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Informations, recherche, bases factuelles et connaissances sanitaires

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Data are crucial in improving health.[1] The ultimate objective of collecting data is to inform health programme planning as well as policy-making and, ultimately, global health outcomes and equity. A well-functioning health information system empowers decision-makers to manage and lead more effectively by providing useful evidence at the lowest possible cost.

A health information system has been aptly described as "an integrated effort to collect, process, report and use health information and knowledge to influence policy-making, programme action and research". It consists of:

  • inputs (resources)
  • processes (selection of indicators and data sources; data collection and management)
  • outputs (information products and information dissemination and use).

The role of a health information system is to generate, analyse and disseminate sound data for public health decision-making in a timely manner. Data have no value in themselves. The ultimate objective of a health information system is to inform action in the health sector. Performance of such a system should therefore be measured not only on the basis of the quality of the data produced, but also on evidence of the continued use of these data for improving health systems' operations and health status.

The health information system[2]

The availability and use of information enables:

  • improved definition of a population
  • recognition of problems
  • setting of priorities in the research agenda
  • identification of effective and efficient interventions
  • determination of potential impact (prediction)
  • planning and resource allocation
  • monitoring of performance or progress
  • evaluation of outcomes after interventions
  • continuity in medical and health care
  • healthy behaviour in individuals and groups.

It also empowers citizens by enabling their participation in health care, policy and decision processes; and empowers countries and international partners by enabling better transparency and accountability through use of objective and verifiable processes.

Health knowledge gaps are where essential answers on how to improve the health of the people in Lesotho are missing. This is an issue related to the acquisition or generation of health information and research evidence. The “know-do gap” is the failure to apply all existing knowledge to improve people’s health. This is related to the issue of sharing and translation of health information, research evidence, or knowledge. Although there are major structural constraints, the key to narrowing the knowledge gap and sustaining health and development gains is a long-term commitment to strengthen national health information systems.


Cette section sur les Informations, recherche, bases factuelles et connaissances sanitaires est structurée comme suit:

Contents

Résumé d'orientation

Les données démographiques de base en Mauritanie, sur lesquelles l’estimation des tailles et la définition des caractéristiques des groupes sont faites, souffrent de l’imprécision des estimations projetées du recensement général de la population et de l’habitat mené en 2000. Avec plus de dix ans, ces projections deviennent très imprécises, d’où la non fiabilité des programmations et les biais dans l’estimation des niveaux actuels de la performance du secteur.

Par ailleurs, au sein même du Ministère de la santé et malgré l’existence d’outils plus ou moins fonctionnels (SNIS, base de données des RHS, système de suivi des infrastructures et équipements, …), les informations de base nécessaires à toute planification ne sont pas toujours disponibles, puis leur fiabilité ne fait, surtout pas l’unanimité.

Enfin, le Département ne dispose pas d’informations précises sur le secteur privé. En effet, le nombre de structures, leur répartition et leur niveau et types d’activités ne sont pas connus. Il n’existe pas d’outil de transmission de telles données et le suivi de ce sous-secteur est très faible.

Le système national d’information sanitaire a été mis en place en 1990. Depuis, le SNIS a enregistré quelques avancées notables, particulièrement, la mise en place d’un système de recueil des données au niveau des PS et CS, l’opérationnalité d’un service régional doté d’une unité d’information avec logiciel pour la saisie et l’analyse de données pour lesquels le personnel a été formé sur la collecte et l’analyse de données, le renforcement d’une structure centrale SNIS, la publication des annuaires statistiques.

Cependant, le SNIS n’arrive toujours pas à rendre disponibles les informations pertinentes et fiables, à tous les niveaux du système de santé.

Cette situation est imputable, notamment, à la non intégration des hôpitaux et du secteur privé dans le SNIS, l’insuffisance de formations du personnel sur les outils, la faible complétude promptitude des rapports produits, l’irrégularité de la supervision et les ruptures fréquentes des supports de collecte de données, la surcharge des agents du niveau opérationnel par la multitude des rapports à produire (non intégration), et les données collectées ne sont pas analysées et utilisées par les différents niveaux pour les besoins de planification et de gestion.


Contexte

La République Islamique de Mauritanie est située en Afrique de l’ouest entre le 15è et le 27è degrés de latitude nord et les 5è et 17è degrés de longitude ouest, avec une superficie de 1 030 000 km2. La Mauritanie est limitée au nord-ouest par le Sahara Occidental, au nord-est par l'Algérie, au Sud-est par le Mali, et par le Sénégal au sud-ouest. À l’ouest, le pays est limité par l’Océan Atlantique et ses côtes s’étendent sur près de 600 km. Sur le plan administratif, le pays est subdivisé en 13 wilayas dont Nouakchott, la capitale. Chaque wilaya constitue une circonscription administrative décentralisée qui est placée sous l’autorité d’un Wali qui représente le pouvoir exécutif. La wilaya est subdivisée en Moughataas placée sous l’autorité administrative du Hakem et en arrondissements sous l'autorité administrative d'un chef d'arrondissement. La plus petite unité administrative est la commune. Le nombre de Moughataas est de 54 et celui des communes de 216.

Contexte socio-économique

En dépit des efforts déployés par l’Etat Mauritanien, au cours de ces dernières les principaux indicateurs de la pauvreté monétaire (incidence et sévérité) restent élevés avec d’énormes disparités entre les wilayas. Dans l’ensemble 42,7% de la population mauritanienne vivent en dessous du seuil de pauvreté en 2008 contre 46,7% en 2004 ;

Tableau 1 : Incidence de la pauvreté par wilaya en 2008
Wilaya Incidence Sévérité
Hodh Charghi 59,9 24,1
Hodh Gharbi 47,2 14,4
Assaba 50,3 17,2
Gorgol 66,9 23,7
Brakna 64,6 24,7
Trarza 39,4 12,9
Adrar 48,4 16,0
Nouadhibou 22,1 4,1
Tagant 66,1 26,4
Guidimagha 64,3 24,6
Tiris Zemmour 14,0 3,4
Inchiri 31,1 8,9
Nouakchott 16,3 3,6
Ensemble 42,7 14,64
Source : EPCV 2008, ONS , site www.ons.mr


Le bilan du Cadre Stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP II) montre qu’entre 2006 et 2010, la croissance économique s’est établie en moyenne à 3,7 % hors pétrole et 4 % y compris le pétrole, soit environ la moitié des prévisions, qui portaient sur une croissance de 9,4 % sur la période 2006-2010. Cette situation s’explique par : (i) les faibles résultats enregistrés au niveau de l’exploitation pétrolière, (ii) les crises internationales alimentaires, énergétiques et financières, (iii) les différents changements institutionnels qu’a connus le pays durant cette période. Cependant, il y a lieu de souligner qu’un grand nombre de réalisations ont été accomplies récemment, sur les ressources propres de l’État, particulièrement dans les domaines des infrastructures et des services de base au profit des populations en particulier les plus pauvres.

