitaires. A l’issue de la formation, la Direction de la Recherche et de la Formation apporte aux équipes formées un appui technique pour la rédaction et la mise et la mise en œuvre de protocoles de recherche. Le Bénin ne dispose pas de filière de formation en recherche en santé dans les écoles de formation.

En vue d’une meilleure contribution de la recherche en santé au développement du Bénin, la mise en œuvre d’un programme de renforcement de la formation des chercheurs, d’appui aux écoles de formation doctorale et le recrutement du personnel de Recherche en santé, le renforcement des capacités du personnel et la création d’un cadre incitatif du personnel de Recherche en santé, et la création d’un cursus de formation dans le domaine de la recherche en santé sont à envisager.

Résultats de la recherche

Les résultats de recherche en santé sont publiés sous formes de communications orales, de rapport, compte rendus, ou d’articles dans les revues ou bulletins. Les résultats de recherches sont diffusés par publications, communications orales. Cependant, l’absence d’un cadre intégré de gestion des connaissances rend difficile l’accès aux informations et est à la base d’un éternel recommencement des études ou recherches déjà réalisées.

Utilisation de l’information, bases factuelles et connaissances

Formatage et conditionnement des bases factuelles pour l’élaboration de politiques et la prise de décision

Au plan national, l'Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE) est l’établissement public à caractère scientifique et technique sous tutelle du Ministère Chargé du Plan de la Prospective et du Développement (MCPPD) créé par Décret n° 97-168 du 7 avril 1997 qui est chargé de rassembler, exploiter et analyser les données statistiques provenant des enquêtes par sondage, des recensements, des statistiques courantes et d’autres sources en vue d’une meilleure connaissance de la situation démographique, économique, financière et sociale de la République du Bénin.

L’INSAE, en tant qu’organisme national de statistique, rassemble, dépouille, analyse et présente au Gouvernement, dans les délais convenus, des statistiques fiables et officielles. Au nombre de ces statistiques, l’INSAE fournit au Gouvernement les statistiques sur l’état et les perspectives de population, les indicateurs et agrégats de l’évolution de l’économie, bases incontournables des décisions politiques.

Une fois ces données traitées, elles sont périodiquement présentées au gouvernement et publiées sous formes de bulletins, annuaires, revues, répertoires et autres.

Pour ce qui concerne le secteur de la Santé, le Système National d'Information et de Gestion Sanitaires (SNIGS) tient compte des objectifs fixés par la politique sanitaire et produit des données destinées au calcul des principaux indicateurs nécessaires à la planification, au suivi et à l’évaluation des actions mises en œuvre dans le secteur. La base de données du SNIGS couvre toutes les activités du secteur du niveau central vers le niveau déconcentré : données épidémiologiques et données non épidémiologiques (ressources humaines, financières, infrastructures, équipements et le matériel). La plupart des informations produites sont compilées dans la base SNIGS puis consignées dans l’annuaire des statistiques sanitaires. Tous les programmes verticaux compilent parallèlement les données sous formes de bulletins, de revues et d’annuaires. Toutes ces composantes sont reversées dans l’annuaire des statistiques sanitaires qui constitue l’unique document de référence des statistiques du secteur santé.

Pour assumer efficacement la mission à lui confiée, le Ministère de la Santé élabore et édite chaque année l’Annuaire des Statistique Sanitaires dont les données visent à satisfaire les besoins de suivi des principaux programmes et politiques de développement notamment le Plan National de Développement Sanitaire [43] (PNDS); la Revue conjointe du Secteur de la Santé, la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté [44], les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans le domaine de la santé. Ce document de référence est envoyé à l’INSAE pour lui permettre de jouer pleinement ses rôles comme précédemment décrits.

