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Analytical summary - Health system outcomes

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Au niveau actuel de son développement économique, le Mali pourrait mieux faire en matière de santé de la population. Les conditions sanitaires du Mali combinent des niveaux relativement élevés de mortalité infanto-juvénile, de malnutrition, de mortalité maternelle et de fécondité dans un contexte où la prévalence du VIH/SIDA est faible relativement aux standards régionaux. Les tendances récentes de la mortalité suggèrent que pour atteindre les objectifs de développement du millénaire (OMD) en matière de santé, le Mali devra renforcer les efforts pour accélérer la baisse de la mortalité infanto-juvénile et de la mortalité maternelle, et initier la baisse de la fécondité au cours des prochaines années.

Les efforts déployés au cours des dernières années par le secteur de la santé ont permis d’améliorer la situation sanitaire de la population malienne. Ainsi par exemple, les résultats de la quatrième Enquête Démographique et de Santé (EDSM-IV de 2006) montrent que le taux de mortalité infanto-juvénile est ramené à 191 pour 1000 naissances vivantes en 2006 contre 229,1‰ en 2001 (EDSM-III) et 237,5‰ en 1996 (EDSM-II). Le taux de mortalité infantile, quant à lui, a chuté à 96‰ en 2006 contre 113,4‰ en 2001 et 122,5‰ en 1996 grâce notamment au renforcement du Programme Elargi de Vaccination (PEV). Quant au taux de mortalité maternelle, il a connu une baisse de 464 pour 100.000 en 2006, contre 582 pour 100.000 en 2001.

Enfin, le taux de prévalence du VIH/SIDA pour la population de 15-49 ans est estimé à 1,3% (EDS-IV) contre 1,7 pour l’EDS III.
Malgré ces progrès, la situation sanitaire de la population malienne reste préoccupante, comme le montrent le fait que près d’un enfant sur cinq n’atteint pas l’âge de cinq ans. La charge morbide liée au paludisme, à la malnutrition et à la tuberculose reste très importante. La fécondité reste élevée à 6,6 enfants par femme, liée à un taux de prévalence contraceptive plus ou moins stagnant à 6%. Les IST et le VIH/SIDA font toujours planer une menace sur la santé de la population, surtout des jeunes et des groupes à risque.

Forces:

  • Utilisation des informations agrégées pour la prise de décision, la rétro information;
  • Utilisation des Outils du PRODESS (P.O, R.A, Bilan C, audit, mission conjointe) pour la tenue des organes de gestion et de suivi évaluation du PRODESS avec une planification à la base,
  • Harmonisation des actions sanitaires avec le PDES et le CSCRP,
  • COMPACT (processus participatif et transparent) avec rédévabilité mutuelle et renforcement du leadership,
  • Le PRODESS a permis de réaliser des succès.

Faiblesses:

  • Difficultés de coordination globale du SNIS;
  • Insuffisance de ressources humaines qualifiées;
  • Faible capacité technique des associations de santé communautaire, la faible motivation des membres des ASACO et des relais communautaires liée à leur statut de bénévole ;
  • Insuffisance dans l’intégration du secteur privé dans le système de santé (conventionnement, formation, supervision, suivi, prévention, contrôle de qualité, système d’information sanitaire, contrat de performance, etc.) ;
  • Forte verticalité des interventions financées par certains PTF (approche projet et programmes ciblés) ;
  • Insuffisance dans la mise en œuvre des stratégies alternatives de financement de la santé (notamment les mutuelles de santé qui contribuent à l’accessibilité financière aux soins).

Recommandations:

  • Le recours à une approche systémique de l’action sanitaire, qui fera de la pleine fonctionnalité et des performances du système de santé la condition sine qua non de succès des programmes de santé publique,
  • La prise en compte à tous les niveaux des dimensions économiques et financières de la mise en œuvre du plan,
  • L’intégration des réformes des soins de santé primaires (SSP), qui reflètent la convergence entre les conditions permettant de relever efficacement les défis du monde d’aujourd’hui dans le domaine de la santé, les valeurs d’équité, de solidarité et de justice sociale.
  • Les réformes de la couverture universelle pour améliorer l’équité en santé ;
  • Les réformes des prestations de services pour mettre l’individu au centre des systèmes de santé, en renforçant la place du district sanitaire;
  • Les réformes des politiques publiques pour promouvoir et protéger la santé des communautés ;
  • Les réformes du leadership en vue d’accroitre l’appropriation nationale.

Il est nécessaire de mettre en exergue quelques points importants et des faiblesses auxquelles le Gouvernement du Mali doit prêter plus d’attention en vue d’améliorer l’efficacité de l’allocation des ressources dans le secteur:

  • Premièrement, il est impératif d’améliorer la vélocité et la réactivité du Trésor Public Malien quant au déblocage de fonds pour le Ministère de la Santé, tant au niveau central que régional. Les retards de déblocage de fonds nuisent à la (bonne) mise en place des programmes du Ministère.
  • Deuxièmement, le Ministère de la Santé doit jouer le rôle de leadership et de coordination qui est le sien. Il doit veiller à ce que toutes actions sanitaires de l’ensemble des partenaires soient complémentaires et que leurs actions soient synergétiques. Autrement, il donnera un mauvais signal et le feu vert aux partenaires désirant travailler en dehors des priorités nationales (PRODESS). Le Ministère et ses partenaires se doivent d’effecteur un mapping de tout ce qui se fait en matière de santé, de développement du système de santé et dans tous les autres domaines sanitaires afin de les aider à améliorer leur synergie.
  • Troisièmement, le Gouvernement Malien, avec l’assistance de ses PTF, doit mener une étude sur l’Espace Fiscal pour le Secteur de la Santé en vue de quantifier ses possibilités quant au couvrement d’une partie du gap financier du Compact et de s’approcher ainsi de l’engagement pris lors de la signature de la déclaration d’Abuja.
  • Toutefois, en partant du principe que le budget de l’Etat n’est point extensible et aménageable à l’infini, il serait judicieux que les PTF supportent le Mali pour combler totalement le gap de financement de la mise en œuvre du compact. Un effort complémentaire et conjoint du Gouvernement et des PTF permettrait de mettre en œuvre la quasi-totalité des actions du PRODESS. Ce qui constituerait un grand pas vers la réalisation des OMD et l’amélioration substantielle de la santé de la population malienne.