Le CSLP comprend quatre axes stratégiques dont le troisième vise à « développer les ressources humaines et l’accès aux infrastructures essentielles ». Un des piliers de cet axe est bien entendu le secteur socio-sanitaire pour lequel le CSLP fixe trois objectifs d’impact que sont :

  • Améliorer les indicateurs de mortalité et de morbidité en particulier chez les plus pauvres,
  • Atténuer l’impact de la dépense de santé sur les ménages les plus pauvres,
  • Et renforcer la participation des populations dans la gestion de leur santé.

Ces trois objectifs constituent la base des orientations développées dans le cadre de la politique nationale de santé pour la période 2006 – 2015 qui s’articule autour des principales orientations du PNDS :

  • l’Amélioration de l’accès à des prestations sanitaires de qualité :
  • la Lutte contre la Maladie:
  • le Financement adéquat du système de santé,
  • la Mise en ouvre d’une action sociale ciblée,
  • l’Evaluation de la performance du système de santé et le Renforcement de la performance du secteur.

La Mauritanie est classée parmi les pays à revenus faibles par son Produit National Brut. Classée au 154ème rang, parmi les pays les plus pauvres, la Mauritanie, avec un PIB par tête évalué à 286 720,6 UM (environ 1185 US$), voit son classement s’amélioré par la prise en compte des différents facteurs sur le développement humain, pour se positionner au 115ème rang.

L’évolution du budget global du Ministère de la Santé de 2000 à 2005 est indiquée dans le graphique ci-dessous

L’évolution du budget global du Ministère de la Santé de 2000 à 2005 mauritania.png


Environnement propice

Il existe une volonté politique de l’Etat visant à améliorer la santé des populations. Depuis l’indépendance, tous les plans et programmes de développement ont considéré la santé comme partie intégrante des orientations politiques nationales. Les principaux documents politiques et stratégiques élaborés au cours des dernières années (tant au niveau du gouvernement que du secteur de la santé) considèrent la santé comme une priorité nationale et la placent au cœur du développement du pays. Le Gouvernement Mauritanien, à travers la loi d’orientation n°50-2001 du 18 juillet 2001, a défini l’éradication de la pauvreté comme stratégie de base de toutes les politiques publiques d’ici l’horizon 2015. Cette orientation politique du gouvernement est en parfaite cohérence avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement. En matière de politiques et stratégies d’appui à la société de l’information, plusieurs documents ont été élaborés parmi lesquels on peut citer :

  • Politique nationale de santé et d’action social 2006-2015
  • Politique nationale hospitalière
  • Le CSLP III ;
  • Le RGPH 2000
  • Le plan stratégique de développement des ressources humaines
  • Politique nationale de santé : orientations stratégiques
  • Projet de politique pour le développement de la nutrition
  • Plan d’action national de prévention et gestion des risques de catastrophes
  • Etc.


Infrastructures

Les normes établies en matière d’infrastructures définissent trois types en fonction des niveaux:

Au niveau communautaire ou unité de santé de base (USB) les infrastructures sont gérées par les habitants des localités pour répondre aux besoins les plus élémentaires et les plus éminents notamment soulager les douleurs, promouvoir l’hygiène et encadrer les femmes en état de grossesse. Les USB ont été installées dans une partie non négligeable des agglomérations villageoises éloignées des postes et centre de santé ; depuis la moitié des années 90, ces USB ont vu leur nombre et leur importance diminuer. Le nombre actuel selon le dernier rapport d’analyse de la situation des USB en Mauritanie 2008 est estime à 545.

Les USB ne disposent d’aucune infrastructure construite.

Au niveau primaire, les infrastructures se répartissent en deux catégories :

  • Les postes de santé, estimés à 426 postes de santé, sont inégalement repartis entre les wilayas du pays. Ils sont dirigés par des infirmiers. Dans la plupart des structures de santé de ces catégories, l’essentiel des activités se résume aux activités promotionnelles et préventives telles que la vaccination, consultations prénatales, la Planification familiale etc. Les infrastructures sont constituées de bâtiments construits par l’Etat ou par la communauté, comprenant un nombre variant de 3 à 6 pièces.
  • Les centres de santé : il existe 526 centres de santé dont 26 CS de type A (plus de 10 lits d’hospitalisation, un laboratoire, un service de radiologie et un service de chirurgie dentaire) et 26 CS de type B (moins de 10 lits d’hospitalisation dont 4 pour la maternité et un petit laboratoire).
Au niveau secondaire

Le pays compte 2 hôpitaux départementaux au niveau de Boutilimit et de Chinguetti, et 6 HR hôpitaux régionaux (Sélibabi; Aleg; Tidjikdja, Zoueirat, Akjoujt et Atar) et 6 Etablissements Hospitaliers Régionaux qui sont situés dans les chefs-lieux des wilayas (Nema, Aïoun, Kiffa, Kaédi, Rosso, Nouadhibou). Le taux d’occupation moyen de lit est de 39 % et leur capacité fonctionnelle est très variable.

Au niveau tertiaire

Le niveau tertiaire qui constitue le niveau de référence le plus élevé au niveau national est composé de 7 établissements hospitaliers et centres nationaux (CHN, CNC, CNO, CHZ, CHME, hôpital de l’Amitié et CNP). Les infrastructures de ces structures sont des bâtiments construits et équipés par l’Etat ayant une capacité variant entre 60 et 450 lits. .

Tableau 2 : nombre d’infrastructures sanitaires par niveau
Type d’infrastructure Nombre
Unité de santé de base 545
Postes de santé 426
Centres de santé type B 26
Centre de santé type A 26
Hôpitaux départementaux 2
Hôpitaux régionaux 6
Etablissements Hospitaliers Régionaux 7
Etablissements Hospitaliers et centres nationaux 6


Diversité culturelle et linguistique et identité culturelle

Ce qui permet aujourd'hui à la Mauritanie trouver un lien entre ses membres revêt différentes formes. En Mauritanie, il existe une diversité linguistique à travers les quatre langues parlées par les différentes composantes de la population : l’arabe, le pular, le soninké et le wolof. Mais sur le plan identité culturelle il existe un élément commun qui constitue le ciment des différentes communautés ; il s’agit de la religion musulmane pratiquée par tous les mauritaniens sans exception. De nombreuses pratiques sociales, rituels, évènements sont constatés comme étant les éléments spécifiques attribués à la culture mauritanienne. La culture mauritanienne a ses particularités. L'ensemble des déterminants culturels « les pratiques sociales, les événements festifs sont des activités qui structurent la vie des communautés et des groupes en Mauritanie. Ces éléments trouvent leur sens dans le fait qu'ils réaffirment l'identité de ceux qui les pratiquent en tant que groupe ou communauté. Ces caractéristiques sont essentielles car elles offrent un sentiment d'appartenance aux membres d'une communauté.

