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Analytical summary - Food safety and nutrition

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En Mauritanie, les aléas climatiques, les cycles répétés de sécheresses, les attaques acridiens et la dégradation des ressources naturelles affectent structurellement et profondément les capacités de production des populations.

La production céréalière n’arrive pas à satisfaire les besoins alimentaires des populations, le pays devant importer près de 70% de ses besoins en produits alimentaires.

Dans les zones rurale 21% de la population se trouve dans une situation d’insécurité alimentaire ; en milieu périurbain, la situation est relativement meilleure avec une prévalence d’insécurité alimentaire de 3.4%[1]. La satisfaction des besoins en nourriture est précaire, avec près du tiers (32,7%) de la population déclarant avoir souvent ou toujours des difficultés à satisfaire leurs besoins en nourriture[2].

La principale contrainte pour la sécurité alimentaire réside dans l’insuffisance des terres arables, leur sous-utilisation et la faible évolution de l’irrigation. Ainsi, sur une surface totale de 1 030 700 km², le pays ne compte que 488 000 ha de terres arables dont une faible partie est exploitée pour la production céréalière, selon le profil de sécurité alimentaire établi en avril 2008 par la FAO.

Toujours selon la FAO, le potentiel en terres irrigables était estimé à 221 000 ha et que la superficie aménagée, sur les 30 dernières années, ne représentait que 49 000 ha, soit 21,4% des terres irrigables. Les superficies irriguées cultivées fluctuaient entre 15 et 20 000 ha selon les années.

La faible productivité du secteur rural, du fait de la précarité des conditions d’exploitation, la baisse continue de la pluviométrie et de son irrégularité (de 30 à 40 % sur la période 1960-2007) selon une étude récente sur l’impact des changements climatiques en Mauritanie[3] et de la fréquence des catastrophes naturelles (invasions acridiennes, intempéries, inondations, …), a, également, une influence sur la sécurité alimentaire.

Le faible impact de l’investissement public dans le secteur rural, malgré son fort taux d’exécution financière et la faiblesse de la coordination au niveau gouvernemental qui se traduit par un chevauchement de compétences entre les différents intervenants, et l’irrégularité de la production agricole, notamment céréalière, conduisent à une dépendance structurelle à l’égard des importations de céréales et de l’aide alimentaire[4].

Les populations rurales, généralement pauvres, consomment pour l’essentiel de leur nutrition des produits locaux. Le manque de revenus monétaires ne leur permet pas d’accéder au marché céréalier quand leur autoconsommation est insuffisante.

Concernant les ressources halieutiques, le potentiel de pélagiques pouvant être débarqué se situe entre 700.000 et 1 million de tonnes. Alors que la pêche actuelle est de l’ordre de 600.000 tonnes dont, seulement 80 000 sont ramenées à terre, correspondant à la pêche artisanale[5]. Cette filière n'arrive pas encore à s'intégrer, comme il se devait, aux circuits commerciaux nationaux.

Ceci se répercute sur son degré d'impact en termes de sécurité alimentaire au niveau ménage avec un taux de consommation national de poisson, per capita annuelle, de 8,26 kg, très faible par rapport aux potentialités. Ceci peut s'expliquer par le fait qu'une grande partie de la population (surtout les régions du nord et de l'est) ne consomme presque pas de poisson[6].

L’impact direct de la crise alimentaire et énergétique de 2007- 2008, de la crise financière qui persiste depuis 2008 et de la crise du réchauffement climatique, sur l’évolution du taux de la population mauritanienne qui souffre de la faim, est difficilement mesurable.

Cependant, l’accentuation de la précarité de la situation alimentaire du pays explique, en partie, l’accroissement du taux de prévalence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans, constaté entre 2004 et 2008 et l’augmentation sensible, sur la même période, de la proportion des ménages ayant des difficultés chroniques pour satisfaire leurs besoins alimentaires.

En Mauritanie, l’apparition de maladies infectieuses et parasitaires, en particulier, les diarrhées et les infections respiratoires aigües, chez les enfants de moins de 5 ans est favorisée par une augmentation de la prévalence des pathologies nutritionnelles.

Ainsi, 26,7% et 4,1% des enfants de moins de 5 ans souffrent respectivement de malnutrition modérée ou de malnutrition sévère[7], 40 à 67% des femmes enceintes sont porteuses d’anémie[8] et 30,9% de la population ont des troubles dus à une carence en iode.

L’allaitement exclusif jusqu'à six mois est pratiqué par 34,7% des femmes[7] et la proportion des faibles poids à la naissance est estimée entre 5% et 12%. Une enquête menée à Nouakchott, en mars 2010, fixe cette proportion à 8,3%[9].

Selon le Rapport d’Etat sur le Système Educatif National (RESEN) de 2006, les parents d'élèves du cycle primaire affirment que 18% des abandons scolaires sont liés à l’absence d’une cantine. Quatrième axe stratégique de la Politique nationale de développement de la nutrition (PNDN), l’alimentation scolaire encourage la présence des enfants à l’école et contribue à améliorer l’état nutritionnel des enfants pauvres, en corrigeant les déficiences en micronutriments et en combattant certaines maladies liées aux parasites intestinaux ou aux déficiences en vitamine A. Elle est, également, utilisée comme un vecteur encourageant le développement d’activités à travers l’école telles que l’éducation environnementale, sanitaire et l’hygiène.

Dans la perspective de l’atteinte du premier OMD qui vise à réduire l’extrême pauvreté et la faim, par la réduction de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans d’ici 2015, et dans le cadre de la mise en œuvre du processus pilote REACH, le gouvernement mauritanien, ses partenaires du Système des Nations Unies (UNICEF, FAO, PAM, OMS) et le Fonds pour l’atteinte des OMD, ont souscrit à un programme conjoint de 3 ans pour « l’accélération de la lutte contre la faim et la malnutrition des enfants dans le Sud Est Mauritanien ». Ce programme a démarré en aout 2009.


References

  1. CSA/PAM (2009) Enquête sur la sécurité alimentaire des ménages en Mauritanie (ESAM)
  2. ONS (2009) Profil de la pauvreté de la Mauritanie 2008
  3. Etude rétrospective stratégique « Changements climatiques », rapport provisoire, juin 2008 Projet « Mauritanie Vision 2030 » Etude Nationale des Perspectives à Long Terme (ENPLT), Ministère de l’économie et des finances
  4. Rapport OMD 2010 Mauritanie
  5. POLITIQUE NATIONALE POUR LE DEVELOPPEMENT DE LA NUTRITION 2005 - 2015
  6. PND Nutrition
  7. 7.0 7.1 Enquête SMART Juillet 2010
  8. Enquêtes Anémie, 2000 et 2004
  9. PNDS 2012-2020/Analyse situation