L’Annuaire des Statistiques Sanitaires du Bénin est donc un précieux outil de planification, de coordination, de suivi de la politique sanitaire et d’aide à la décision. C’est le premier document de référence qui fait la synthèse des données des structures sanitaires (publiques et quelques privées) du pays. Il présente la situation sanitaire du pays à travers les principaux indicateurs du secteur de la santé. Il renseigne notamment sur les données démographiques et l’organisation du système de santé béninois ; les ressources en infrastructures sanitaires, les ressources humaines en santé et les ressources financières du secteur santé. Il informe également sur les activités de santé maternelle et infantile, d’hygiène et d’assainissement de base qui portent sur les activités de santé maternelle et infantile, d’hygiène et d’assainissement de base ; la mortalité, la létalité, la morbidité et la létalité des maladies prioritaires et autres et l’utilisation des services de santé.

Le service de gestion du système d’information et ses démembrements au niveau déconcentré ainsi que tous les programmes verticaux du secteur de la santé du Bénin produisent également de façon périodique (mois, trimestre, année) les bulletins de Retro-SNIGS, des bulletins de retro-informations, des revues et des annuaires.

Partage et nouvelle application des informations et des connaissances acquises par l'expérience

Le Ministère de la Santé du Bénin a adopté le processus de planification ascendante qui lui permet de planifier des rencontres périodiques entres les acteurs du système de santé dans le cadre du partage d’informations, de connaissances et d’expériences pour une meilleure coordination du secteur. Au titre de ces rencontres on peut citer la réunion des partenaires qui est une rencontre trimestrielle à la faveur du [45] Compact National signé le 12 novembre 2010 après l’adhésion du pays au processus de Partenariat international pour la Santé (IHP+), les travaux en des Groupes Thématiques de Travail (GTT), la réunion trimestrielle du CODIR élargi à tous les responsables des différentes structures du Ministère de la Santé, la réunion semestrielle du Comité National de Suivi de l’Exécution et de l’Evaluation des Projet et Programmes (CNEEP) , le Conseil National pour le Dialogue Social qui est une réunion trimestrielle sur les questions des ressources humaines, la Revue conjointe de performance niveau national, la Revue conjointe de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté [46]. Ces instances se tiennent une fois par trimestre et de nombreuses communications sont présentées pour le partage de connaissances et sur les expériences à divers niveaux qui sont partagées et des réflexions sont menées pour l’amélioration du fonctionnement du secteur santé, etc.

Les Groupes Thématiques de Travail sont des groupes de réflexions sur un certain nombre de thématiques d’intérêt prioritaire pour le secteur de la santé, dont la vocation essentielle contribuer à la coordination du MS à travers des réflexions stratégiques, la documentation des expériences des politiques et stratégies du secteur. Les GTT ont été créés suivant les cinq domaines du plan national de développement sanitaire (PNDS). L’objectif visé par les GTT est de documenter et partager toutes les réflexions relatives à leur domaine de compétence en vue de contribuer à la mise en œuvre d’une approche sectorielle effective au sein du secteur. De façon spécifique, ils doivent

  • Suivi mise en œuvre des initiatives en cours dans chaque domaine du PNDS par le MS et les PTF;
  • Rendre effectif l’alignement des intervenants au cadre politique et stratégique du secteur en général et en particulier sur les priorités définies par le Ministère de la Santé ;
  • Renforcer le système de planification, de mise en œuvre et de suivi évaluation du secteur avec comme résultat minimum un plan unique sectoriel consolidé et un mécanisme de suivi-évaluation commun pour tous les acteurs.

Les domaines d’intervention des GTT sont la planification, le financement du secteur, la mise en œuvre et le suivi évaluation des activités, le développement des politiques et stratégies du secteur, la formation et le développement des capacités des ressources humaines.

Politiques et formulation par les décideurs de leurs besoins en bases factuelles

Sous l’impulsion des Partenaires Techniques et Financiers, le Bénin a adopté depuis 1999, à l’instar de certains pays africains, la Gestion Axée sur les Résultats en matière de développement qui est une stratégie de gestion centrée sur les performances sur le plan du développement et sur l’amélioration durable des résultats nationaux. Elle offre un cadre pour promouvoir l’efficacité au regard du développement où les informations sur les performances servent à améliorer la prise de décision. Elle comporte aussi des outils pratiques pour la planification stratégique, la gestion des risques, le suivi des progrès accomplis et l’évaluation des résultats. Cette approche a des conséquences majeures pour les responsables nationaux, les autorités publiques, les donateurs et les citoyens car elle intègre des principes reconnus de bonne gouvernance, à savoir des objectifs clairs, une prise de décision fondée sur des données factuelles, la transparence et le progrès continue.