Prendre en compte les spécificités linguistiques ne signifie pas vouloir diviser les populations. Chaque composante en son sein tire un bénéfice à considérer sa diversité linguistique et culturelle. Néanmoins, les revendications identitaires ne doivent pas prendre le pas sur le sentiment d'appartenance national. L'identité culturelle se fonde autour de la religion, l'histoire, la langue, les institutions politiques et sociales, le système juridique, dans une évolution continue. L'identité culturelle regroupe tout ces points qui unifient les individus dans un passé et des valeurs communs, ainsi qu’une volonté de construire et évoluer ensemble en harmonie.

En fin dans le domaine dans la santé, les connaissances peuvent être créées localement, se référant à des situations et des circonstances locales, ou créées ailleurs et adaptés aux circonstances locales. Il est nécessaire que les connaissances soient disponibles dans des langues comprises par les communautés d'utilisateurs.


Existence de projets multilingues, traduction et adaptation culturelle

La diversité des langues est constitutive de l’Etat mauritanien. La traduction qui permet de concilier l’attachement légitime des citoyens à leur langue avec les impératifs de l’échange contribue à la promouvoir. Celle-ci joue également un rôle stratégique pour le développement du dialogue interculturel, en facilitant l’accès des citoyens mauritaniens aux idées, aux savoirs ainsi qu’aux expressions culturelles et artistiques.

La Mauritanie a déjà développé un certain nombre d’initiatives en faveur de la traduction, notamment dans le cadre des programmes culturels. Ces initiatives restent toutefois éparses, parfois mal connues et, dans une certaine mesure, marginales. Cependant les métiers de la traduction souffrent d’un déficit de connaissance. La Mauritanie pourrait proposer un cadre de référence pour ces métiers, spécifiant les compétences nécessaires et les niveaux de formation qu’ils requièrent.

Un travail de sensibilisation et d’information pourrait être conduit à l’échelle nationale, afin de porter à la connaissance du public scolaire et universitaire le rôle des métiers de la traduction dans un environnement mondialisé. Les conditions d’exercice de ces métiers (statut, formation, validation des compétences, diplômes, normes de qualité…) devraient aussi être mieux connues en Mauritanie.

Les organisateurs de manifestations (conférences, débats, forums etc.) en Mauritanie doivent être sensibilisés à l’intérêt qu’ils ont à solliciter les services d’interprètes de conférence formés et reconnus. Il convient de signaler, à l’heure actuelle, qu’il existe une traduction de tous les documents nationaux importants de l’arabe en français ou du français. Pailleurs, pour ce qui est des autres langues nationales (Pulaar, Ssoninké et Ouolof), il existe un institut des langues chargé de vulgariser l’enseignement de ces langues.


Organisation structurelle de l'information sanitaire

Organisation et gestion

L’information sanitaire est gérée par plusieurs établissements qui produisent et utilisent des données relatives à la santé. Le grand nombre d'acteurs dans le système d'information de santé requiert un leadership et une coordination pour éviter les chevauchements et la duplication des efforts, ainsi que pour assurer la collecte et l'utilisation efficaces des données. Il est essentiel de souligner que le système d'information sanitaire dans les pays a donc besoin d'une politique et un environnement institutionnel, avec des rôles et responsabilités clairement définis pour les différents secteurs et intervenants. La diffusion d'informations sanitaires doit être assurée par les institutions centrales constituées du Ministère de la santé et l’Office national de la statistique même si le secteur privé, les organisations de la société civile, les institutions académiques, les donateurs et agences de l'ONU vont également jouer un rôle important dans la création et la diffusion d'informations sanitaires. En raison de la faiblesse du mécanisme national de coordination en Mauritanie, une stratégie nationale pour le développement de la statistique (SNDS) a été adoptée pour combler les insuffisances en matière d’organisation structurelle et accroitre ainsi les capacités statistiques de structures ayant en charge de collecter, compiler et analyser les données.

Cependant, il existe des difficultés majeures en matière d’organisation et de gestion de l’information sanitaire. Ces difficultés sont liées à la pénurie de personnel ayant une formation appropriée et des compétences dans les méthodes statistiques et les disciplines de la santé publique. En plus, il ya la difficulté de retenir le personnel formé dans le secteur public, en raison de la faible rémunération et les niveaux de récompense par rapport au secteur privé (y compris le système des Nations Unies).


Présentation générale des flux d'information

Une étape cruciale dans l'amélioration des flux d'information est de lier le système d’information sanitaire au système national de la statistique par ce que la santé est une question intersectorielle large, et des aspects de grande importance pour le système de santé, telles que l'enregistrement de l'état civil, est géré par d'autres institutions étatiques. En outre c’est le système national de la statistique qui fournit au système d’information sanitaire les informations pour la planification du développement national.

La présentation générale des flux d’information est établie en cascades. A la base se trouve les unités primaires où est faite la collecte des données de routine à travers les outils du système national d’information sanitaire (SNIS). Ce système ne permet pas d’assurer a complétude des données car il ne prend pas en compte les Etablissements hospitaliers (nationaux et régionaux) et le secteur privé.

Systeme mauritania.PNG


Cadre réglementaire particulier

Bien que les normes et réglementations soient la clé pour des progrès durables dans la gestion des connaissances, surtout en matière de la télémédecine, il n’existe pas actuellement de cadre réglementaire particulier, en Mauritanie. Un cadre réglementaire adapté aux besoins nationaux à partir des meilleures pratiques internationales s’avère nécessaire.


Sources et génération de données

Recensements

Le recensement de la population et de l’habitat constitue la principale source d’information du pays. C’est une opération de grande envergure qui est normalement réalisée par l’Office nationale de la statistique (ONS) tous les 10 ans. La première opération de recensement a été exécutée en 1977. Deux autres recensements ont été réalisés en 1988 et en 2000.

Sur la base du recensement général de la population réalisé en 2000-2001, la population totale actualisée de la Mauritanie est estimée en 2010 à 3 340 627 habitants (ONS), avec un taux de croissance de 2,4%. Les femmes représentent environ 51% de la population. La population sédentaire est estimée à 95,2% alors que celle des nomades ne représente plus que 4,8%. Moins de la moitié (46%) de cette population vie en milieu rural. La densité de population est de 2.4 habitants au Km. La population est jeune, avec 44% de moins de 15 ans (dont 31,7% de 0-8 ans) et seulement 6% de plus de 60 ans.

