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Analytical summary - Social determinants

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La population mauritanienne est estimée à 3.250.000 habitants en 2009 dont 50,5% de femmes[1]. La population est jeune avec 43% de moins de 15 ans, 51% de moins de 19 ans et 16% moins de 5 ans, a un taux de croissance de 2,4% et une espérance de vie à la naissance de 57,5 ans. Les taux de mortalité infantile et maternelle restent élevés à 122 pour 1,000 et 686 pour 100,000 naissances vivantes respectivement en 2007[2].

Avec environ 3 habitants au km², la densité de la population en Mauritanie est l’une des plus faibles au monde. La population s’est fortement urbanisée aux cours de ces dernières années : 50,1 % en 2006 contre 9,1% en 2000, avec une population actuellement concentrée dans la capitale Nouakchott (25%) et le long du fleuve Sénégal.

Cette urbanisation rapide s’est traduite par une forte pression sur les services sociaux, la dégradation des conditions de vie des ménages et l’éclatement des structures traditionnelles d’entraide et de protection. La sédentarisation massive des populations nomades (représentant 60% de la population en 1965 contre 5.1% en 2000) est l’une des autres mutations sociales profondes qui a marqué la société mauritanienne d’aujourd’hui.

La scolarisation des enfants a connu une amélioration ces dernières années, avec un taux brut de scolarisation (TBS) au niveau de l’enseignement fondamental de 90,9% (EPCV 2008) enregistrant un progrès de 14,3 points par rapport à l’EPCV 2004 (76,6 %). Cependant, ce taux est de 79,6 % en milieu rural et de 108,5 % en milieu urbain. L’analyse par genre montre que le TBS des filles au niveau national est passé de 79% en 2004 à 93,5% en 2008, dépassant de 5,1 points le taux chez les garçons.

Au niveau de l’enseignement secondaire le TBS est demeuré pratiquement stable au cours des quatre dernières années passant de 29,6 % en 2004 à 30,5 % en 2008. Il est légèrement plus élevé chez les garçons 32,7 % que chez les filles 28,4 %.

Le taux d’alphabétisation parmi les adultes âgés de 15 ans ou plus, s’élève à 61,5 %. Ce taux cache des disparités selon le sexe, car, il est de 70,3% pour les hommes contre 54,4% pour les femmes, et le milieu de résidence, 73,3% en milieu urbain contre 50,3% en milieu rural, ainsi que le niveau de pauvreté du ménage, 70,6% chez les non pauvres contre 46% chez les pauvres.

Dans le domaine de l’emploi, le taux d’activité pour la tranche d’âge 15 à 65 ans s’élève à 52,2% contre 59,2% en 2004. Ce taux varie selon le sexe ; il est de 74,6% pour les hommes contre 34,4% pour les femmes. Le niveau global du chômage est estimé en 2008 à 31,2%, légèrement plus faible que celui estimé en 2004 (32,5%), et affectant largement les jeunes.

La structure des dépenses de santé indique que l’achat de médicaments constitue la principale rubrique avec 44,1%, suivi par les frais de transport (25,5%). Le pourcentage élevé consacré à l’achat de médicament cache des disparités entre les pauvres qui lui dédient 47,4% et les non pauvres (43,5%), entre les milieux de résidence, 50% en milieu rural contre 39,6% en milieu urbain.

Les types de logement usités par les ménages en 2008 sont classés en 2 grands groupes : les habitats précaires (tente, case/hutte, baraque et m’bar) occupés globalement par 32,5% des ménages et les habitats de types maison occupés par les autres (67,5%). Les logements de type maison sont concentrés en milieu urbain à raison de 84,9%, plus qu’en milieu rural (54,6%). Quant aux habitats précaires, ils sont plutôt plus concentrés en milieu rural, exception faite du type « baraque » plus concentré en milieu urbain (5,5%) qu’en milieu rural (0,6%).

L’accès à l’eau potable et à un système d’assainissement revêt une importance capitale pour la santé publique et pour la dignité de l’être humain. L’offre en infrastructures reste encore limitée au niveau national avec 45,7% des ménages ne disposant pas de toilettes dans leur logement ; ce pourcentage s’élève à 68,7% en milieu rural. Plus de deux tiers des ménages pauvres (67,4%) ne disposent pas de toilettes contre 34% chez les ménages non pauvres.

Pour l’accès à l’eau potable, 62% des ménages y ont accès contre 52% en 2004. Mais il reste des écarts énormes entre les ménages les plus pauvres et ceux les moins pauvres pour l’accès à l’eau potable, respectivement de 30% et 87%. Les principales sources d’approvisionnement en eau des populations sont les puits sans pompe (30%), les revendeurs (24,4%) et des robinets intérieurs (21%).

Parmi les services sociaux de base, en 2008, 51% des ménages au niveau national utilisent la torche comme mode d’éclairage, et 30,6% utilisent l’électricité. En milieu rural, 80% des ménages utilisent la torche tandis qu’en milieu urbain, plus de 70% des ménages utilisent l’électricité.

L’un des points faibles du secteur de la santé se trouve dans sa gouvernance, en particulier, dans le cadre organisationnel de son administration, fixé par un décret du Premier Ministre. Ce texte fondamental fixe les attributions du Ministre de la Santé et les conditions d’organisation de son administration centrale, et définit les modalités de gestion et de suivi des structures administratives.

L’organigramme du ministère de la santé a été en perpétuel changement au cours des dernières décennies. Ils ont tous, malheureusement, présenté les même faiblesses, dans leur procédure d’élaboration qui ne comprend pas une analyse organisationnelle, dans les attributions aux organes, qui ne sont pas suffisamment claires et deviennent une source de conflits de compétences, et dans leur souci de plus exposer les relations hiérarchiques entre les différentes entités plutôt que définir les relations fonctionnelles, évitant ainsi, l’instauration d’une bureaucratie pesante.

Les efforts de restructuration de l’organigramme devraient, plutôt, se concentrer sur la concrétisation de la politique sanitaire en matière de décentralisation, rendant plus forte l’implication et la responsabilisation de la communauté et consolidant les Organes de Gouvernance du secteur. Les Conseils de Développement Socio-Sanitaire seraient soutenus afin de garantir aux populations une accessibilité aux services essentiels et à des prestations de soins de qualité, de même que les conseils d’administration auront une autorité plus affermie.

References

  1. Projection de l’ONS sur base des données du RGPH en 2000
  2. ONS (2008) Enquête par grappes à indicateurs multiples 2007