Les principales réformes qui ont marqué le parcours de l’Administration publique béninoise dans le processus de la GAR sont rappelées dans le tableau ci-après [47] :

Tableau n°6 Gestion axée sur les résultats Tab 6 gar.jpg Source (CAFRAD, 2013)

- Loi n° 2009-02 du 07 août 2009 portant code des marchés publics

- Loi n° 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption

Le Ministère de la Santé du Bénin n’a pas échappé à cette réforme. Le processus de planification ascendante est mise en œuvre en se basant sur les cinq domaines du Plan National de Développement Sanitaire et aboutit à un mécanisme de suivi-évaluation bien élaboré. Les instances de coordination du Ministère de la Santé telles que la Revue de performance, le Comité National de Suivi de l’Exécution et de l’Evaluation des Projet et Programmes (CNEEP) sont des cadres de concertations qui permettent de présenter les bilans des activités du secteur, d’échanger sur les données disponibles et d’évaluer la performance du secteur et de prendre les décisions adéquates pour améliorer les interventions de santé et les résultats.

Politiques et participation des décideurs au processus d'établissement du programme de recherche

Au Bénin, la recherche en santé est régie par la loi n° 2010-40 du 08 décembre 2010 portant code d’éthique et de déontologie pour la recherche en santé au Bénin. Selon cette loi, « la recherche en santé a pour objets, de (i) mettre au point les outils pour prévenir et soigner la maladie ou en atténuer les effets, (ii) concevoir des approches plus efficaces pour la prestation des soins de santé tant à l’individu qu’à la communauté, (iii) contribuer à mieux outiller les professionnels de la santé à des fins de prévention de la maladie, de la restauration de la santé et de la réadaptation »Les données issues des activités de recherche pour la santé permettent d’améliorer les indicateurs de santé. Le Gouvernement du Bénin a créé dans les années 1980, la Direction de la Recherche de la Médecine et de la Pharmacopée Traditionnelles. Cette direction est devenue en 2000, la Direction de la Recherche et du Développement en Santé devenue en 2005 Direction de la Recherche en Santé puis en 2012, Direction de la Recherche et de la Formation par [48] décret n°2012-272 du 13 août 2012, portant attribution, organisation et fonctionnement du Ministère de la Santé, la Direction de la Formation et de la Recherche en Santé. Après avoir élaboré son [49] document de politique et stratégie de recherche en santé en 2007, le Bénin a élaboré son plan stratégique de recherche en santé pour la période de 2010-2014 [50]. Au cours de cette période, la recherche pour la santé portera sur différents problèmes de santé en termes de maladies, de fonctionnement du système de santé et de déterminants de la santé. Il s’agit prioritairement de :

  • Maladies infectieuses à transmission non vectorielle (SIDA/IST, Tuberculose et maladies respiratoires, maladies diarrhéiques, poliomyélite, méningite et tétanos, ulcère de Buruli et lèpre …) ;
  • Maladies infectieuses et parasitaires à transmission vectorielle (paludisme, schistosomiase, dracunculose, filariose, trypanosomiase et onchocercose …) ;
  • Autres affections : (maladies nutritionnelles, maladies métaboliques, maladies liées à la reproduction, maladies neuropsychiatriques, hémoglobinopathies, cancers, maladies cardiovasculaires, maladies professionnelles et accidents de travail, maladies bucco – dentaires, maladies liées à l’environnement, etc.)
  • Système de santé
  • Déterminants de la santé

Cependant, la recherche n’arrive pas encore à contribuer efficacement à l’amélioration de l’état de santé des populations béninoises du fait de l’insuffisance des travaux de recherche, de la faible utilisation des résultats pour la prise de décision et de la faible coordination des activités de recherche. La faible utilisation des résultats de recherche pourrait s’expliquer par la méconnaissance des résultats desdits travaux du fait de la faible vulgarisation des résultats. Cette faiblesse des résultats de recherche en santé est également liée à la non perception par les décideurs de l’utilité des résultats de recherche.