La population mauritanienne est très inégalement répartie sur le territoire. Près de 27% de la population total vit dans la capitale Nouakchott. Six autres wilayas (régions) regroupent chacune près de 10%, il s’agit de Hodh Charghi, Hodh Gharbi, Assaba, Gorgol, Brakna et Trarza. A l’inverse les wilayas de l’Adrar, Tagant, Tiris Zemmour et surtout l’Inchiri sont très peu peuplés car correspondant aux régions les plus désertiques. L’Inchiri présente une particularité qui est celle de se dépeupler, -13,6% entre 2000 et 2008 alors que dans le même temps Nouakchott ou Nouadhibou ont vu leurs populations augmentées de près de 50%.

Evolution démographique par wilaya entre 2000 et 2008

Evolution démographique par wilaya entre 2000 et 2008 mauritania.png
Sources : projections démographiques 2001-2015/ONS


Systèmes de statistiques de l'état civil et démographiques

Le système de statistique de l’état civil est peu fonctionnel pour ne pas dire embryonnaire. L’avènement des municipalités a toutefois renforcé ce système qui bientôt avec l’opération d’enrôlement des populations à travers un système biométrique devrait permettre à la Mauritanie, non seulement de sécuriser son état civil mais également de passer à une vitesse supérieure pour un meilleurs suivi de l’état civil en ce qui concerne la migration et l’immigration. Toutefois le système d’enregistrement des naissances et des décès est encore faible en raison de l’analphabétisme d’une bonne fraction de la population, surtout en milieu rural.


Enquêtes de santé

Les enquêtes de santé sont réalisées en fonction des programmes spécifiques et fournissent des informations utiles pour la planification et le suivi des activités. Les principales enquêtes de santé sont :

  1. EDS, réalisée par l’Office national de la statistique réalisée en 2000
  2. MICS réalisée par l’Office national de la statistique réalisée en 2007 et en 2011
  3. MIS, réalisée par l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal en 2009 et en 2011
  4. SMART par le Ministère de la Santé avec l’appui de l’UNICEF , réalisée chaque année depuis 2006.


Systèmes de surveillance

La rapidité et la pertinence des décisions sanitaires prises dépendent de la fiabilité du système de surveillance. Assurer efficacement la détection et le suivi des menaces sanitaires constitue donc un préalable à toute lutte efficace. L’objectif général de la stratégie du système de surveillance est de fournir à temps des bases rationnelles devant servir aux prises de décisions et au choix des interventions de santé publique pour une lutte efficace contre les maladies transmissibles.

Son but est d’améliorer l’aptitude des circonscriptions sanitaires des moughataas à détecter et à répondre aux maladies et affections provoquant des taux élevés de mortalité, de morbidité et d’incapacité dans leur zone de desserte.

A cet égard, la surveillance intégrée de la maladie cherche à:

  • Renforcer la capacité du système de santé à mener des activités de surveillance efficaces;
  • Intégrer plusieurs systèmes de surveillance pour que les divers formulaires, le personnel et les ressources puissent être utilisés plus efficacement;
  • Améliorer l’utilisation d’informations utiles aux décideurs;
  • Faciliter la circulation des informations de surveillance entre les différents échelons du système de santé et à chacun de ces niveaux;
  • Renforcer la capacité et le rôle des laboratoires dans l’identification des agents pathogènes et la surveillance de leur sensibilité aux médicaments ;
  • Impliquer davantage les personnels des laboratoires dans le système et les activités de surveillance ;
  • Promouvoir la participation des cliniciens dans le système de surveillance;
  • Promouvoir la participation de la communauté dans la détection et la riposte aux problèmes de santé publique.


Documentation systématique sur les données contextuelles et qualitatives

Un bon système de santé a besoins d’un certain nombre d'indicateurs socio-économiques qui constituent des déterminants de la santé. En effet les données relatives aux domaines tels que l'éducation, la télécommunication, la démographie etc. sont nécessaires pour le système d'information sanitaire et de gestion et la recherche. Les informations relatives à ces différents domaines doivent être utilisées et présentées dans un format qui permet la comparaison dans le temps et dans l’espace tant au plan national qu’international.

Pour ce faire, la prise en compte des données issues de l’annuaire statistique produit chaque année par l’ONS, de l’annuaire des statistiques de l’éducation, des enquêtes ponctuelles etc., devrait permettre au système de santé de disposer de suffisamment de données qui constituent les dénominateurs de la plupart des indicateurs en santé.


Recherche pour la santé

La recherche pour la santé constitue est une source des informations, fournissant des données indispensables qui permettent d’apprécier l'état de santé d’une population. En Mauritanie, comme dans bon nombre de pays en développement, la recherche basée sur la population et le suivi et l'évaluation de la situation et des tendances sanitaires demeure faible. En plus l'utilisation rationnelle des résultats de la recherche en santé est aussi faible en raison des obstacles liés à la diffusion des résultats de recherches.


Gestion des données

Collecte des données

La collecte des données sanitaires est réalisée à plusieurs niveaux suivant les procédures du SNIS. la DPCIS mets à la disposition des DRAS et des hôpitaux des outils de collecte standardisés. Chaque poste et centre de santé à le devoir de remplir les outils mensuellement et les acheminer à la DRAS qui dispose d’un service régional du SNIS. Le SNIS régional après compilation des données pour l’exploitation locale, transmet trimestriellement son rapport d’activités à la DPCIS qui assure la gestion globale des données sanitaires en produisant des agrégats dans l’annuaire sanitaire statistique du département de la Santé.

La gestion des données comprend un ensemble de procédures pour la collecte, le stockage, l'analyse et la diffusion de données. La compilation des données sanitaires et le stockage est assurée par le ministère de la santé et l’Office national de la statistique. L'existence de données n'est utile que si elles sont soutenues par une politique solide de gestion de données à travers un système performant. Cependant en Mauritanie, les données sanitaires générées par le Ministère de la Santé ne sont pas suffisamment connues par l'administration centrale des statistiques qui est l’ONS. Il y lieu de penser à mettre en place une approche saine gestion à travers une bonne organisation de stockage de données avec une structure bien conçue logique incluant les permis d'extraction de données et d'analyse complet.

Actuellement les données sont gérées à plusieurs niveaux, et chacun utilise des méthodes et des approches différentes sans procédures claires pour le stockage, l'analyse et la diffusion des données. Cela complique davantage la gestion des données. En effet le Ministère de la santé fait la collecte des données à travers son système, utilisant les rapports administratifs des niveaux opérationnels, tandis l’office national de la statistique collecte des données au niveau des ménages. Les différences dans les sources et les méthodes font que les données obtenues à partir des dossiers administratifs et des données d'enquêtes ne sont pas directement comparables.

Il s’avère alors nécessaire d’harmoniser et d’optimiser les outils de collecte et de traitement des données dans les structures de santé pour faciliter l’exploitation.


Compilation, stockage et gestion des données

La compilation et le stockage et gestion des données sanitaires est assurée par la DPCIS à travers le système d’Information sanitaire. Cette Direction qui centralise les données envoyées par les directions régionales de la santé et les hôpitaux assure la saisie, le traitement l’analyse et la diffusion des données nationales relatives à la santé. Jusqu’en 2005 la DPCIS publie annuellement un annuaire de statistiques sanitaires accessible aux utilisateurs.

Il existe au niveau de la DPCIS un progiciel spécifique de traitement des données qui permet de gérer la base de données sanitaire. Ce logiciel appelé Maurisis a été mis en place en 2005 et révisé en 2009 pour intégrer un module pour la nutrition.


Partage et accès aux données

Les données sanitaires publiées par le Ministère de la Santé à travers la DPCIS sont accessibles à tous les utilisateurs puisqu’elles sont cosignées dans l’annuaire de statistiques sanitaires qui fait l’objet d’une large distribution. Par contre les données spécifiques détenues par certaines structures ont un accès réduit du fait de la rétention de l’information. Ces données sont généralement issues de la gestion de routines de certaines maladies ou des enquêtes commanditées par des programmes spécifiques avec l’appui des partenaires au développement.

L'accès public aux données sur la santé est essentiel pour assurer la responsabilisation et la transparence. Le partage des données agrégées, par exemple sur les niveaux de vaccination ou la prévalence d'une maladie spécifique, est un moyen de faciliter la préparation de statistiques fiables pour une utilisation dans le plaidoyer, l'éducation sanitaire et la sensibilisation du public ainsi que pour la politique et l'action. L'archivage des données est également essentiel pour assurer l'accès du public et la continuité de l'information.


Qualité et analyse des données

L’analyse des données est effectuée à plusieurs niveaux. Au niveau central les services, effectuent des analyses pour la réorientation des plans d’action pour le suivi général des politiques stratégies développées. Au niveau opérationnel c’est seulement la DRAS qui effectue une analyse des données pour le suivi des activités des formations sanitaires et d’autre part pour le suivi des indicateurs de performances au niveau de la région et des différents Moughataas. Il est noter que rares sont les structures de santé de première ligne qui savent faire l’analyse des données pour le suivi de leur performances au niveau local.

S’agissant de la qualité des données des insuffisances ont été constatées au niveau de la complétude de ces données. En effet beaucoup de structures sanitaires ne fournissent pas leurs rapports mensuels et les statistiques produites ne portent pas sur l’ensemble des rapports des formations sanitaires u pays.


Méthodes d'estimation

Les méthodes d’estimation jusque là utilisées dans le domaine de la santé reposent pour la plupart sur les données démographiques. En effet les activités des différents programmes de santés ont pour cibles les populations bénéficiaires, il est donc normale que les méthodes d’estimation soient basées sur ces populations. C’est pourquoi les différents indicateurs calculés prennent pour dénominateurs la population cible de chaque indicateur. Il est essentiel de souligner que la qualité des données est un sujet de préoccupation qui fait partie de la chaine du traitement des données. En Mauritanie comme dans bon nombre de pays en développement, la mauvaise qualité des données constitue un facteur majeur affectant l'utilité des données qui sont très utiles pour une prise de décisions locales et nationales. Les méthodes d’estimation qui font partie intégrante de l'analyse des données constituent une fonction essentielle des systèmes d'information de santé. Cependant force est de constater que le pays manquent souvent des capacités d'analyse en raison des limites des compétences du personnel ayant en charge ces activité à tous les niveaux du système de santé.


Statistiques

Il est important pour une politique publique rationnelle, notamment en matière de santé, de pouvoir disposer de statistiques exactes concernant les évènements démographiques de base. Malheureusement, En Mauritanie comme dans la plupart des pays les plus démunis de la planète, les données relatives à la mortalité et de morbidité sont quelquefois peu fiables.

Les statistiques sanitaires produites au niveau du pays sont de deux catégories:

La première catégorie concerne les données issues de la gestion de routine des services de santé. Ces données sont obtenues dans les rapports d’activités des DRAS, dans l’annuaire statistique de la DPCIS.

La deuxième catégorie a trait aux données issues des enquêtes de santé qu’elles soient d’envergure nationale (telles que l’EDS, MICS, EPCV etc.) ou d’enquêtes spécifiques liées à un programme ou projet quelconque.


Accès à l'information sanitaire mondiale existante, bases factuelles et connaissances

Disponibilité et utilisation d'index de la littérature locale, non rédigée en anglais et inédite

Il ya une richesse d'informations potentiellement disponibles dans les rapports, études et autres documents couvrant le travail effectué par les institutions locales (y compris les ONG) et les agences internationales. Mais l’accès aux résultats globaux existants est jugé faible. Ce faible accès est lié à plusieurs facteurs dont entre autres :

  • Le manque de connaissance sur l'existence ou la localisation des informations spécifiques,
  • L'incapacité de les récupérer en raison de lacunes technologiques.
  • Certaines informations sont inaccessibles à certains utilisateurs car elles ne sont disponibles que dans une langue inconnue par plusieurs utilisateurs
  • L’absence de réglementation du droit d'auteur et les coûts sont aussi des facteurs qui limitent le plein accès et l'utilisation des informations de santé globale existant.

Pour remédier à cela il est nécessaire d'encourager les auteurs à publier dans leurs journaux nationaux ou régionaux et par conséquent faciliter la circulation de l'information. Beaucoup d'informations précieuses ne sont jamais publiées. Cela explique en grande partie la non indexation des documents.


Disponibilité et utilisation de moteurs de recherche, plateformes de réseautage

Les informations fournies par le Ministère de la santé, ainsi que les documents imprimés et de publications constituent la source principale de toutes les connaissances des pourvoyeurs de services cliniques. Les données des essais cliniques et l'examen systématique ne sont pas régulièrement utilisés. Le coût de l'abonnement des revues restreint l'accès à l'information mondiale. Cela est lié au fait que la plupart des établissements de santé ne disposent pas de ressources nécessaires destinées à cette fin.

Toutefois il existe des sites Web dans la plupart des institutions de l’Etat qui permettent de rechercher des documents et des informations clés. Se sont entre autres le site du Ministère de la santé, le site l’ONS, le site du Ministère de l’Education, le site des nations unies en Mauritanie etc.


Disponibilité et utilisation de revues d'accès libre

Certes le Ministère de la santé constitue la principale source de tous les types de connaissances utilisées par les prestataires de services cliniques, la rareté des bibliothèques, des centres d'information, des ressources d'information et les ordinateurs, les connexions Internet sont rares font que la disponibilité et l’utilisation des revues d’accès libre est assez faible à l’heure actuelle. Le groupe le plus susceptible d'utiliser les dossiers médicaux électroniques est essentiellement celui des médecins, bien que seulement une proportion importante de ce groupe n’a pas systématiquement accès aux ordinateurs. La majorité des prestataires de services cliniques n’utilise que les documents imprimés et de publications.