Politiques et capacité des décideurs à accéder aux bases factuelles et à les appliquer

Plusieurs institutions (nationales et internationales) travaillent en faveur de la recherche en santé au Bénin. Cependant, il n’y a pas une synergie suffisante d’actions entre ces institutions. Les résultats de recherche en santé au Bénin sont échangés lors des réunions, des journées scientifiques, des congrès scientifiques et des séances de restitution. Les résultats sont publiés sous formes de communications orales, de rapport, compte rendus, ou d’articles dans les revues ou bulletins.

C’est pour faciliter la communication à l’intérieur et à l’extérieur du sous-secteur de la recherche en santé que l’une des recommandations issues de l’atelier sur le renforcement de la gestion de la recherche en santé dans les pays de la CEDEAO, organisé du 07 au 09 février 2012, par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), est la mise en place et l’alimentation d’une plate-forme régionale pour la recherche en santé. En exécution de cette recommandation, la plate-forme HRWeb initialement développée par le Groupe CORHED (Council of Health Research and Developpement) et utilisé dans certains pays du monde a été adoptée par l’OOAS au profit des Etats membres de la CEDEAO. Suite à une formation, le Bénin a aussi adopté, cette plate-forme afin d’enrichir la base de données sur la recherche en santé et faciliter le partage des connaissances et bases factuelles dans le domaine. Cette initiative mérite d’être encouragée et renforcée.

Le Bénin dispose également d’une Base de données nationale des structures de recherche scientifique dénommée BD-RS. Cette base est réalisée par la Direction Nationale de la Recherche Scientifique du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Elle renseigne sur les centres, instituts, laboratoires et stations de recherche au Bénin.

La Direction de la Recherche et de la Formation du Ministère de la Santé envisage mettre une base nationale de données sur la recherches en santé menées au Bénin. Cependant cette direction a des difficultés de disponibilités de ressources humaines qualifiées pour mener à bien ses missions. Le renforcement des capacités de gestion de l’information sur la recherche en santé pour assurer le partage de connaissance et la création des réseaux de recherche en santé sont indispensables pour améliorer le système de communication pour la recherche en santé et contribuer plus efficacement au développement du pays.

Tirer le meilleur parti des technologies de l'information et de la communication

Niveau d'accès à l'infrastructure de TI

[51]Il faut noter que beaucoup d’efforts restent à faire par le gouvernement pour développer des infrastructures TIC de qualité malgré la disponibilité de la fibre optique.

De nombreuses localités ne disposent pas encore d’une connexion à l’Internet et celles qui en disposent ne sont pas satisfaits à cause de l’instabilité du signal et de la cherté de coût d’abonnement (seulement 9% de la population ont accès à Internet selon l’étude pour la définition d’une stratégie d’accès universel télécom et TIC réalisé en 2013. Le pays n’a pas suffisamment de fournisseurs d’accès à Internet et les trois qui sont présents détiennent le monopole. De plus les Ministères sectoriels ne sont toujours pas reliés par la fibre optique ni interconnectés à Internet à haut débit alors que ces objectifs devraient être atteints en 2010. Le Bénin a besoin de soutien pour réussir ces paris. La couverture Internet de la population béninoise en 2011 se présente comme suit :

Graphique n° 1  :Couverture Internet de la population du Bénin en 2011 500px-Fig 5 couv internet.jpg

Source : Etude pour la définition de la stratégie d’accès universel télécom et tic et du plan d’actions pour la mise en œuvre de projets pilotes en république du bénin, 2013

Ainsi, de l’analyse du taux de pénétration du réseau Internet au Bénin, on note des insuffisances qui se justifient entre autres par l’inexistence d’un cadre réglementaire adéquat, et l’incapacité de couverture intégrale par le principal opérateur qu’est Bénin Télécom SA.