Accès à des publications protégées par droits d'auteur

Certes le Ministère de la santé constitue la principale source de tous les types de connaissances utilisées par les prestataires de services cliniques, la rareté des bibliothèques, des centres d'information, des ressources d'information et les ordinateurs, les connexions Internet sont rares font que la disponibilité et l’utilisation des revues d’accès libre est assez faible à l’heure actuelle. Le groupe le plus susceptible d'utiliser les dossiers médicaux électroniques est essentiellement celui des médecins, bien que seulement une proportion importante de ce groupe n’a pas systématiquement accès aux ordinateurs. La majorité des prestataires de services cliniques n’utilise que les documents imprimés et de publications.


Cadres réglementaires sur la propriété intellectuelle

Selon les investigations menées au niveau de plusieurs structures de la santé, il n’existe pas de cadres réglementaires de la propreté intellectuelle devant permettre d’accroître la production et la diffusion des connaissances, des politiques nationales sur l'information de santé. Il apparaît indispensable que la Mauritanie mette en place un cadre permettant d'encourager la prolifération des initiatives telles que HINARI afin de promouvoir l'innovation et la propriété intellectuelle.


Stockage et diffusion de l'information, bases factuelles et connaissances

Disponibilité et utilisation de bibliothèques et centres d'information sur la santé

La disponibilité de bibliothèques et centres d’information sur la santé au niveau national est faible. Néanmoins, outre le service de documentation du Ministère de la santé, de l’IRSP et de l’OMS, qui sont spécifiques à la santé, il existe des services de documentation au sens large dans plusieurs structures et organismes. Dans ces structures on retrouve des documents relatifs à la santé, isolés dans un casier ou dans un coin précis de la bibliothèque. Il s’agit entre autres de : la banque mondiale, l’UNFPA, UNICEF, le PNUD, la GIZ, l’ONS, etc.

S’agissant de l’utilisation de ces bibliothèques, le constat est que cette utilisation est sporadique, c’est à dire qu’il n’y a pas une grande affluence dans ces centres.


Consolidation et publication de bases factuelles existantes pour les politiques et la décision

En Mauritanie, comme dans la plupart des pays en développement, la production de données n’est que faiblement liée à l'utilisation des données. L’accent est souvent mis à la collecte de données plutôt que l'utilisation et l'analyse de ces données à tous les niveaux. L'information sanitaire est insuffisamment utilisée par les décideurs, les agents de santé de première ligne, ou le public. Ces données restent largement orientées vers des spécialistes, leur utilisation par les politiques et les décideurs est insuffisante. Il est donc essentiel de développer et de renforcer les bases factuelles des systèmes de santé en consolidant et en publiant à temps, les données existantes et de faciliter la production de connaissances dans des domaines prioritaires. Pour cela, il serait souhaitable d'augmenter la disponibilité et l'utilisation de sources de données pour permettre au pays de mieux planifier et surveiller la situation sanitaire. En effet un système d’information de santé efficace a pour but de lier la production de données avec celle de leur utilisation par les responsables de la gestion et la planification mais également par les prestataires de soins. Cependant le constat qu’il existe plusieurs entraves à l'utilisation des données disponibles. Ces entraves ou obstacles sont liées ou fait que les politiques et les décideurs ne valorisent suffisamment les données produites. Selon les investigations menées sur le terrain, le manque de compréhension de la valeur des données ou le peu de confiance à ces données par les décideurs expliqueraient leur position actuelle. Ainsi, la Mauritanie gagnerait à encourager une étroite collaboration entre les décideurs et les chercheurs et les producteurs de données pour parvenir dans l’avenir à une utilisation systématique des données pour la prise de décision.

Identification et partage de connaissances acquises par l'expérience, y compris des pratiques optimales

Depuis quelques temps on assiste à un certain nombre de mécanismes d'échange d'expériences, de connaissances et de meilleures pratiques en Mauritanie. En effet dans les domaines de la lutte contre le paludisme, grâce à l’appui de l’Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), il existe un partenariat entre les quatre pays du bassin pour le suivi des indicateurs du paludisme, la prévention et la prise en charge de l’anémie chez deux groupes vulnérables : les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. De même dans le domaine de la santé de la Reproduction, avec l’appui et l’encadrement de l’UNFPA, des échanges d’expériences avec le Sénégal ont été initiés dans les soins obstétricaux essentiels, dans la planification familiale et dans la lutte contre le VIH/SIDA et les IST. Ce partage de connaissance s’est opéré à travers des voyages d’études d’observations de programmes réussis, le renforcement de la collaboration intersectorielle sur la santé, la nutrition et le développement durable etc.


Indexation des publications locales sur les index internationaux

Il existe une multitude de documents tant au niveau des institutions de l’état que dans les organismes nationaux et internationaux. Mais il n’existe pas de cadre réglementaire qui permet de veiller à ce que les procédures soient établies pour s'assurer que toutes les publications locales dans tous les formats et langues sont incluses dans les indices internationaux appropriés.


Recherche

La recherche en santé est une partie intégrante du système de santé. En Mauritanie comme dans plusieurs africains la politique de recherche en santé souffre d’un manque de législation relative à la recherche en santé.


Rôle moteur

Un des principaux obstacles à la recherche en santé identifiés en Mauritanie réside dans la perception limitée de la pertinence des activités de recherche aux problèmes de santé et les systèmes existants. En plus les Comités d'éthique de la recherche sont peu fonctionnels et les études ne peuvent pas subir une quelconque forme de contrôle - soit scientifique ou éthique - par le biais du Ministère de la santé.

En outre le développement des institutions doit prendre en compte les exigences élaborées par l’OMS, à savoir

  • La définition claire d’une vision pour un système de recherche nationale en santé L'identification appropriée des priorités de recherche en santé –
  • Le suivi et l'évaluation du système de recherche en santé –
  • L’établissement et la surveillance des normes éthiques, et mettant en lumière les inégalités.

Par ailleurs, une évaluation indépendante des institutions de recherche et leurs résultats est indispensable pour s'assurer que la recherche est effectuée en conformité avec les priorités établies et les besoins et que les fonds sont dépensés de manière appropriée et transparente.


Financement

Pour ce qui est du financement de la recherche en santé, il ya deux cas de figures : le financement interne qui ne concerne que le budget du département de la santé, du fait de l’absence de données des autres départements ministériel et des structures de santé privées ; et le financement externe constitué des emprunts et les dons.

D’une façon générale, les dépenses de santé dans le budget de l’Etat sont de l’ordre de 11% et restent donc inférieures à la recommandation faite lors de la Déclaration Abuja (15%). La part de la recherche dans les dépenses de santé est inférieure à 1% alors que la Commission sur la recherche en santé pour le développement recommande que tous les pays consacrent à la recherche au moins 2% de leurs dépenses nationales de santé.


Création et durabilité des ressources

Les capacités de la Mauritanie dans le domaine de la recherche en santé sont faibles à l’heure actuelle mais des efforts ont été déployés ces dernières années. En effet l’existence de l’Institut de Recherche en Santé Publique qui a commencé à faire ses preuves par la réalisation d’un certains nombre de recherches, traduit l’engagement des autorités à contribuer à l’amélioration de la recherche en santé et de l'information sanitaire. Cependant la capacité limitée à générer, diffuser les connaissances en raison d’un manque de moyens techniques et financiers constituent un handicap à la réalisation des activités de recherche.

Pour assurer la durabilité, un plan de formation et de recrutement des techniciens qualifiés des gestionnaires de recherche s’avère indispensable.

Les défis auxquels la Mauritanie est confronté dans le domaine de la recherche en santé sont nombreux. La faculté de médecine de Nouakchott souffre d’une pénurie de personnel qualifié. Dans ces circonstances, il est difficile pour le pays d’acquérir et de maintenir la capacité de mener des recherches significatives dans le secteur public, et le peu de chercheurs existant ont tendance à prendre des positions dans le secteur privé ou aller à l'étranger persiste en raison de la faible rémunération dans le secteur public.

Enfin un environnement favorable pour la recherche en santé défini par l’OMS consisterait à prendre en compte les éléments suivants:

  • la transparence dans le processus de financement
  • la qualité de l'espace de travail et des équipements
  • une approche collaborative
  • la possibilité de présenter, discuter et publier les résultats de la recherche
  • la pertinence des recherches en santé aux systèmes de santé et de la santé
  • une rémunération appropriée de chercheurs
  • la promotion du développement de carrière
  • la formation et le perfectionnement professionnel continu
  • accès et partage des informations, y compris par des méthodes TIC.


Résultats de la recherche

En Mauritanie, les activités de recherche se limitent à la recherche appliquée à travers les études réalisées par l’IRSP, les thèses de médecines et des enquêtes spécifiques commanditées par certains programmes spécifiques. Les recherches effectuées portent généralement sur des études de large portée et produisent d’importants résultats de recherche non universitaires tels que les rapports politiques à court terme.

Cependant les résultats de la recherche sont insuffisamment diffusés. Il est alors essentiel que des efforts soient déployés pour diffuser et partager leurs produits de recherche avec un large public, à travers des conférences, des ateliers, des séminaires et des forums publics. En plus, les bases de données de la recherche devraient être accessibles au public pour une meilleure utilisation afin d’améliorer la prise de décision.


Utilisation de l’information, bases factuelles et connaissances

Formatage et conditionnement des bases factuelles pour l’élaboration de politiques et la prise de décision

En Mauritanie la recherche est essentiellement opérationnelle, c’est dire que les études et les recherches en santé sont réalisées pour appuyer la mise en œuvre des programmes et projets. Les études de recherches menées dans le pays sont des études ponctuelles qui permettent de répondre à des besoins spécifiques des institutions ou programmes commanditaires.


Partage et nouvelle application des informations et des connaissances acquises par l'expérience

L'expérience actuelle montre que la création, le partage et l'application des informations, et des connaissances empiriques peuvent être facilitées par l'établissement de réseaux et de communautés de pratique. Il est tout aussi essentiel d'identifier et appliquer les moyens par lesquels l'échange et la réutilisation des connaissances expérientielles pour faciliter et améliorer l'efficacité des réseaux de connaissances. À cette fin, des mécanismes et des procédures appropriées pour documenter et diffuser les connaissances par l'expérience et les meilleures pratiques en matière de soins de santé devraient être inclus dans le processus de formulation nationale ses plans. A l'heure actuelle, les directives nationales, et des recommandations à partir des données de surveillance, sont considérés comme des sources importantes de connaissances. Cependant les lignes directrices internationales sont couramment utilisées comme principales sources de connaissances pour la formulation des politiques. Toutefois pour que le partage de nouvelles informations et connaissances acquises par l’expérience soient profitables, il faut que les données produites soient dans des formats adaptés aux différents publics, y compris les décideurs politiques.


Politiques et formulation par les décideurs de leurs besoins en bases factuelles

Les décideurs doivent être convaincus que les données produites devraient être leur premier recours pour la prise de décision. Convaincre les décideurs à agir à partir des données statistiques qu'ils jugent irréprochables, permet un meilleur suivi des indicateurs de santé. Ce processus itératif ne peut fonctionner que lorsque les décideurs acceptent de considérer les bases de données comme leur principale source d'information. Cependant, en Mauritanie force est de constater que bon nombre de décisions sont prises sur la base de rapports de force entre les principaux décideurs donc sans que les données existantes soient considérées comme base de prise de décision. Par exemple la construction des postes non fonctionnels de santé dans certaines localités peut peuplées constitue un cas révélateur de l’anarchie qui prévaut en la matière.


Politiques et participation des décideurs au processus d'établissement du programme de recherche

Associer les décideurs dans le processus d'établissement des programmes de recherche permettra de prendre en compte leur besoin d’information et veiller à ce que les résultats de recherche soient présentés de façon claire et compréhensible.

En Mauritanie, les données produites ne font pas l’objet d’une utilisation systématique par les décideurs. Quelquefois les décisions sont dictées par d’autres considérations en fonction des rapports de forces sur le plan politique et économique.


Disponibilité et utilisation des réseaux et des CP pour une meilleure utilisation des bases factuelles pour les politiques et les décisions

Il existe un très grand écart entre recherche et politique et cela crée un déséquilibre entre la communauté des chercheurs et les décideurs. Ainsi les chercheurs peuvent se sentir frustrés, tandis que les décideurs seront privés de toutes les informations nécessaires qui doivent guider leurs décisions. Réunir les deux éléments ensemble sur une base systématique permettra d’asseoir un système d'information sur la santé plus efficace dans la mesure où les besoins des décideurs seront pris en compte dans l'agenda de chercheurs.


Tirer le meilleur parti des technologies de l'information et de la communication

Niveau d'accès à l'infrastructure de TI

En Mauritanie, l'accès aux technologies de l'information et de communication doit être accéléré même si de plus en plus cet accès est en augmentation car il ya encore un long chemin à parcourir et beaucoup d’efforts doivent être déployés dans ce domaine. A l’heure actuelle, tout le monde est convaincu que les applications technologiques de l'information peuvent apporter des changements positifs dans les domaines de la collecte des données, le stockage, l'analyse, la diffusion et le partage. Il ya lieu de définir une architecture qui décrit comment les données doivent être collectées, stockées, gérées et utilisées, par qui et à quelles fins pour s'assurer que la diversité croissante des acteurs et des ressources sont coordonnées dans l'intérêt de résoudre les lacunes dans les systèmes d’information et particulièrement dans celui de la santé.