Au regard de l’importance que revêtent les multiples engagements aussi bien régionaux qu’internationaux pris par le gouvernement, la décision politique de faire du Bénin le Quartier Numérique de l’Afrique, piloté entre autres par le Projet e-Bénin, comprend essentiellement, cinq (5) grandes ambitions significatives majeurs qui ont pour nom :

  • La mise en place de nouveaux acteurs (sélection de cinq Fournisseurs d’Accès à Internet par l’autorité de régulation.)
  • La mise en place de nouveaux infrastructures haut débit et à cout abordable (Projet de centres multimédias communautaires dans les 77 communes du Bénin et Projet d’interconnexion de tous les ministères et institutions de la République ;
  • La mise en place du point d’échange IXP,
  • La mise en place de Data Center National,
  • La mise en œuvre de la nouvelle politique de formation des ressources humaines via le centre d’excellence TIC

De façon particulière, bien qu’ayant adopté un décret national instituant la création d’une Direction de l’Informatique et du Préarchivage, le Ministère de la Santé ne dispose ni d’une connexion à Internet haut débit qui dessert ses différentes structures, ni d’un intranet qui interconnecte les structures en vue d’améliorer la communication à l’intérieur et à l’extérieur et faciliter la gestion et la remontées de l’information sanitaire pour les prises de décisions adéquates.

Des démarches ont été entrepris pour élaborer et mettre en œuvre un projet e-santé de « mise en réseau des services de santé au Bénin » en vue de développer les infrastructures réseaux et des applications métiers mais ce projet est resté à l’étape d’étude de faisabilité et n’a pu connu d’évolution. Des partenaires techniques comme SISCO Système, Microsoft essaient de donner de leurs expertises au Service Informatique du Ministère de la Santé en vue de l’élaboration de ce projet qui regorge d’énormes avantages pour le secteur santé (réformer la gestion administrative, réduire les lourdeurs administratives et la mal gouvernance, offrir aux patients un service de qualité, améliorer la gestion de la relation client, améliorer la communication et la collaboration entre différentes instances de santé dans le pays…). Ce chantier mérite donc d’être appuyé pour sa concrétisation.

Disponibilité de solutions TI

Le Ministère de la Santé du Bénin dispose de plusieurs applications informatiques (bases de données opérationnelles) développées par différentes structures. Il n’y a pas d’interopérabilité entre ces différentes applications [52]. De même, Le Système National d'Information et de Gestion Sanitaires (SNIGS) tient compte des objectifs fixés par la politique sanitaire et produit des données destinées au calcul des principaux indicateurs nécessaires à la planification, au suivi et à l’évaluation des actions mises en œuvre dans le secteur. Le Système National d’Information et de Gestion Sanitaire SNIGS couvre la plus grande partie des activités du secteur : données épidémiologiques et données non épidémiologiques (ressources humaines, financières, infrastructures, équipements et le matériel). Ces informations sont disponibles et collectées au trois niveaux de la pyramide sanitaire (niveau central, niveau départemental, niveau zones sanitaires). Ces informations sont complétées par celles des sous-systèmes ci-après :

  • le sous-système de surveillance épidémiologique et de détection des épidémies ;
  • les sous-systèmes d’information des programmes verticaux de lutte contre les maladies (paludisme, SIDA/IST, onchocercose, dracunculose, tuberculose, lèpre, ulcère de Buruli, etc.);
  • le sous-système d’information de gestion administrative et financière ;
  • les sous-systèmes d’enquêtes périodiques de l’INSAE et d’autres structures du Ministère de la Santé ;
  • le sous-système d’information à assise communautaire ;
  • le sous-système d’état civil géré conjointement par le Ministère de la Santé, l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE) qui élabore les projections démographiques nationales.