Disponibilité de solutions TI

La disponibilité croissante des technologies de l'information et de communication, notamment les services Internet, a généré des progrès technologiques dans le pays mais seulement la couverture demeure encore faible en raison de :

  • l’étendue du territoire
  • l’insuffisance de la culture informatique surtout en milieu rural
  • l’insuffisance des infrastructures en énergie électrique.

Il convient de signaler l’existence d’un projet de câble sous-marin dont l’exploitation va commencer au mois de Juillet 2012 et d’un autre projet en cours pour relier les capitales régionaux par une fibre optique.


Observatoire Mondial de la Santé
“La cyber santé pour la santé maternelle et infantile”
Enquête 2013 de l’OMS: Profil pays
1. Politique et stratégie nationales en matière de cyber santé

La Mauritanie n’a pas encore élaborée une stratégie en Cyber santé. Cependant un projet de télémédecine a été lancé depuis 2002 avec l’appui de l’UIT et l’Hôpital universitaire du Canton de Genève. Ce projet en hibernation, a été réactivé en 2010. Malgré l’absence d’une stratégie, il a été décidé d’utiliser le réseau national de télémédecine pour réduire la mortalité maternelle par l’utilisation des échographes portables par les sages-femmes dans les zones rurales.

2. Systèmes de cyber santé

La Mauritanie a mis en place depuis 2011, une agence pour l’état civil. Cette agence dispose d’un système biométrique couvrant tout le pays pour l’enregistrement des naissances et des décès. Parallèlement, le Ministère de la Santé dispose d’un système nationale d’information sanitaire couvrant une bonne partie du pays ou les naissances et les décès sont bien enregistrés et documentés. Le pays dispose aussi d’un système national de suivi des ressources et des dépenses de la santé semi-automatique.

3. Politiques et stratégies pour la santé de la mère et de l’enfant

Le pays dispose d’une stratégie nationale pour la sante de la mère et l’enfant mis en œuvre par le programme national de la santé et reproduction. Il y’a aussi une initiative Présidentielle lancée en 2012 pour l’atteinte des OMD et particulièrement l’OMD 4 et 5.

4. Suivi de la santé de la mère et de l’enfant

Tous les indicateurs liés à la santé de la mère et l’enfant sont répertoriés et suivis sous format papier.

5. Initiatives de cyber santé pour la mère et l’enfant

Plusieurs initiatives financées par des fonds publics et privés ont été lancées notamment l’utilisation de la télémédecine (échographie) pour les consultations prénatales dans les régions éloignées et isolées. La sensibilisation et information des mères via la radio, la télévision et le SMS sont utilisées. Il faut noter aussi le Support aux campagnes nationales de vaccination de masse (TV, radio, SMS).

6. Obstacles à la mise en œuvre des services de cyber santé

Les principaux obstacles notés sont la faible implication des décideurs, l’absence du cadre juridique, le manque d’harmonisation des normes, et la faiblesse des ressources humaines. Le pays s’est engagé à lever ces obstacles notamment par le renforcement du partenariat public/privé et le recours à la coopération internationale.

7. Bases de connaissances /cyber santé pour la sante de la mère et de l’enfant

Le pays est disposé à ajouter ses projets et programmes dans cette la base de connaissance élaborée par l’OMS et l’UIT.

8. Formations en Tic au profit des étudiants en science de la santé

Un module sur l’utilisation des TIC est dispensé aux étudiants de la faculté de médecine de Nouakchott.

9. Formation continue en TIC au profit des professionnels de la santé

Il n’y a pas d’établissements offrant des formations contenues en Tic au profit du personnel de la santé.

10.Qualité de l’information sanitaire dans Internet

Les pouvoirs publics interviennent au niveau de la règlementation et au niveau technique pour règlementer et filtrer l’usage de certains contenus. Le pays ne dispose pas des sites web dédiés à la santé de la mère et de l’enfant. Les données relatives à la sante maternelle et infantile ne sont pas publiées officiellement sur Internet.

11.Sécurité en ligne pour la protection des enfants

Le Ministère chargé des TIC a élaboré des textes règlementaires pour la protection des personnes contre les contenus illicites sur Internet et particulièrement pour protéger les enfants. Les opérateurs télécoms, les fournisseurs des services Internet et les éducateurs sont tenus de prendre toutes les dispositions techniques et administratives pour respecter la réglementation.

12. Confidentialité des données personnelles médicales

La Mauritanie ne dispose pas encore d’une réglementation en matière de protection des données personnelles et particulièrement pour les données médicales.

13.Réseaux sociaux et santé mère et enfant

Il n’y a pas dans le pays des programmes en matière de la santé maternelle et infantile s’appuyant sur les réseaux sociaux.


Portée de l'intégration du SIS

La portée de l'intégration du SIS est de faciliter la coordination et la gestion des données en reliant l'ensemble des composants au système central de la statistique piloté par la DCIS et qui fournit des informations pour la planification du développement du secteur de la santé.

Mais en Mauritanie, des obstacles majeurs constituent un frein pour une meilleure fonctionnalité du système. Il s’agit entre autres de :

  • Insuffisance du personnel dans les points de prestation
  • Insuffisance de formation des prestataires pour le remplissage des outils du SNIS
  • Faible qualification du personnel pour la gestion du SIS
  • Faible recouvrement des rapports du milieu opérationnel


Notes de fin de document : Références, sources, méthodes et abréviations, etc.

Abréviations

CHME : Centre Hospitalier Mère-Enfant
CHN : Centre Hospitalier
CHZ : Centre Hospitalier Cheikh Zayed
CNC : Centre National de Cardiologie
CNO : Centre National d’Onchocercose
CS : Centre de Santé
CSLP : Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté
DPCIS : Direction de la Programmation et de la Coordination de l’Information Sanitaire
DRAS : Direction Régionale de l’Action Sanitaire
EPCV : Enquête permanente sur les Conditions de Vie des ménages
MIS : Malaria Indicator Survey
ONS : Office National de la Statistique
ONU : Organisation des Nations Unies
UNICEF : Fonds des Nations Unis pour l'Enfance
USB : Unité de santé de base

  1. Everybody’s business. Strengthening health systems to improve health outcomes. WHO’s framework for action (pdf 843.33kb). Geneva, World Health Organization, 2007
  2. Framework and standards for country health information systems, 2nd ed. (pdf 1.87Mb). Geneva, World Health Organization, 2008