Cependant, on note une absence d’interopérabilité entre ces sous-systèmes et le SNIGS. L’une des insuffisances du SNIGS est la non-intégration entre les sous-systèmes et l’absence d’historisation des données.

Pour résoudre ces difficultés le Ministère de la Santé du Bénin envisage la mise en place d’un entrepôt de données nationale pour la gestion de l’information sanitaire en vue d’obtenir des données en temps réel, exhaustives et fiables pour une prise de décision améliorée. Cependant mise en œuvre de ce projet demeure encore une préoccupation.

Il faut noter que le Ministère de la Santé ne dispose actuellement pas de Système d’Information Hospitalier qui lui permet par exemple la gestion du « dossier unique du patient ». Des réflexions sont en cours pour la mise en œuvre d’une telle initiative qui mérite d’être encouragé.

Portée de l'intégration du SIS

En termes de : niveaux du système de santé, des soins individuels au suivi national de la santé; solutions SIS développées en appui du système de santé plutôt que de certains programmes; échange et utilisation d’informations à l’aide de normes de mise en œuvre éprouvées; existence d’une approche architecturale générique pour les technologies d’information sanitaire; existence de «blocs fonctionnels» interchangeables et soutenus par des consortiums (à l’instar du système de dossier de santé électronique (DSE) pour les soins aux patients porteurs de VIH; le système de gestion des données agrégées; l’entrepôt central des données pour l’intégration et la gestion des données; et les applications mobiles pour les services de santé au niveau communautaire).

Le Bénin ne dispose pas d’entrepôt national de données sanitaires. Le Ministère de la Santé du Bénin envisage la mise en place d’un entrepôt de données nationale pour la gestion de l’information sanitaire en vue d’obtenir des données en temps réel, exhaustives et fiables pour une prise de décision améliorée. Cependant la mise en œuvre de ce projet demeure encore une préoccupation.

Il n’existe pas non plus d’intégration entre les différents sous-systèmes d’information existants dans diverses structures. Les services de santé ne sont pas mis en réseaux ou interconnectés pour faciliter les échanges sécurisés de données. La plupart des applications ne sont pas des applications web, ni des applications réseaux.

Quelques expériences pilotes existent en matière d’utilisation d’applications mobiles pour les services de santé au niveau communautaire. On peut évoquer par exemple l’initiative « Call For Life » développé avec l’appui de CAIR BENIN-TOGO qui consiste à utiliser la téléphonie mobile pour faciliter la communication entre les Relais Communautaires et le responsable poste du Centre de santé dans la commune de Ouinhi pour la prise en charge des urgences obstétricale et de certaines maladies évitables chez les femmes et les enfants. Les difficultés de transcription dans les langues locales sont notées mais ce genre d’initiative nécessite d’être encouragé et répandue sur tout le territoire.

Notes de fin de document : sources, méthodes et abréviations, etc.

ABREVIATIONS

ADSL Asymetric Digital Suscriber Line

AMPS Alliance Mondiale des Professions de la Santé

BD-RS Base de données nationale des structures de recherche

CDMT Cadre de Dépenses à Moyen Terme

CAFRAD CENTRE AFRICAIN de FORMATION et de RECHERCHE ADMINISTRATIVE

CERRHUD Centre de Recherche en Reproduction Humaine et Démographie

CHD Centre Hospitalier Départemental

CMC Centres Multimédias Communautaires

CNEEP Comité National de Suivi de l’Exécution et de l’Evaluation des Projet et Programmes

CNRST Centre Béninois de la Recherche Scientifique et Technique

CNS Conseil National de la Statistique

CODIR Comité de Direction

COHRED Council of Health Research and Developpement

CS Centre de Santé

CSM Câble Sous-Marins

CTB Agence Belge de Développement

CTI Computer Telephony Integration

DDS Direction Départementale de la Santé

DGTIC Direction Générale des Technologies de l’Information et de la Communication

DHS Demographic and Health Surveys

DPP Direction de la Programmation et de la Prospective

DRS Direction de la Recherche en Santé

DSE Dossier de Santé Electronique

DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

EDSB Enquête Démographique et de Santé du Bénin

EDS-MICS Enquête Démographique et de Santé - Multiple Indicators Cluster Survey

EMICoV Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de vie et des Ménages

FAI Fournisseurs d’Accès à Internet

FNRSIT Fonds National de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique

FSS Faculté des Sciences de la Santé

GAR Gestion Axée sur les Résultats

GTT Groupes thématiques de travail

INSAE Institut National de la Statistique et de l'Analyse Économique

IRSP Institut Régional de Santé Publique

IXP Internet Exchang Point

MCPPD Ministère Chargé du Plan de la Prospective et du Développement

MESH Medical Subsject Headings

MS Ministère de la Santé

OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement

OMS Organisation Mondiale de la Santé

OOAS Organisation Ouest Africaine de la Santé

PDDSE Plan Décennal de Développement du Secteur Éducatif

PERC Expenditure Reform Credit

PIB Produit Intérieur Brut

PNDC Programme National de Développement Communautaire

PNDS Plan National de Développement Sanitaire

POP Post Office Protocol

PRSC Poverty Reduction Support Credit

PTF Partenaires Techniques et Financiers

RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitation

RTC Réseau Téléphonique Commuté

SCRP Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté

SGSI Service de Gestion du Système d’Information

SIS Système d'Information de Santé

TIC Technologies de l’Information de de la Communication

UNICEF United Nations International Children's Emergency Fund

VIH/IST Virus de l’Immunodéficitaire Humain /Infection Sexuellement Transmise

SIDA Syndrome d’Immunodéficitaire Acquis

VSAT Very Small Aperture Terminal

Références

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  5. SNIGS HMN 2007. 1,68Mo
  6. 1ère Session Comité national Télémédecine. 460Ko
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  8. . Loi 2010-40 Code Ethique. 602Ko
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  10. PNDS 2009-2018. 1,51Mo
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  18. [ http://www.beninsante.bj/documents/DDS_OP/sensibilisation_depistage_lepre.pdf]
  19. Comité National de Télémdécine
  20. PISAF – Plan de communications des politiques de décentralisation dans le secteur santé
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  25. Annuaire 2001
  26. centre de documentation decret_2012_272_13_aout_2012
  27. six antennes documentaires
  28. Bibliothèques bleues decret_2012_272_13_aout_2012
  29. système National d’Information Documentaire
  30. Hinari Institutions du Bénin
  31. loi N° 2003-17 du 11/11/03 relative à l’orientation de l’éducation nationale au Bénin
  32. loi n° 2010-40 du 08 décembre 2010 portant code d’éthique et de déontologie pour la recherche en santé au Bénin
  33. Document de Politique et Stratégie de la recherche en santé
  34. Centre de documentation
  35. Direction de l’Informatique et du Préarchivage
  36. Etat des lieux du système national de recherche scientifique et technique du Bénin. UNESCO
  37. Plan stratégique recherche en santé 2009
  38. Politique et Stratégie de la Recherche en santé au Bénin, 2007
  39. Loi n°2010-40 portant code d’éthique et de déontologie pour la recherche en santé
  40. Arrêté n° 086/MS/DC/SGM/CTJ/DRF/SA du 29 avril 2013
  41. Plan stratégique recherche santé
  42. Priorités sectorielles
  43. Plan National de Développement Sanitaire
  44. SCRP
  45. Compact National
  46. SCRP
  47. Séminaire de haut niveau à l’intention des décideurs politiques et administrateurs sur la Gestion Axée sur les Résultats dans la fonction publique : l’expérience du Bénin en matière de GAR
  48. Décret n°2012-272 attribution Ministère de la santé
  49. Document de politique et stratégie de recherche en santé 2007
  50. Document de Stratégie de recherche 2007
  51. Niveau d'accès à l'infrastructure de TI
  52. Décret 2012-272 Ministère santé